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Conjonctures et actualités

Entretien avec Gilbert Achcar (1)
Les dessous de la crise en Syrie
Propos recueillis par Pierre Beaudet (2)
dimanche 18 décembre 2016
Conjonctures et actualités

PB – La crise en Syrie a éclaté au moment où au Moyen-Orient et en Afrique du Nord sur­gis­sait le « prin­temps arabe ». Il y avait un fond commun de reven­di­ca­tions démo­cra­ti­ques, ainsi que des mou­ve­ments popu­lai­res rela­ti­ve­ment spon­ta­nés, non vio­lents. En quoi la situa­tion en Syrie s’est-elle déve­lop­pée d’une manière spé­ci­fi­que ?

GA Le sou­lè­ve­ment syrien de 2011 s’inscrit plei­ne­ment dans ce qui a été appelé le prin­temps arabe. Il n’en dif­fère en rien du point de vue de ses raci­nes pro­fon­des, socia­les, éco­no­mi­ques et poli­ti­ques. Comme l’ensemble des pays de la région, la Syrie est un pays qui a connu une aggra­va­tion des condi­tions éco­no­mi­ques au cours de la der­nière décen­nie, très mar­quée, notam­ment dans les zones rura­les. Parallèlement, dans les villes, le chô­mage a for­te­ment aug­menté, consé­quence d’un phé­no­mène de dés­in­dus­tria­li­sa­tion. Entre-temps, les mesu­res néo­li­bé­ra­les dans le domaine de l’économie ont pro­vo­qué une énorme concen­tra­tion de la richesse dans la famille régnante. Le cousin du pré­si­dent actuel est l’homme le plus riche de la Syrie et contrôle une partie majeure de l’économie syrienne.

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Il serait pourtant plus facile d’instaurer un scrutin proportionnel que de négocier des accords de libre-échange
lundi 12 décembre 2016
Conjonctures et actualités

Comme il fal­lait s’y atten­dre le gou­ver­ne­ment Trudeau ne rem­plira pas l’engagement de réfor­mer le mode de scru­tin pour les pro­chai­nes élec­tions qui a été un des prin­ci­paux élé­ments de la pla­te­forme de son parti lors de la cam­pa­gne élec­to­rale de 2015. Le pre­mier minis­tre l’avait lui-même laissé enten­dre au Devoir il y a quel­ques semai­nes et la minis­tre Maryam Monsef, res­pon­sa­ble de la réforme élec­to­rale, l’a confirmé il y a quel­ques jours au moment du dépôt de son rap­port par le comité par­le­men­taire mul­ti­par­tite mis sur pied afin de consul­ter la popu­la­tion au sujet de la réforme élec­to­rale.

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Pourquoi Cuba est-elle devenue un problème difficile pour la gauche ?
mercredi 30 novembre 2016
Conjonctures et actualités

Boaventura de Sousa SantosCette ques­tion peut paraî­tre étrange, et cer­tains diront que la for­mu­la­tion inverse serait peut-être plus exacte : pour­quoi la gauche est-elle deve­nue un pro­blème dif­fi­cile pour Cuba ? Au cours du XXe siècle, en effet, la révo­lu­tion cubaine a occupé une place incon­tour­na­ble au sein de la pensée et de la pra­ti­que de la gauche. Cela semble d’autant plus vrai que l’on porte moins le regard sur la société cubaine, en elle-même, et plus sur la contri­bu­tion de Cuba en matière de liens entre les peu­ples, tel­le­ment les actes de soli­da­rité inter­na­tio­na­liste posés par la révo­lu­tion cubaine au cours des 50 der­niè­res années ont été nom­breux. On peut dire que l’Europe et l’Amérique du Nord ne seraient pro­ba­ble­ment pas autre chose que ce qu’elles sont sans la révo­lu­tion cubaine. Mais il n’en a pas été ainsi dans le cas de l’Amérique latine, de l’Afrique et de l’Asie, c’est-à-dire dans les régions de la pla­nète où vit 85% de la popu­la­tion mon­diale. Au cours des cinq der­niè­res décen­nies, la soli­da­rité inter­na­tio­na­liste four­nie par Cuba a porté sur les domai­nes les plus divers, entre autres, sur les domai­nes poli­ti­que, mili­taire, social et huma­ni­taire.

