Communalisme et culture – Réflexion sur l’autogouvernement et l’enracinement

Eric Martin
Professeur de philosophie au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu

La république est une anarchie positive.

– Pierre-Joseph Proudhon

L’histoire, pourrait-on dire d’après Hegel, nous est arrivée, dans la modernité, sous la forme d’une déchirure entre la liberté de l’individu et l’unité de la société comprise comme totalité. Ce dualisme est reconduit dans l’opposition spectaculaire entre nationalistes conservateurs et progressistes « inclusifs ». La pensée de Marcel Rioux1 nous donne pourtant l’exemple d’une réconciliation possible entre recherche de l’émancipation et enracinement culturel, lui qui était à la fois socialiste autogestionnaire et indépendantiste. Mobiliser cette pensée est important pour réfléchir à ce que pourrait-être l’après-crise à la suite du désastre sanitaire de la pandémie de 2020. En effet, quatre scénarios se profilent à l’horizon : 1) poursuite et accélération du néolibéralisme austéritaire poussé par l’oligarchie ou l’overclass capitaliste globale; 2) repli nationaliste vers un capitalisme néonational, potentiellement illibéral, xénophobe, voire néofasciste, poussé par des oligarchies nationalistes ou protectionnistes; 3) social-démocratie 2.0 ou « Green New Deal » proposé par la gauche étatiste; 4) écosocialisme2. Dans ce texte, nous prenons résolument parti pour la dernière perspective que nous allons chercher à penser sous l’angle d’un socialisme ou communalisme autogestionnaire et décentralisé à partir de l’héritage de Marcel Rioux, en admettant l’influence manifeste, sur notre lecture de Rioux, de l’écologie sociale de Murray Bookchin, du projet d’autonomie de Cornelius Castoriadis et de la sociologie dialectique de Michel Freitag.

La culture comme refus de l’économisme

Rioux est un « marxiste culturel ». Le marxisme traditionnel réduisait la culture à un simple dérivé superstructurel de la « base » économique. Contre ce réductionnisme, Rioux fait valoir « la culture comme refus de l’économisme3 ». Contrairement à ce que véhicule l’aliénation capitaliste étendue sur le globe par l’impérialisme américain, la vie ne se réduit pas à l’activité économique. C’est d’abord l’appartenance à une culture, aux manières de vivre propres à une société qui donne sens à l’existence. Se désaliéner, pour Rioux, c’est remplacer l’hétéronomie des contraintes capitalistes par l’autonomie des individus et de la collectivité afin de leur permettre de participer à l’auto-institution de la société, pour parler comme Cornelius Castoriadis. Cette autonomie ne s’exerce pas dans le vide, mais part de la culture héritée afin de la réinterpréter dans « l’horizon de la justice », comme dirait Gaston Miron.

Indépendance et socialisme autogestionnaire

Rioux défend l’indépendance du Québec et le socialisme comme moyen de parvenir à l’auto-institution de la société. Il ne s’agit pas simplement de remplacer l’État centralisateur fédéral par un État fort à Québec. Sa sensibilité libertaire4 l’amène plutôt proche des idées de la revue Socialisme ou Barbarie, à partir du modèle de l’autogestion ouvrière pour penser l’autogestion de toute la société. Il ne s’agit pas seulement d’un « municipalisme », terme à la mode, mais qui peut parfois tourner au réformisme politicien5, mais bien plutôt d’une posture que nous interprétons comme étant plus proche du municipalisme libertaire et du confédéralisme défendus par Murray Bookchin6 : il ne s’agit donc pas d’un localisme paroissial, ni seulement d’une autogestion en entreprise, mais d’une combinaison entre la création d’instances politico-économiques locales d’autogouvernement réunies par la suite dans des instances confédératives régionales, nationales, puis internationales. On retrouvera d’ailleurs ce genre de socialisme autogestionnaire chez Gabriel Gagnon, dans la revue Parti Pris, puis dans la revue Possibles, fondée avec les poètes Gaston Miron, Gérald Godin et Roland Giguère.

