Thème

Université populaire 2010

UNIVERSITÉ POPULAIRE D'ÉTÉ DES NCS - 2013
Pourquoi une université populaire ?

Pourquoi une université populaire ?

Les NCS orga­nisent pro­chai­ne­ment une 4e édi­tion de son Université popu­laire. L’évènement est en fait co-orga­nisé avec plu­sieurs réseaux, asso­cia­tions et orga­ni­sa­tions repré­sen­tant la riche den­sité du mou­ve­ment popu­laire au Québec.

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Savoirs et connaissances dans la lutte pour la transformation

Nous sommes des héri­tiers des luttes anté­rieures et des ten­ta­tives, tou­jours par­tielles, de concep­tua­li­ser des outils d’analyse. Marx et bien d’autres ont ouvert des « chan­tiers » que nous conti­nuons à déchif­frer, tout en ouvrant de nou­veaux chan­tiers, cor­res­pon­dant aux nou­velles réa­li­tés et aux nou­velles luttes. En réa­lité, le « mar­xisme » n’est pas (et n’a jamais été) une « science » du moins dans le sens tra­di­tion­nel du terme. Dans le mar­xisme, il y a des élé­ments de « scien­ti­fi­cité » qui repré­sentent des construc­tions théo­riques adé­quates pour com­prendre le réel. Mais ces élé­ments sont « mêlés » à toutes sortes de bifur­ca­tions et intui­tions qui s’avèrent, à la longue et dans la lutte, inutiles et nui­sibles. C’est ainsi que l’ensemble du corpus théo­rique auquel se réfère la gauche, et dans lequel le tra­vail de Marx occupe une place impor­tante (mais non unique) doit être com­pris comme un « labo­ra­toire », un « work-in-progress ».

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Intervention de Jean-Paul Faniel
Un mouvement populaire pour ou avec les citoyens
Université d’été des NCS 2010

Je me pré­pa­rais à vous entre­te­nir de l’évolution de l’action com­mu­nau­taire, quand une courte his­toire m’est reve­nue à l’esprit. Elle me vient d’un grand homme et d’un com­plice de mon par­cours mili­tant, Guy Paiement, qui vient mal­heu­reu­se­ment de décé­der. Laissez-moi vous la racon­ter. Elle se situe au Moyen-âge. Au détour d’un chemin, un voya­geur débouche sur un grand chan­tier de construc­tion. Abordant trois ouvriers à l’ouvrage, il leur demande alors ce qu’ils font. Le pre­mier avec un air agacé lui répond : « Vous le voyez bien, je taille de la pierre ! ». Le second, plus ave­nant, lui dit : « Mon bon mon­sieur, je gagne ma vie et celle de ma famille ! ». Le troi­sième, l’œil allumé, lui répond en mon­trant le mur de pierre der­rière lui : « Moi, mon­sieur, je construis une cathé­drale ! » Vous l’avez com­pris, les trois avaient raison, mais un seul avait de la vision.

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Quel mouvement syndical ? Quel mouvement social ? Quel projet politique ?

Je réagis à la pré­sen­ta­tion faite par Ronald Cameron lors de l’Université d’été 2010 des NCS. La pré­sen­ta­tion de Ronald vou­lait jeter un regard cri­tique sur le déve­lop­pe­ment du syn­di­ca­lisme au Québec. Toutefois, c’est plutôt une jus­ti­fi­ca­tion des orien­ta­tions syn­di­cales à laquelle nous avons eu droit. Ronald a aussi insisté sur la conjonc­ture éco­no­mique et poli­tique néo­li­bé­rale comme un rou­leau com­pres­seur qui laisse peu de place à la résis­tance. Le syn­di­ca­lisme qué­bé­cois doit-il être évalué comme un mou­ve­ment social ou plutôt une ins­ti­tu­tion de l’État ? Les syn­di­cats du Québec font partie d’un mou­ve­ment dit « syn­di­cal », lequel est asso­cié aux autres mou­ve­ments sociaux (fémi­niste, popu­laire et com­mu­nau­taire, natio­na­liste, éco­lo­gique, étu­diant, paci­fiste) qui inter­agissent sur le ter­rain social et poli­tique et forment le « mou­ve­ment social » au Québec. En avan­çant cette affir­ma­tion, je conviens de la spé­ci­fi­cité du mou­ve­ment syn­di­cal, soit la défense des condi­tions de tra­vail et de vie de ses membres. Mais il faut aller plus loin. Le mou­ve­ment syn­di­cal est à la fois por­teur d’un plu­ra­lisme et d’une com­po­sante ins­ti­tu­tion­nelle, ainsi qu’une his­toire poli­tique qui lui est spécifique.

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Intervention de Renée Charest
Suicide au travail, organisation du travail et néolibéralisme
Université d

Camus disait il n’y a qu’un pro­blème phi­lo­so­phique qui soit sérieux et c’est le sui­cide. Dans un contexte de domi­na­tion néo­li­bé­rale, le sui­cide est peut-être une des ques­tions socio­po­li­tiques fon­da­men­tales à l’heure actuelle.

