Congrès de QS

Expériences de Podemos – Pour que QS trouve son chemin

Par Mis en ligne le 13 mai 2015

Il n’est pas facile pour un parti comme Québec Solidaire de trou­ver sa voie, sa propre voix donc. À for­tiori lorsqu’on vit en Amérique du Nord, au tout début du 21e siècle. Et pour nombre de ses mili­tants et par­ti­sans, bien des ques­tions res­tent en sus­pens, à com­men­cer par cette inter­ro­ga­tion de base : sur quels modèles de réfé­rence Québec soli­daire devrait-il s’appuyer ? La social-démo­cra­tie, ou alors puisqu’on vit au Québec » le natio­na­lisme popu­laire hybride (style PQ des années 70!) ainsi que le prônent peu ou prou les par­ti­sans du réa­lisme ? Ou peut-être, comme le rêve une petite couche de mili­tants indi­gnés, liber­taires et révo­lu­tion­naires, la voie plus radi­cale de l’anticapitalisme, en s’alimentant au pas­sage auprès d’autres expé­riences sti­mu­lantes comme le fut par le passé la révo­lu­tion boli­va­rienne du Venezuela, ou plus proches de nous comme le sont les ten­ta­tives de Syriza et de Podemos ? En fait, au sein de Québec soli­daire tout est aujourd’hui sur la table. Formellement tout au moins !

Mais en atten­dant et faute de mieux, QS semble navi­guer à vue, emporté par ses propres dyna­miques internes et sa pra­tique poli­tique quo­ti­dienne. Car le poids de son aile par­le­men­taire et de son tra­vail de type élec­to­ral ainsi que l’importance de la dimen­sion « com­mu­ni­ca­tion­nelle et média­tique » de son inter­ven­tion font que tout concourt à donner l’impression que ses volon­tés de deve­nir effec­ti­ve­ment un parti « des urnes et de la rue » ainsi qu’un un parti réso­lu­ment alter­na­tif et inter­ve­nant dans l’ensemble du champ social et poli­tique, res­tent lar­ge­ment du domaine de l’hypothétique.

Pourrait-on faire mieux, pour­rait-on faire autre­ment ? Encore fau­drait-il se cla­ri­fier les idées, déga­ger de grandes pistes sur le moyen et le long terme. Aujourd’hui, les exemples concrets de Syriza et de Podemos » avec tous les débats théo­riques qui se sont déve­lop­pés alen­tour » ne cessent de nous inter­pel­ler en ce sens.

N’est-il pas temps que QS trouve les mots qui soient véri­ta­ble­ment les siens et soit capable de consti­tuer pour de larges sec­teurs de la popu­la­tion un véri­table récit/​discours poli­tique de réfé­rence, ori­gi­nal, rebelle, capable de parler à de larges sec­teurs de la popu­la­tion et de les mobi­li­ser ? Mais « sans calque ni copie », comme une « parole » en tous points adap­tée à la réa­lité du Québec contem­po­rain. C’est ce à quoi, avec l’horizon de la situa­tion concrète qué­bé­coise, ce texte cherche à se faire l’écho.

Question de méthode

On ne le dira jamais assez : le propre de la période socio­po­li­tique dans laquelle nous nous trou­vons, période de tran­si­tion et de crise, c’est d’amalgamer sur le mode du patch­work, élé­ments anciens (héri­tés du passé) et élé­ments nou­veaux (portés par le deve­nir), mais sans que ces der­niers par­viennent à prendre défi­ni­ti­ve­ment le pas sur les pre­miers, la crise étant, pour reprendre la fameuse for­mule de Gramsci, « quand le vieux meurt et que le neuf hésite à naître ».

Il se des­sine ainsi devant nous, un pano­rama confus et pro­pice à bien des déso­rien­ta­tions, tant l’on retrouve étroi­te­ment imbri­qués les uns aux autres des élé­ments appa­rem­ment for­te­ment contra­dic­toires.