De la société « normale » à la société « normative »

La dynamique de l’aliénation nous prive des conditions politiques et culturelles de l’autonomie, alors que la culture populaire est détruite et remplacée par la culture de masse que l’Empire capitaliste globalisé fait circuler dans ses machines et ses réseaux. Ceci contribue à produire un sujet déraciné, privé de monde, déterritorialisé. Un individu abstrait et hors-sol pour qui l’appartenance à une communauté de culture ou une communauté politique ne veut plus rien dire, le contenu même de sa « pensée » et de son identité étant produit industriellement. Dans la « société normale » ou hétéronome, il y a effacement des finalités, c’est-à-dire que tout débat sur les orientations à poursuivre est évacué. Les normes ou la normalité sont reconduites de manière aliénée, sans que la liberté ait de prise sur elles. Cette société normalisante et marquée par l’hétérogestion doit être remplacée par la société normative ou autonome, capable de délibérer librement de sa conception de la « vie bonne ».

Liberté et enracinement

La véritable souveraineté suppose de créer les conditions de l’autonomie, de l’autogestion et de l’auto-institution de la société, ce qui suppose d’opposer à l’étatisme centralisateur une perspective décentralisée qui créerait, dans les « communes » (quartiers, villages) de nouvelles institutions ou « contre-institutions » (Bookchin) permettant l’autogouvernement (ce que Bookchin nomme le projet « communaliste7 ». Ceci dit, la liberté ou l’auto-institution ne tournent pas « à vide » : ce n’est qu’en se nourrissant de l’héritage d’une culture instituée (le « social-historique », Castoriadis) que la société peut faire des choix qui font sens pour elle. Comme Arendt, Rioux sait qu’il ne peut y avoir de radicalement neuf sans conservation, qu’aucune invention n’est possible sans enracinement dans une tradition8.

Refuser l’économisme capitaliste implique donc non seulement d’opter pour une forme politique autogestionnaire et décentralisée, mais également de nourrir la « culture seconde » (rationalité, savoir, techniques, sciences) à partir de la « culture première » (symboles, sentiments, valeurs, significations) « sans lesquels l’Art ou la science cesseront de s’alimenter à l’humus humain pour n’être qu’au service des techniques9 ». Sans cette réarticulation de l’autogestion à la culture, la première ne sera qu’une forme vide et une puissance déshumanisante : il y a autant de danger dans le désir conservateur de réifier le commun que dans le progressisme idéologique égoïste-libéral qui prétend affranchir la liberté individuelle du commun et de la culture. Il doit au contraire y avoir dialectique entre instituant et institué, pour parler comme Castoriadis.

Rioux a une conscience aiguë de l’importance de l’enracinement culturel, lui qui avait d’ailleurs mené des enquêtes ethnographiques sur plusieurs villages du Québec comme l’Île Verte ou Belle-Anse, considérant que certains villages avaient déjà, à leur manière, certains traits autogestionnaires. Il serait mal avisé de tenter d’assimiler reconnaissance de l’importance de l’enracinement à quelque attitude rétrograde, Rioux ayant été dès sa jeunesse « réfractaire à tout nationalisme de droite10 » et ayant un engagement marqué en faveur du socialisme. Seulement, tout comme Simone Weil, il sait que « l’enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l’âme humaine11 ».

