Résumé d'une présentation à venir dans le cadre de l’Université populaire d’été des NCS

Comprendre le capitalisme aujourd’hui

Capitalisme et crise

Par Mis en ligne le 20 août 2011

Marx et d’autres ont ouvert des « chan­tiers » que nous conti­nuons à déchif­frer. Dans le mar­xisme, il y a des élé­ments de « scien­ti­fi­cité » qui repré­sentent des construc­tions théo­riques adé­quates pour com­prendre le réel. Mais ces élé­ments sont mêlés à toutes sortes de bifur­ca­tions qui s’avèrent à la longue inutiles et nui­sibles. C’est ainsi que le corpus théo­rique auquel se réfère la gauche doit être com­pris comme un « labo­ra­toire », un « work-in-pro­gress ». Pour explo­rer ces chan­tiers, les intel­lec­tuels doivent consi­dé­rer un cer­tain nombre d’autres élé­ments. Une des richesses du mar­xisme est l’importance que Marx et d’autres accordent à la rela­tion dia­lec­tique entre théo­rie et pra­tique, appe­lée « praxis ».

Pour les intel­lec­tuels de gauche, le point de départ doit car­ré­ment être le refus d’une quel­conque « tour d’ivoire», même de « gauche ». Deuxième consi­dé­ra­tion, le tra­vail intel­lec­tuel ne se fait pas seule­ment à l’université, mais dans tous les lieux et sites où il y a pro­duc­tion de connais­sances. Parmi ces lieux et sites, il y a les mou­ve­ments popu­laires où les masses sont en lutte. Ces masses dis­posent de riches savoirs, elles réflé­chissent sur ce savoir et pro­duisent de nou­velles connais­sances et de nou­velles théo­ries. Le cri­tère déci­sif de ces savoirs et de ces connais­sances relève de la pra­tique. Il vaut la peine de rap­pe­ler la réflexion de Mao à cet effet :

Pour connaître un phé­no­mène, il faut par­ti­ci­per per­son­nel­le­ment à la lutte pra­tique qui vise à trans­for­mer la réa­lité, à trans­for­mer ce phé­no­mène ou cet ensemble de phé­no­mènes, car c’est le seul moyen d’entrer en contact avec eux en tant qu’apparences (…) Le point de vue de la vie, de la pra­tique, doit être le point de vue pre­mier, fon­da­men­tal de la théo­rie de la connais­sance (De la pratique).

Par contre, ces savoirs, tous les savoirs en fin de compte, n’apparaissent pas « spon­ta­né­ment ». Ils res­sortent d’un effort de sys­té­ma­ti­sa­tion et de syn­thèse exigeants :

La tâche véri­table de la connais­sance consiste à s’élever jusqu’à la com­pré­hen­sion pro­gres­sive des contra­dic­tions internes des choses, des phé­no­mènes tels qu’ils existent objec­ti­ve­ment, jusqu’à la com­pré­hen­sion de leurs lois, de la liai­son interne des dif­fé­rents pro­ces­sus, c’est-à-dire qu’elle consiste à abou­tir à la connais­sance logique (De la contradiction).

Les savoirs et les connais­sances sont des pro­duc­tions, des construc­tions, des éla­bo­ra­tions qui requièrent des enquêtes, des hypo­thèses théo­riques, des éla­bo­ra­tions, qui n’ont pas vrai­ment de fin, et qui exigent un tra­vail scien­ti­fique continu. Encore une fois, la réflexion de Mao est pertinente :

Dans le pro­ces­sus géné­ral du déve­lop­pe­ment de l’univers, le déve­lop­pe­ment de chaque pro­ces­sus par­ti­cu­lier est rela­tif. Par consé­quent, dans le flot infini de la vérité abso­lue, la connais­sance qu’ont les hommes d’un pro­ces­sus par­ti­cu­lier à chaque degré de son déve­lop­pe­ment n’est qu’une vérité rela­tive. (…) Dans son déve­lop­pe­ment, un pro­ces­sus objec­tif est plein de contra­dic­tions et de luttes, il en est de même d’un mou­ve­ment de la connais­sance humaine. Le mou­ve­ment de trans­for­ma­tion, dans le monde de la réa­lité objec­tive, n’a pas de fin, et l’homme n’a donc jamais fini de connaître la vérité dans le pro­ces­sus de la pra­tique. (De la contradiction).

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