Par exemple, on fait face à des dis­cours poli­tiques du passé (avec leurs dogmes, langues de bois et réfé­rences tra­di­tion­nelles) et en même temps à des dis­cours nou­veaux (avec leurs audaces et volon­tés de rup­tures achar­nées, mais aussi leurs naï­ve­tés); ou encore cette fois-ci au niveau éco­no­mique, on observe la per­sis­tance d’espaces de mar­chés natio­naux et en même temps l’existence de ten­dances à la glo­ba­li­sa­tion et à la conti­nen­ta­li­sa­tion des échanges ; ou cette fois en termes plus idéo­lo­giques, on nous ren­voie aux valeurs de la moder­nité (huma­nistes) et en même temps à des valeurs post-modernes (post-huma­nistes), etc. Le propre des temps pré­sents étant pré­ci­sé­ment de faire coexis­ter dans une même temps et espace, formes anciennes et formes nou­velles sans que les unes puissent défi­ni­ti­ve­ment s’imposer sur les autres.

Et pour­quoi cela ? Justement parce que tout en n’ayant plus d’adversaire à sa taille et en s’étant renou­velé en pro­fon­deur, le « capi­ta­lisme his­to­rique » ne cesse de faire resur­gir de mêmes et anciennes contra­dic­tions, mais en les pré­sen­tant sous un nou­veau jour et à tra­vers de nou­velles formes (qu’on pense en par­ti­cu­lier à la crise envi­ron­ne­men­tale).

Le défi de la frag­men­ta­tion

On com­prend, dès lors, les dif­fi­cul­tés que peuvent avoir ceux et celles qui aspirent à se repé­rer dans ce magma appa­rem­ment informe et cherchent à défi­nir de nou­veaux récits à partir des­quels pour­rait par exemple se déga­ger un sens quel­conque à l’intervention poli­tique alter­na­tive d’une col­lec­ti­vité !

Chaque jour, on en fait l’expérience, y com­pris au Québec à tra­vers ce qu’on pour­rait appe­ler une frag­men­ta­tion ou un mor­cel­le­ment géné­ra­lisé des sen­si­bi­li­tés, pro­jets et inter­ven­tions de chacun : mor­cel­le­ment entre jeunes et géné­ra­tions plus anciennes ; entre mili­tants syn­di­caux et mili­tants des groupes com­mu­nau­taires et étu­diants, ou des nou­veaux mou­ve­ments sociaux (fémi­nistes, éco­lo­gistes, autoch­tones); entre mili­tants poli­tiques et mili­tants sociaux ; entre par­ti­sans de la cause natio­nale ou par­ti­sans de la cause sociale ; entre mar­xistes et post-mar­xistes, etc.

En fait, nous vivons à une époque où il est dif­fi­cile d’imaginer un projet social et poli­tique glo­ba­li­sant où anciennes et nou­velles géné­ra­tions, membres du mou­ve­ment syn­di­cal et des mou­ve­ments sociaux, lea­ders poli­tiques et lea­ders com­mu­nau­taires, étu­diants et tra­vailleurs (etc.), pour­raient mar­cher d’un même pas, être liés orga­ni­que­ment en par­ti­ci­pant à un même projet poli­tique de fond de trans­for­ma­tion sociale.

Certes, il y a bien Québec soli­daire. Mais, si ce parti est bien le lieu où peuvent se ren­con­trer toutes ces sen­si­bi­li­tés, on doit admettre que ces der­nières ont plutôt ten­dance à coexis­ter côte à côte (paral­lè­le­ment) sur le mode d’une tolé­rance bien­veillante, qu’à se fondre orga­ni­que­ment dans une entité véri­ta­ble­ment nou­velle et qua­li­ta­ti­ve­ment supé­rieure qui sans leur faire perdre leurs spé­ci­fi­ci­tés par­ti­cu­lières, per­met­trait d’orienter avec une force renou­ve­lée les efforts de tous et toutes dans une même direc­tion. D’où la ques­tion lan­ci­nante : com­ment passer à une autre étape qui per­met­trait de faire naître au sein de QS un nou­veau mode d’intervention socio­po­li­tique beau­coup plus col­lec­tif et puis­sant, seul capable de le faire sortir de la mar­gi­na­lité qui est la sienne ?