Conservation, modernisation, dépassement

Rioux n’est donc pas un défenseur de l’idéologie de la « conservation », au sens strict. Il n’est pas non plus dans l’attitude des défenseurs de la « modernisation » ou du « rattrapage » comme son ancien ami Pierre Elliot Trudeau (qu’il qualifiera de « salaud12 »), dont le seul projet, tout au « progressisme », est d’accélérer l’intégration du Québec à la démocratie libérale à l’anglo-saxonne du Canada. Or, Rioux refuse aussi bien le nationalisme réactionnaire que l’individualisme libéral. Il cherche un autre chemin qu’il appelle la voie du « dépassement » (au sens hégélien/marxiste de l’Aufhebung), celle qui cherche à unir la liberté (comprise comme autocréation de soi, de la culture et de la société) à l’enracinement culturel, ce qui en fait à la fois un défenseur du socialisme autogestionnaire et de l’indépendance du Québec.

Il réussit ainsi un tour de force : ravir l’indépendance à la droite tout en évitant le piège de ses anciens amis de Cité libre, devenus des libéraux individualistes; raccommoder dialectiquement liberté et enracinement, communalisme et culture. L’indépendance ne se limite pas à déplacer la souveraineté en changeant la bureaucratie d’Ottawa par une élite technocratique et centralisatrice basée à Québec et peu sensible au sort des villages de la périphérie. Au contraire, il s’agit de favoriser au maximum les assemblées locales, la démocratie syndicale, les coopératives, etc. Bref, tout ce qui émerge « au ras du sol », comme le dirait Rioux, dans les pratiques et luttes d’une collectivité plutôt que dans quelque tour à bureaux de gestionnaire ou cabinet de technocrate13.

La transformation éthique du « soi »

L’avènement d’une société socialiste autogestionnaire suppose de mettre en place de nouvelles institutions politiques capables de favoriser la véritable participation démocratique du plus grand nombre. Mais évidemment, cela suppose que soient organisées les conditions, notamment éducatives, permettant la transformation éthique de chacun et chacune. Les individus socialisés dans la société normale sont égoïstes, compétitifs, aliénés, conformistes; ceux de la société normative doivent avoir un tout autre ethos compatible avec la participation, l’entraide, la coopération, l’altruisme, etc.; ceci afin de les rendre capables de participer à la gestion de la collectivité aussi bien qu’à la redéfinition des valeurs. La société autonome suppose une éducation à l’autonomie et une formation propre du caractère de la personnalité autonome, ce qui signifie également des transformations dans la vie quotidienne. Rioux cite par exemple le féminisme comme mouvement important orienté vers la critique de l’hétéronomie et dans la revendication, la formulation du désir de l’autonomie là où celui-ci est nié.

C’est pourquoi Rioux dit que l’autogestion signifie bien plus que la reprise de contrôle démocratique sur l’économie; elle déborde pour inclure plein d’autres secteurs (loisirs, éducation, habitation, arts, etc.). Tout le pouvoir, toutes les décisions, tous les savoirs qui avaient été siphonnés par « en haut », par les organisations de la globalisation, les bureaucraties d’État, les technocrates, la classe dominante peuvent être réappropriés par toute la société en vue de son autocréation. En se réappropriant les conditions de son auto-institution, l’humanité socialisée pourra aussi changer son rapport avec la nature, comme le dit Rioux, ici, en évoquant un processus déjà en marche (qui relève peut-être surtout d’un souhait ?) :

Il est heureux que depuis un certain nombre d’années, nos relations avec la nature aient commencé à changer, passant de son exploitation sauvage au respect et à l’harmonie. C’est là le changement le plus important et le plus prometteur, car de proche en proche, il se répercute sur l’idée que les hommes se font de la bonne vie et de la bonne société.