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Bref bilan de l’Université d’été des NCS et journées Alternatives

La pre­mière édi­tion de l’Université d’été des Nouveaux Cahiers du Socialisme qui s’est tenue les 24, 25 et 26 août der­nier, a pré­senté un agenda varié qui aura permis d’amorcer un bilan des luttes popu­laires tout en sug­gé­rant une réflexion quant aux pers­pec­tives anticapitalistes.

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Intervention de Françoise David
Se mettre ensemble
Université d'été des NCS 2010

Selon Françoise David, la situa­tion actuelle de la gauche est para­doxale au Québec. Celle qui par­tage avec Amir Khadir la tâche de porte-parole pour Québec Solidaire et qui était à l’Université d’été des NCS estime « qu’on a de la dif­fi­culté à sentir qu’on est des cen­taines de mil­liers de per­sonnes qui veulent chan­ger le monde ». De toute évi­dence constate-e-elle, le mou­ve­ment social est résis­tant : syn­di­ca­listes, étu­diant-es, sans comp­ter ce qui s’en vient avec les actions de la Marche mon­diale des femmes qui com­men­ce­ront en octobre 2010. Parallèlement, le mou­ve­ment éco­lo­gique mène des luttes constantes et nous pousse à une réflexion en pro­fon­deur. « On retrouve aussi des cen­taines de comi­tés de citoyens qui tra­vaillent dans l’ombre et sans aide de l’État ». Même le mou­ve­ment syn­di­cal, qu’on décrit par­fois comme décli­nant, annonce le retour du front socio­po­li­tique contre le gou­ver­ne­ment Charest. Elle salue notam­ment les efforts de la FTQ (syn­di­ca­li­sa­tion des tra­vailleurs agri­coles) et de la CSQ (syn­di­ca­li­sa­tion des res­pon­sables de garde en milieu fami­lial). Bref, « le Québec est en marche, mais on ne s’en rend pas tou­jours compte ».

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Intervention de Serge Denis
La nécessité de comprendre l’histoire
Université d'été des NCS 2010

Serge Denis, pro­fes­seur de science poli­tique à l’Université d’Ottawa, est un spé­cia­liste de l’histoire du mou­ve­ment ouvrier. « C’est une his­toire sur laquelle les nou­veaux mou­ve­ments sociaux d’aujourd’hui ont inté­rêt de médi­ter ». À la base, il y a l’essor du capi­ta­lisme, qui fait du tra­vail une mar­chan­dise. Le tra­vail sala­rié devient « la seule forme d’accès aux res­sources pour les employés-sala­riés. Or ce rap­port sala­rial est fait d’instrumentalisation. La logique de fonc­tion­ne­ment du capi­ta­lisme est l’accumulation du capi­tal par le rap­port sala­rial qui repose sur la conflictualité ».

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Intervention de Thomas Lebel
Le socialisme du vingtième-et-unième siècle : Le laboratoire latino-américain
Université d'été des NCS 2010

Thomas Lebel tra­vaille pré­sen­te­ment à une thèse de doc­to­rat sur ce socia­lisme du ving­tième-et-unième siècle qu’on dit émer­ger au Venezuela et ailleurs en Amérique latine. Selon Lebel qui est inter­venu à l’Université des NCS, « trop sou­vent les intel­lec­tuels sont en retard sur la réa­lité ». Il note que devant les nou­veaux pro­jets en Amérique latine, on peine à suivre les chan­ge­ments en cours. « Au centre du pro­ces­sus boli­va­rien au Venezuela, il y a l’idée de recons­truire un État social fort, redis­tri­bu­teur, qui assure des ser­vices et res­pecte des droits ». Concrètement, cette recons­truc­tion passe par la récu­pé­ra­tion des res­sources natu­relles, ce qui veut dire le contrôle sur les indus­tries extractives.

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Intervention de Philippe Hurteau et d'Éveline Couturier
Comment la crise se traduit au Québec
Université d'été des NCS

Selon Philippe Hurteau et Éveline Couturier qui sont cher­cheurs avec l’IRIS, la crise actuelle est pour les domi­nants, une « oppor­tu­nité » pour accé­lé­rer et appro­fon­dir le tour­nant néo­li­bé­ral entre­pris depuis une tren­taine d’années. Les cher­cheurs lors d’une pré­sen­ta­tion à l’Université d’été des NCS ont sou­li­gné que le néo­li­bé­ra­lisme avait bien uti­lisé, pour le dis­cré­di­ter les failles du régime key­né­sien anté­rieur. « En réa­lité, sou­lignent-ils, le key­né­sia­nisme avait été inca­pable d’assurer pour tous le filet social qui devait tem­po­ri­ser les inéga­li­tés tout en main­te­nant les inéga­li­tés de classe ». Les domi­nants ont habi­le­ment capi­ta­lisé sur le mécon­ten­te­ment des classes popu­laires face à un État opaque, et « où le pou­voir des citoyens était très réduit, pour affir­mer la néces­sité d’introduire des rela­tions mar­chandes dans la ges­tion publique ». C’est ainsi que la gauche se trouve actuel­le­ment dans une situa­tion para­doxale. « On veut pré­ser­ver cer­tains acquis, mais on peut dif­fi­ci­le­ment atta­quer l’État-providence, alors que la droite a champ libre pour pro­po­ser ses alternatives ».

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