Deux pré­oc­cu­pa­tions majeures

En fait, pour venir à bout de cette dif­fi­culté et tenter de trou­ver des voies de dépas­se­ment, il serait bon de garder en tête deux pré­oc­cu­pa­tions majeures : (1) tout d’abord ne pas cher­cher à oppo­ser inuti­le­ment ce qui devrait être conçu comme pou­vant au contraire se com­plé­ter ou s’enrichir et au bout du compte se ren­for­cer mutuel­le­ment ; (2) ensuite parier sur le pou­voir de ras­sem­ble­ment et d’unification propre à l’action socio­po­li­tique, à condi­tion cepen­dant de la conce­voir comme une « action socio­po­li­tique inter­ve­nante, » c’est-à-dire « stra­té­gique, pro­po­si­tive et glo­ba­li­sante ». Ainsi, et seule­ment ainsi, on pourra faire de la frag­men­ta­tion actuelle, non pas un évident talon d’Achille, mais à l’inverse une force nou­velle, les élé­ments d’une puis­sance col­lec­tive renou­ve­lée, recom­po­sée.

Les expé­riences d’affirmation poli­tique de gauche les plus avan­cées que l’on retrouve ailleurs, par exemple celles effec­tuées dans la pre­mière décen­nie des années 2000 en Amérique latine (en Bolivie, Équateur ou Venezuela), peuvent dans ce sens sti­mu­ler notre réflexion et nous éclai­rer. Mais là encore, en pre­nant toutes les pré­cau­tions néces­saires, car les contextes comme les héri­tages his­to­riques res­tent bien dif­fé­rents et les com­pa­rai­sons fécondes ne sont pas néces­sai­re­ment aisées. Il s’agit donc d’interpréter ces expé­riences avec nuances, en les regar­dant comme des « labo­ra­toires » nous aidant à prendre du recul par rap­port à nos propres pra­tiques poli­tiques, et plus par­ti­cu­liè­re­ment celles expé­ri­men­tées par QS. C’est en ce sens que nous nous réfè­re­rons ici à l’expérience actuelle de Podemos — tout au moins telle qu’elle nous est racon­tée dans la revue web Ballast.

De quelques leçons pos­sibles à tirer de Podemos

Quelles leçons pour­rions-nous tirer de cette expé­rience ? En tout pre­mier lieu, il faut le dire et le redire, comme le texte de Ballast en rend bien compte, Podemos nait et prend sa force et son dyna­misme, d’un mou­ve­ment social, le mou­ve­ment des indi­gnés (M15), lui-même sur­gis­sant et acqué­rant sa radi­ca­lité anti-sys­tème dans le sillage de la crise éco­no­mique espa­gnole.

En fait, Podemos a réussi à offrir une tra­duc­tion poli­tique et élec­to­rale à ce mou­ve­ment social, nous fai­sant peut-être mieux voir au pas­sage que si en ce début de 21e siècle l’on veut renou­ve­ler l’action poli­tique, on ne peut le faire qu’en la pen­sant toute en même temps comme « action sociale et poli­tique », comme action « socio­po­li­tique ».

Et pour Québec soli­daire, cela pour­rait nous aider à com­prendre toute l’importance qu’il y aurait à se doter d’une véri­table poli­tique en direc­tion des mou­ve­ments sociaux. Ne serait-ce que pour savoir par exemple et bien pro­saï­que­ment ce que nous ferons comme parti à l’automne pro­chain ? Resterons-nous de simples spec­ta­teurs, alors que nous avons tant de militantEs qui sont aussi mililtantEs syn­di­caux dans les sec­teurs de la santé et de l’éducation ?