Impossible, donc de passer de l’aliénation à l’auto-institution du soi, de la culture et de la société sans désaliéner également le rapport à la nature. Ici, Rioux reste fidèle au Marx des Manuscrits de 1844. Il ne peut y avoir « autoémancipation14 » du Sujet, de son activité et de son rapport à l’Objet sans désaliénation du rapport à autrui, à la nature et à la société. La position libérale qui n’en a que pour la liberté individuelle fait abstraction des liens d’interdépendance qui unissent tout sujet aux autres et à une communauté politique, à ce que Jean-Jacques Simard appelait un « empaysement15 », aussi bien qu’au reste du vivant. C’est ce que les bouddhistes appellent « l’illusion d’être séparé » des êtres et du monde. À l’inverse, la position qui fétichise abstraitement le grand Tout national16, comme s’il s’agissait d’une pure unité, ignore les formes de hiérarchie et de domination qui viennent cliver la totalité sociétale (domination entre l’humain et la nature, entre capitalistes et classes travailleuses, entre les sexes, le racisme, etc.). Elle n’a donc pas le souci réel d’offrir à tous et toutes les conditions de l’autonomie ni de l’autogouvernement, elle ignore la recherche de la justice sociale et réifie les injustices existantes. C’est tout l’intérêt de la position de Marcel Rioux que de permettre de lier la recherche communaliste ou socialiste autogestionnaire de l’autonomie individuelle et collective avec la reconnaissance de l’enracinement dans une communauté de culture concrète, aussi bien locale que régionale ou nationale, culture qui devra bien sûr faire l’objet d’une réinvention ou d’une transformation pour cheminer vers davantage de justice, mais qui constitue le terreau dans lequel la liberté peut déployer ses racines (il s’agit donc ici d’une liberté pensée avec Michel Freitag comme étant une liberté concrète ou située plutôt qu’abstraite, libérale ou hors-sol).

Communalisme et culture

Le communalisme s’oppose à toute conception étatiste-centralisatrice de la république. Suivant M. Rioux ou M. Bookchin (aussi bien que l’héritage de l’obtchina, la commune rurale russe dont Marx discutait dans sa lettre à Vera Zassoulitch–, ),,du fédéralisme proudhonien, du conseillisme et des soviets, des communards de 1871, de la défense du « commun » chez Dardot et Laval, chez les écoféministes, Silvia Federici, etc., il s’agit plutôt de penser une République de communes fédérées ou confédérées où l’économie aura été municipalisée, c’est-à-dire prise en charge (autant que possible, suivant le principe de subsidiarité) par des assemblées citoyennes locales, et sinon ressaisie par des conseils confédéraux régionaux, nationaux ou internationaux, puisqu’il est évident que certaines questions, par exemple la question écologique, ne se règlent pas « dans un seul pays ».

Le communalisme n’est donc pas un repli localiste, en dehors de toute médiation régionale ou nationale ou de toute solidarité internationale. Il remplace les médiations institutionnelles bureaucratiques et antidémocratiques de l’État bourgeois par la confédération d’assemblées communales écodécentralisées. L’opposition spectaculaire entre la liberté libérale ou abstraite et la conception, abstraite aussi à sa manière, de la nation réifiée et/ou centralisatrice/autoritaire se trouve dépassée par le couplage entre communalisme-et-confédéralisme et culture, par la jonction ou la dialectique entre le social et le national, une conception dont la pensée de Marcel Rioux, inspirée notamment par l’articulation de l’auto-institution et du social-historique chez Castoriadis, était déjà porteuse il y a un demi-siècle. En l’absence d’un tel couplage dialectique, c’est l’échec aussi bien pour le socialisme et l’indépendance . C’est précisément cet échec que reconduit tout discours nondialectique opposant l’instituant à la culture, et c’est dans cet échec que nous continuons de vivoter dans cette « république inachevée » (Gilles Labelle), ce pays possible qui « ne pourra pas toujours ne pas arriver » (Miron), même si nous devons admettre que les temps sont durs pour celles et ceux qui, comme René Char, souffrent « de l’idéal intact dans le réel dévasté ».

