Résumé d'une présentation à venir dans le cadre de l’Université populaire d’été des NCS

Comprendre le capitalisme aujourd’hui

L’État et le capitalisme

Par Mis en ligne le 20 août 2011

Cette pré­sen­ta­tion a pour but d’analyser les trans­for­ma­tions du poli­tique dans le contexte des trans­for­ma­tions sociales liées au pas­sage du capi­ta­lisme libé­ral vers le capi­ta­lisme avancé au XXe siècle. Il s’agira dans un pre­miers temps de mon­trer com­ment les trans­for­ma­tions du capi­ta­lisme liées à la montée en puis­sance de la cor­po­ra­tion comme ins­ti­tu­tion cen­trale du régime d’accumulation induit éga­le­ment une muta­tion de l’État moderne. Si cette nou­velle forme d’État, qua­li­fiée par cer­tains d’État-providence, résulte d’un com­pro­mis entre le capi­tal et le tra­vail en vue de réorien­ter la pro­duc­tion en fonc­tion des inté­rêts de la nation, elle a néan­moins trans­formé pro­fon­dé­ment le rap­port du citoyen vis-à-vis l’État en inter­pel­lant le sujet poli­tique prin­ci­pa­le­ment en tant que consom­ma­teur qui exerce sa liberté de choix dans le marché. En clair, si la pro­lé­ta­ri­sa­tion de la consom­ma­tion a permis de répondre aux exi­gences de sur­pro­duc­tion du sys­tème indus­tria­lisé, il faut recon­naître qu’elle a éga­le­ment d’intégrée la classe ouvrière aux fina­li­tés du capi­ta­lisme en « cas­sant » sa culture et son atti­tude révo­lu­tion­naire.

Ensuite, nous ana­ly­se­rons com­ment la contes­ta­tion du mode de régu­la­tion for­diste par de nou­velles iden­ti­tés non recon­nues par l’ancien com­pro­mis ins­ti­tu­tion­na­lisé a pu par­ti­ci­per au pas­sage d’une nou­velle forme d’État, l’État com­pé­ti­tif, dans le contexte d’une nou­velle dyna­mique d’accumulation qua­li­fiée de post­for­diste, de régime d’accumulation finan­cia­risé, ou encore plus com­mu­né­ment de néo­li­bé­ra­lisme. Finalement, nous ver­rons com­ment l’État com­pé­ti­tif repose sur une muta­tion pro­fonde du poli­tique, que cer­tains qua­li­fie de pas­sage du « gou­ver­ne­ment à la gou­ver­nance ». La gou­ver­nance sera ana­ly­sée dans le cadre des muta­tions du poli­tique propres au néo­li­bé­ra­lisme. Il s’agira d’expliciter l’essence du néo­li­bé­ra­lisme, pour mon­trer com­ment la gou­ver­nance consiste en sa forme d’expression poli­tique la plus adé­quate.

Nous ver­rons alors que le néo­li­bé­ra­lisme ne consiste pas en une idéo­lo­gie qui légi­time le retrait de l’État face au marché dans une optique de retour au lais­sez-faire propre au libé­ra­lisme clas­sique. Ce type d’analyse ne permet pas, selon nous, de com­prendre la forme de domi­na­tion déper­son­na­li­sée qui est spé­ci­fique au capi­ta­lisme. De plus, en ana­ly­sant le néo­li­bé­ra­lisme comme un retrait de l’État face au marché, cette pers­pec­tive tend à réi­fier la sépa­ra­tion fic­tive entre le marché et l’État. Cette pers­pec­tive ne permet donc pas de com­prendre que le néo­li­bé­ra­lisme consiste en une ratio­na­lité, non pas uni­que­ment éco­no­mique, mais éga­le­ment poli­tique en ce qu’elle vise à gou­ver­ner la popu­la­tion à tra­vers la pro­duc­tion d’une forme par­ti­cu­lière de sub­jec­ti­vité, celle de l’individu entre­pre­neu­rial. Nous conclu­rons en émet­tant quelques hypo­thèses concer­nant le rôle de l’État dans le contexte de la plus récente crise éco­no­mique mon­diale.

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