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Université populaire 2015

Vladimir, Rosa et Antonio
lundi 10 août 2015
Université populaire 2015

Nous héri­tons d’une riche tra­di­tion où des mou­ve­ments popu­laires un peu par­tout dans le monde ont car­to­gra­phié les che­mins mul­tiples de l’émancipation. Ils ont essayé, ils ont par­fois trouvé, ils ont par­fois erré. Dans cette quête sans fin, il y a eu des débats, des contro­verses, des confron­ta­tions. Au début du ving­tième siècle, surgit une révo­lu­tion. Vladimir Illich Oulianov (qu’on connaît sous son nom de guerre, Lénine) pense qu’il faut sortir des sen­tiers battus et mobi­li­ser la masse pay­sanne (une idée incon­grue pour la gauche de l’époque), et aussi sti­mu­ler les mou­ve­ments d’indépendance natio­nale qui abondent dans l’Empire russe de l’époque. Il fait le pari que tout cela va conver­ger et effec­ti­ve­ment, ça marche ! On se sou­vient d’un Lénine cham­pion toutes caté­go­ries du sens poli­tique, du sentir quand, com­ment et avec qui. Certes, on se sou­vient aussi du gars qui tour­nait les coins un peu ronds en pen­sant que peu importe les moyens, il faut avan­cer !

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L’enjeu derrière les élections fédérales

Dans un article paru dans l’édition du Devoir du 29 juillet der­nier, Michel Roche et Louis Gill appellent l’électorat qué­bé­cois à se donner les moyens de sortir du Canada afin de s’opposer aux poli­tiques néo­li­bé­rales du gou­ver­ne­ment Harper en appuyant le Bloc qué­bé­cois. C’est une logique un peu courte d’autant plus qu’ils éva­cuent, éton­nam­ment, des ques­tions fon­da­men­tales comme la lutte contre les poli­tiques d’austérité et la soli­da­rité des peuples, ainsi que l’autonomie de classe des mou­ve­ments sociaux.

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Lutter ensemble
jeudi 6 août 2015
Université populaire 2015

Héritier de l’Empire bri­tan­nique, l’État cana­dien a été construit comme un rem­part contre les peuples habi­tant le ter­ri­toire, dont les Québécois-es et les autoch­tones, uti­li­sant une vaste pano­plie de moyens pour repro­duire son contrôle. D’emblée, la classe domi­nante cana­dienne n’a cessé d’approfondir les bonnes vieilles tech­niques du « divide and rule » en aggra­vant et en créant des contra­dic­tions entre les peuples. Au départ la colo­ni­sa­tion euro­péenne (fran­çaise et anglaise) a relé­gué les Premiers Peuples aux marges de l’État. Sous la « confé­dé­ra­tion », ils ont été confi­nés dans des réserves et écra­sés mili­tai­re­ment lorsqu’ils se sont révol­tés, comme durant les rébel­lions ani­mées par Louis Riel.

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« Big brother » est dans l’eau chaude
mercredi 5 août 2015
Université populaire 2015

Tout au long du siècle der­nier, les domi­nants ont cher­ché à éta­blir leur supré­ma­tie sur le monde. Sous les formes du colo­nia­lisme direct et de l’esclavage, ou sous les formes de la domi­na­tion éco­no­mique, l’impérialisme a pris forme autour de grandes puis­sances. Celles-ci se sont alors affronté les unes aux autres, d’une guerre à l’autre. Plus tard, à mi-chemin dans le siècle der­nier, la résis­tance des peuples contre ces impé­ria­lismes a marqué de grands coups. En Europe, le fas­cisme alle­mand a été battu. Dans les colo­nies, les luttes anti-impé­ria­listes ont vaincu l’impérialisme amé­ri­cain, au Vietnam, à Cuba, en Angola et ailleurs. Plus récem­ment, l’infâme « guerre sans fin » lancée par le pré­sident Bush au Moyen-Orient a connu de reten­tis­sants échecs en Irak, en Afghanistan, en Palestine, pré­ci­pi­tant les États-Unis et leurs alliés-subal­ternes comme le Canada, dans la plus grande crise éco­no­mique depuis 1929.

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Cherchez les communs
mardi 4 août 2015
Université populaire 2015

Depuis que l’humanité est l’humanité, on sait que se mettre ensemble, c’est mieux que d’être tout seul. On sait aussi que l’on doit défendre un patri­moine commun, qui est la fon­da­tion de la vie, et qu’on appelle sou­vent la « nature » : les formes de vie, l’eau, l’air, la terre, la lumière, etc. Les com­muns, c’est aussi nos capa­ci­tés de com­mu­ni­ca­tion, de réflexion, d’échanges, bref ce qui fait la col­lec­ti­vité.

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Vers la décolonisation du savoir
lundi 3 août 2015
Université populaire 2015

Pendant long­temps, l’université a été un lieu de for­ma­tion des élites par les élites. On incul­quait la vérité abso­lue, celle de l’autorité : Dieu-famille-patrie-papa. En plus, on pré­pa­rait les jeunes à com­battre les méchants athées, les « com­mu­niss », les « fémi­nisss » et d’autres affreux dis­si­dents. C’était un sys­tème fermé bien qu’ici et là, il y avait des intel­lec­tua­li­tés excep­tion­nelles qui osaient braver le pou­voir.