1 Marcel Rioux, sociologue et anthropologue, professeur à l’Université de Montréal, était l’un des penseurs les plus importants de l’indépendance. Qu’il soit aujourd’hui oublié est une des graves manifestations de l’échec à exister du pays irréel que nous n’avons pas su rêver jusqu’à le faire descendre du ciel des idées jusqu’à la réalité du sol de la vallée du Saint-Laurent. Voir « Marcel Rioux et la question du Québec », chap. 7, dans Eric Martin, Un pays en commun, Montréal, Écosociété, 2017. Ce même ouvrage aborde également la dialectique entre questions sociale et nationale dans la revue Parti Pris, le Front de libération des femmes (FLF), Fernand Dumont et Pierre Vadeboncoeur.

2 Fabien Escalona et Romaric Godin, « Les quatre scénarios pour l’hégémonie politique du “monde d’après”», Mediapart, 23 mai 2020.

3 Julien Forgues Lecavalier, Marcel Fournier, Jacques Hamel, La culture comme refus de l’économisme. Écrits de Marcel Rioux, Montréal, Presses de l’Université de Montréal, 2000.

4 Jules Duchastel, Marcel Rioux. Entre l’utopie et la raison, Montréal, Nouvelle Optique, 1981.

5 Floréal Roméro, « Communalisme : se doter d’une organisation », Ballast, 18 mai 2020.

6 Murray Boockhin, The Next Revolution, Londres, Verso, 2015.

7 À ce propos, voir également le communalisme et le municipalisme libertaire de Murray Bookchin, The Next Revolution, op. cit., ainsi que la défense du principe du commun dans Pierre Dardot et Christian Laval, Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, Paris, La Découverte, 2014. Voir également Silvia Federici, « Omnia sunt communia », dans Le capitalisme patriarcal, Paris, La Fabrique, 2019, p. 63-109.

8 Hannah Arendt, La crise de la culture, Paris, Gallimard, Folio, 1972.

9 Extrait du Rapport de la Commission d’enquête sur l’enseignement des arts au Québec, vol. I, Québec, Éditeur officiel du Québec, 1968, p. 20 à 44.

10 Duchastel, op.cit., p. 33.

11 Simone Weil, L’enracinement, Paris, Gallimard, Folio, 1949.

12 Marcel Rioux, Pour prendre publiquement congé de quelques salauds, Montréal, L’Hexagone, 1981.

13 L’idée de constituante défendue par Québec solidaire pourrait participer de ce genre de démarche, mais uniquement dans le sens où elle redonne au peuple instituant la capacité de mettre en œuvre des institutions communalistes, et non pas seulement la constitution d’un nouvel État centralisateur ou bureaucratique, fut-il social-démocrate ou « socialiste ». Hélas, la tendance de tout appareil parlementaire et étatique est, comme l’a montré Frédéric Lordon, de capturer et de conserver pour lui l’imperium, et donc de nier l’auto-institution de la société.

14 Miguel Abensour, Louis Janover, Maximilien Rubel, pour redécouvrir Marx, Paris, Sens & Tonka, 2008.

15 Je remercie Annie Maisonneuve de m’avoir signalé cette expression.

16 Voir Eric Martin, « La nation contre le nationalisme réactionnaire. Réflexion sur l’articulation entre le socialisme et la question nationale à partir d’Henri Lefebvre », Nouveaux Cahiers du socialisme, n° 23, hiver 2020.

L’espace nous manque ici pour distinguer ces deux conceptions. Voir la synthèse de Gilles Labelle, « Comment se pose le problème de la liberté dans L’abîme de la liberté », dans Daniel Dagenais (dir.), La liberté à l’épreuve de l’histoire. La critique du libéralisme chez Michel Freitag, Montréal, Liber, 2017; et l’ouvrage lui-même : Michel Freitag, L’abîme de la liberté. Critique du libéralisme, Montréal, Liber, 2011.

–, ),, Karl Marx, Michael Löwy, Pier Paolo Poggio, Maximilien Rubel, Le dernier Marx, communisme en devenir, Paris, Eterotopia, 2018.

Marcel Rioux, Un peuple dans le siècle, Montréal, Boréal, 1990.