Résumé d'une présentation à venir dans le cadre de l’Université populaire d’été des NCS

Comprendre le capitalisme aujourd’hui

Capitalisme et crise

Par Mis en ligne le 22 août 2011

Comprendre le capi­ta­lisme aujourd’hui, c’est tra­vailler à com­prendre en quoi ce sys­tème consti­tue en « sys­tème global ». Ainsi, la « glo­ba­li­sa­tion » repré­sente la forme contem­po­raine de l’impérialisme du capi­tal : tout en trans­for­mant pro­fon­dé­ment ce der­nier, la glo­ba­li­sa­tion lui permet de se « réa­li­ser plei­ne­ment ». Est-ce alors une sur­prise que, malgré les crises qui s’entrecroisent et se suc­cèdent, le capi­ta­lisme par­vienne à sur­vivre à sa propre globalisation ? 

De la chute du bloc de l’Est, à la mul­ti­pli­ca­tion des trai­tés de libre-échange en pas­sant par le déve­lop­pe­ment des nou­velles tech­no­lo­gies des com­mu­ni­ca­tions, la toile de la glo­ba­li­sa­tion est bien connue. Pourtant, ces élé­ments ne nous aident pas vrai­ment lorsque vient le temps de com­prendre com­ment se fait-il que le capi­ta­lisme soit le seul sys­tème à ce jour capable d’opérer sa propre glo­ba­li­sa­tion sans implo­ser ? En sui­vant les écrits du jeune Marx sur l’aliénation et d’Ellen Wood sur « L’empire du capi­tal », nous pou­vons peut-être y voir un peu plus clair.

Marx, par la concep­tion qu’il nous offre de l’aliénation dans les manus­crits de 1844, met l’accent sur le tra­vail « d’équivalence » qu’opère la média­tion sociale capi­ta­liste. Pour que le capi­tal domine la vie sociale, les rap­ports mar­chands doivent deve­nir l’étalon des rap­ports humains : des rela­tions inter­hu­maines à celles humain-nature, le trai­te­ment de l’autre comme mar­chan­dise ou comme vec­teur de valo­ri­sa­tion s’impose. L’humain, ses pro­duits et la nature sont mar­chan­dises et donc, se valent l’un l’autre. L’équivalence permet l’échange sans limite, indis­tinc­te­ment de l’essence des choses et des êtres qui nous entourent.

Plus le rap­port d’équivalence se « natu­ra­lise » et devient le seul réfé­rent éthico-morale du vivre-ensemble, plus la domi­na­tion du capi­tal s’étend et se ren­force. Avec Wood, nous com­pre­nons jus­te­ment en quoi consiste l’établissement de cet empire du capi­tal : l’extension à tous les recoins du globe des impé­ra­tifs de valo­ri­sa­tion capi­ta­liste. Le centre de l’empire est bien entendu ter­ri­to­rial – les États-Unis assurent la sta­bi­lité du sys­tème par leur hégé­mo­nie mili­taire – mais ses visées sont uni­ver­selles. Sur l’étendard de la glo­ba­li­sa­tion nous ne lis­sons pas inno­cem­ment le mot d’ordre de conquête « hors du marché point de salut ».

Bref, le capi­ta­lisme tend à la glo­ba­li­sa­tion, c’est-à-dire à rendre conforme aux rap­ports mar­chands toutes mani­fes­ta­tions de la vie. Les plans gou­ver­ne­men­taux d’austérité, les délo­ca­li­sa­tions d’emplois, les plans de sau­ve­tage du sec­teur finan­cier sont, pour nous, que le visage concret et brutal de cet uni­vers mar­chand global.

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