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Économie verte : marchandiser la planète pour la sauver ?

Définie par l’ONU comme « une manière éco­lo­gique de faire des affaires », l’économie verte entend récon­ci­lier crois­sance et nature. Le troi­sième pilier du déve­lop­pe­ment durable (le social) mis entre paren­thèses, le temps de reboos­ter le pre­mier (l’économique) en valo­ri­sant le deuxième (l’environnemental) ? A défaut de pro­té­ger les res­sources et de par­ta­ger les richesses, le capi­ta­lisme, désor­mais vert, y sau­ve­rait sa peau. La contro­verse clive les États du Nord et du Sud.

La « Green Economy » fait florès. Elle est de pra­ti­que­ment tous les grands rap­ports inter­na­tio­naux et forums onu­siens depuis 2008. Avec comme prin­ci­pal point culmi­nant à ce jour, le Sommet de la Terre « Rio+20 », tenu en 2012 au Brésil. C’est le nou­veau leit­mo­tiv, la nou­velle pana­cée, le moteur éco­lo­gique d’une crois­sance éco­no­mique à main­te­nir ou à relan­cer. C’est aussi la nou­velle appel­la­tion trendy du déjà ancien « déve­lop­pe­ment durable », pres­crit deux décen­nies plus tôt, en 1992, à Rio éga­le­ment. Ou plutôt le moyen, cette fois, d’y abou­tir, car les enga­ge­ments pris alors par la com­mu­nauté inter­na­tio­nale n’ont été que très par­tiel­le­ment res­pec­tés. Pas de « déve­lop­pe­ment durable » sans « éco­no­mie verte ». C’est la voie « natu­relle » à pri­vi­lé­gier. Le troi­sième pilier du déve­lop­pe­ment durable (« le social ») mis entre paren­thèses, le temps de reboos­ter le pre­mier (« l’économique ») en valo­ri­sant le deuxième (« l’environnemental ») ?

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Les traités de libre-échange : L’expérience de l’ALÉNA et le Traité Transpacifique

En ce moment, les États-Unis négo­cient avec onze autres pays le traité Trans-Pacifique qui doit régu­ler les inves­tis­se­ments dans l’ensemble de cette zone. Ces négo­cia­tions sont tenues secrètes pour les peuples concer­nés, mais elles ne le sont pas pour les capi­ta­listes impli­qués. Pour les seuls États-Unis, les repré­sen­tants d’environ 600 entre­prises y sont inté­grés jusqu’au cou.

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Au pays de l’or noir, l’orange triomphe

Tard en soirée, le mardi 5 mai, des mil­liers de gens, eupho­riques, se sont retrou­vés au centre-ville d’Edmonton, au quar­tier géné­ral du NPD pro­vin­cial. Le parti de Rachel Notley, contre toute attente, venait de rem­por­ter la vic­toire aux élec­tions pro­vin­ciales. Des mil­liers de jeunes, des cen­taines de moins jeunes, tous por­tant fiè­re­ment l’orange, étaient eupho­riques mardi soir. Plusieurs ont pleuré, sur­tout les plus vieux, qui ont connu Grant Notley, le père de Rachel Notley, député et chef du NPD de 1974 à 1984, année de sa mort tra­gique dans un acci­dent d’avion.

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Grèce
« La voie de la sagesse, c’est celle de la sortie de l’euro et du changement social »

Ce texte est la trans­crip­tion tra­duite de l’intervention de Costas Lapavitsas au col­loque « Democracy Rising », tenu à Athènes le 17 juillet 2015. Les inter­titres sont de notre res­pon­sa­bi­lité.

Costas Lapavitsas est député élu au Parlement grec, membre de la Plateforme de gauche de Syriza, et pro­fes­seur d’économie à SOAS (School of Oriental and African Studies, Londres).

Une capi­tu­la­tion désas­treuse

Le gou­ver­ne­ment Syriza vient de signer un nouvel accord de sau­ve­tage. C’est un très mau­vais accord, pour des rai­sons évi­dentes que je vais énu­mé­rer.

Tout d’abord, cet accord est réces­sif. Il va plon­ger l’économie grecque dans la réces­sion. Parce que les seules aug­men­ta­tions d’impôts s’élèvent à 2 % du PIB. Elles concernent sur­tout la TVA, impôt indi­rect pré­levé sur des pro­duits prin­ci­pa­le­ment consom­més par les tra­vailleurs. Mais elles concernent aussi les entre­prises et vont d’abord frap­per les petites et moyennes entre­prises, qui demeurent la colonne ver­té­brale de l’économie grecque. L’agriculture est sans doute le sec­teur le plus dure­ment touché par cette aug­men­ta­tion : l’impôt sur le revenu versé par les agri­cul­teurs va dou­bler, et ils seront soumis à de nou­velles obli­ga­tions. Ces mesures sont incon­tes­ta­ble­ment réces­sives. Elles arrivent à un moment où l’économie grecque chan­celle au bord du pré­ci­pice. Il ne fait aucun doute qu’elles vont la faire bas­cu­ler dans la réces­sion.

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