L’actuel succès de Podemos nous indique aussi que, contrai­re­ment aux a priori liber­taires, la poli­tique (y com­pris dans sa dimen­sion élec­to­rale) a une vertu propre qui relève de sa capa­cité de ras­sem­bler, de réunir, en somme d’aller au-delà de reven­di­ca­tions qui, parce que sociales, res­tent tou­jours par­tielles et spé­ci­fiques. La poli­tique, prise au sens fort du terme, c’est tou­jours ce qui remet les êtres humains ensemble, leur permet de se consti­tuer en une force col­lec­tive agis­sante et « consti­tuante ».

Certes il y a poli­tique et poli­tique. Mais jus­te­ment, en pen­sant la poli­tique, dans le sillage de Gramsci, comme l’organisation d’une puis­sance col­lec­tive agis­sant dans l’ici et main­te­nant, comme le pou­voir de chan­ge­ment, comme l’art de « rendre l’impossible pos­sible », Podemos joue sur les rap­ports de force réel­le­ment exis­tant et s’ouvre à la pos­si­bi­lité de regrou­per, à tra­vers l’arène élec­to­rale, tout un peuple autre­fois frag­menté, ou pour le moins de larges sec­teurs de celui-ci. Et s’il y est en partie par­venu (en sachant que rien n’est cepen­dant joué à l’heure qu’il est!), c’est qu’il a su aussi adap­ter cet art de la poli­tique inter­ve­nante aux exi­gences de l’univers média­tique contem­po­rain en par­ve­nant à se servir du pou­voir de per­sua­sion qu’il véhi­cule et en le retour­nant contre ses adver­saires (voir notam­ment l’émission télé culte, La Tuerka de Pablo Iglesias).

C’est aussi parce qu’il a su contre­car­rer en partie l’hégémonie cultu­relle des classes domi­nantes contem­po­raines en met­tant de l’avant un nou­veau lan­gage de la rébel­lion, un nou­veau récit col­lec­tif d’émancipation capable de coller aux réa­li­tés concrètes d’une Espagne en crise (notam­ment en met­tant l’accent sur l’opposition entre « ceux d’en bas et ceux d’en haut », entre le peuple et les élites », etc.). Et dans le contexte qui est le sien, cela lui a permis d’apparaître comme pou­vant gagner, rem­por­ter des vic­toires (ne serait-ce qu’électoral) et donc faire entrer de larges sec­teurs de la popu­la­tion en luttes dans un pro­ces­sus pos­sible de « tran­si­tion » poli­tique effec­tive, c’est-à-dire dans un pro­ces­sus à la fois dyna­mique et gra­duel, bous­cu­lant favo­ra­ble­ment les rap­ports de force entre pou­voir hégé­mo­nique et pou­voir contre-hégé­mo­nique et ouvrant la pos­si­bi­lité d’un appro­fon­dis­se­ment réel du chan­ge­ment social deve­nant chaque fois plus radi­cal.

À ce niveau, bien de ces élé­ments pour­raient être repris et adap­tés par Québec soli­daire, à com­men­cer par cette concep­tion stra­té­gique du poli­tique : la poli­tique est d’abord un art de la stra­té­gie, un art de s’insérer dans les rap­ports de force socio­po­li­tique pour les modi­fier en sa faveur dans une conjonc­ture donnée. Mais il y a plus : QS aurait besoin de nou­veaux mots, de nou­veaux récits capables de l’aider à consti­tuer cette syn­thèse mobi­li­sante et attrayante qui serait la sienne — dans le contexte qui est le sien » et qui lui per­met­trait d’être avec beau­coup plus de force, tout à la fois fémi­niste, indé­pen­dan­tiste alter­mon­dia­liste, éco­lo­giste et pré­oc­cu­pée de la ques­tion sociale. Mais ces nou­veaux mots et récits, en phase avec la réa­lité du Québec contem­po­rain, ne pour­ront être trou­vés que si Québec soli­daire par­vient à unir toutes ces aspi­ra­tions si diver­si­fiées dans une concep­tion stra­té­gique et inter­ve­nante de la poli­tique pensée clai­re­ment autour de l’accession à l’indépendance du Québec.

