Charte des valeurs :L’outrecuidance de Mulcair et le silence de ses députés

La charte des valeurs "québécoises"

Par Mis en ligne le 19 septembre 2013

Ainsi, le chef du NPD et chef de l’opposition à la Chambre des com­munes, Thomas Mulcair, a annoncé que son parti était prêt à finan­cer un recours judi­ciaire à l’encontre de dis­po­si­tions de la Charte des valeurs du gou­ver­ne­ment péquiste. Il a même appro­ché un avocat spé­cia­lisé en droit consti­tu­tion­nel à ce sujet. Cette esbroufe sur­vient avant même qu’un projet de loi ait été déposé à l’Assemblée natio­nale. Aux jour­na­listes qui l’ont inter­rogé concer­nant l’appui qu’il reçoit de la part de ses dépu­tés qué­bé­cois dans ce dos­sier, il a assuré de façon un peu sur­pre­nante qu’ils étaient tous d’accord.

Certes, c’est le droit le plus strict de M. Mulcair de cri­ti­quer ces pro­po­si­tions. Je par­tage même son point de vue en bonne partie. Mais la déci­sion de se servir des fonds de son parti pour ini­tier la contes­ta­tion judi­ciaire d’une éven­tuelle loi de l’Assemblée natio­nale consti­tue une gaffe, car il dénote de l’arrogance envers une ins­ti­tu­tion dont il a pour­tant déjà fait partie en tant que député et ministre libé­ral. Comme s’il se consi­dé­rait comme le seul rem­part des droits démo­cra­tiques. Quelle outre­cui­dance ! Même Justin Trudeau ne s’est pas permis d’aller aussi loin. En remon­tant quelques décen­nies en arrière, on croi­rait entendre l’ancien diri­geant d’Alliance Québec qui a contesté la loi 101 au nom de la défense des droits des anglo­phones qué­bé­cois.

Mais ce qui me sur­prend le plus dans cette situa­tion, c’est le silence des 57 autres dépu­tés néo­dé­mo­crates qué­bé­cois. Qu’aucun d’entre eux ne semble avoir remis en ques­tion le geste de leur chef est ren­ver­sant quand on sait qu’un cer­tain nombre ont des convic­tions sou­ve­rai­nistes qu’ils ont même mani­fes­tées publi­que­ment dans le passé. La ligne de parti serait-elle deve­nue aussi contrai­gnante au NPD que chez les conser­va­teurs et les libé­raux ?

Cette conjonc­ture me place devant un dilemme per­son­nel. J’ai voté pour le NPD lors élec­tions de 2011 après avoir accordé mon appui au Bloc qué­bé­cois à plu­sieurs reprises. Mais j’hésiterai beau­coup à le faire la pro­chaine fois. Et il n’est pas ques­tion que je retourne au Bloc après l’expulsion de la dépu­tée Maria Mouriani. Devrai-le me résoudre à annu­ler mon vote ? Pourtant je ne l’ai jamais fait depuis 1957.

Paul Cliche,

Montréal, 19 sep­tembre 20013

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