D’indéniables limites

Certes le dis­cours de l’actuelle direc­tion de Podemos (incar­née dans la figure de Pablo Iglesias, mais aussi celle du numéro 2 Inigo Errejon) n’est pas exempt d’ambiguïtés et le virage qu’elle a pris l’automne der­nier (au congrès de Vistalegre) est à plus d’un titre inquié­tant, notam­ment en termes de repré­sen­ta­tion plu­ra­liste et démo­cra­tique (voir la mise à l’écart des « cercles » de Podemos), mais aussi en termes de stra­té­gies ordon­nées autour de seules prio­ri­tés élec­to­ra­listes pen­sées sur le très court terme [1].

Par ailleurs ses volon­tés à faire rup­ture avec la gauche plus tra­di­tion­nelle l’ont amenée à trop sou­vent — en termes idéo­lo­giques et théo­riques » à avoir ten­dance à jeter le bébé avec l’eau du bain. Par exemple, on peut bien vou­loir renou­ve­ler le dis­cours de la contes­ta­tion sociale sans pour autant être obligé d’envoyer bal­la­der tout de la dis­tinc­tion gauche/​droite. On peut aussi uti­li­ser Gramsci et son concept d’hégémonie, sans pour autant le tra­duire dans les seuls termes post-modernes et gran­de­ment réduc­teurs de Laclau et Mouffe.

Une fois encore il n’y a pas lieu d’opposer ce qui devrait pou­voir se com­bi­ner et s’enrichir. Walter Benjamin déjà l’avait indi­qué en son temps (il est mort en 1940) : « la poli­tique prime l’histoire ». Ce qui veut dire par exemple qu’il existe un cou­rant ouvert du mar­xisme — dont Walter Benjamin a été avec Gramsci une des figures impor­tantes » qui a conti­nué à faire de l’action poli­tique et stra­té­gique un de ses axes cen­traux.

Un cou­rant qui peut par­fai­te­ment s’enrichir et se boni­fier des inter­ro­ga­tions contem­po­raines (fémi­nistes, éco­lo­gistes, etc.) ou des meilleurs apports de la science sociale d’aujourd’hui (la théo­rie des « champs » de Bourdieu, le « bio­pou­voir » de Foucault, etc.). Tout en per­met­tant au pas­sage de ne pas oublier que la société est un tout, et que si tous les phé­no­mènes sociaux ne se réduisent pas aux seules déter­mi­na­tions de l’économie capi­ta­liste, ils n’en sont cepen­dant jamais exempts. La crise de 2008 et les impla­cables logiques du profit pous­sant à un retour à « l’extractivisme » au Canada et en Amérique latine sont là pour nous le rap­pe­ler comme jamais.

C’est là pour tous ceux et celles qui aspirent non seule­ment à inter­pré­ter le monde, mais aussi à le chan­ger, le grand défi posé par ces « temps pré­sents » : com­ment trou­ver le fil qui per­met­trait de retrou­ver « cette force col­lec­tive » qui à l’heure actuelle manque tant au « peuple d’en bas », aux classes subal­ternes du Québec ? C’est tout au moins ce que — dans le contexte du Québec et de la pré­sence de Québec soli­daire » ce texte cherche à explo­rer. Manière de lancer ou pour­suivre le débat !

Pierre Mouterde, socio­logue, essayiste

Québec, le 2 mai 2015

Note :

[1] La récente démis­sion (début mai 2015) du numéro 3 de l’organisation, Monedero, est symp­to­ma­tique de ces dif­fi­cul­tés. Puisqu’il cri­tique jus­te­ment l’idée d’un « Podemos trans­ver­sal », qui s’adresserait plus à l’ensemble des élec­teurs, de droite comme de gauche, qu’à tous ceux qui ancrés à gauche veulent lutter contre la « caste ». Il ques­tionne aussi le dis­cours « popu­liste » au sens de Laclau, c’est-à-dire un type de dis­cours conçu comme déli­bé­ré­ment vague pour parler à l’ensemble du spectre poli­tique.

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