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¡Hasta siempre Comandante !
samedi 26 novembre 2016
Conjonctures et actualités

fidel-castroLes pro­chai­nes géné­ra­tions se sou­vien­dront long­temps de Fidel Castro et de sa révo­lu­tion impro­ba­ble. En 1959 avec une poi­gnée de gué­rillé­ros et une orga­ni­sa­tion fan­to­ma­ti­que, il s’empare du pou­voir détenu par quel­ques voyous et mafio­sos. Au début, les États-Unis hési­tent, mais rapi­de­ment, le conflit éclate, notam­ment lors­que le nou­veau gou­ver­ne­ment décide de redis­tri­buer les terres qui appar­tien­nent à la puis­sante United Fruit. Dès 1960, une guerre invi­si­ble com­mence avec les mul­ti­ples ten­ta­ti­ves de la CIA d’assassiner Castro. En 1961, une ten­ta­tive d’invasion menée par des mer­ce­nai­res cubains à la solde des États-Unis se ter­mine par un lamen­ta­ble échec. En 1962, le monde passe à un cheveu de la guerre nucléaire quand les États-Unis déci­dent d’empêcher l’installation de mis­si­les sovié­ti­ques à Cuba.

Castro tient le coup parce qu’essentiellement, il a l’appui de la popu­la­tion. D’une part, il rompt avec la cor­rup­tion géné­ra­li­sée et l’insolence des riches qui avaient trans­formé ce pays en une sorte de bordel déli­rant des États-Unis. D’autre part, le nou­veau régime, certes peu démo­cra­ti­que, a l’immense qua­lité de répon­dre aux besoins du peuple, ce qui place Cuba bien en avant des pays d’Amérique latine au niveau des poli­ti­ques socia­les et de l’intégration socio-éco­no­mi­que des cou­ches mar­gi­na­li­sées (notam­ment des Afro-Cubains). Cuba devient le cham­pion dans plu­sieurs domai­nes (santé mater­nelle et infan­tile, alpha­bé­ti­sa­tion et sco­la­ri­sa­tion, etc.)

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États-Unis
Trump à la Maison blanche : La droite dure contre l’establishment ?
mercredi 16 novembre 2016
Conjonctures et actualités

La vic­toire du répu­bli­cain Donald Trump amène au pou­voir le pré­si­dent le plus réac­tion­naire de l’histoire contem­po­raine des États-Unis. Elle ouvre aussi sur un futur incer­tain, ne serait-ce que parce que cet homme est un total out­si­der poli­ti­que. Il est cepen­dant sûr que sa vic­toire va conduire à des atta­ques contre le monde du tra­vail, les femmes, les lati­nos, les afro-amé­ri­cains et les per­son­nes LGBT.

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Le syndrome de Donald Trump
mardi 15 novembre 2016
Conjonctures et actualités

des-manifestants-a-detroit-avant-une-visite-de-donald-trump-le-3-septembre-2016_5662289Même les obser­va­teurs les plus avisés furent ébran­lés par l’élection de Donald Trump à la pré­si­dence des États-Unis. Pour cer­tains, ce fut un véri­ta­ble trau­ma­tisme. L’homme ne pré­sen­tait-il pas tous les signes d’un indi­vidu écer­velé, atteint sans doute de copro­la­lie, visi­ble sur­tout dans les moments de stress ? Sa rhé­to­ri­que struc­tu­rée par une ana­phore insi­pide et ses gestes com­pul­sifs de clown ne fai­saient-ils pas de lui un indi­vidu inculte, vul­gaire, doté d’une intel­li­gence bien au-des­sous de la moyenne ? On disait qu’il était là pour amuser la gale­rie ; sa pré­sence et ses dis­cours atti­raient certes les foules et sur­tout une plé­thore de camé­ras, mais on savait per­ti­nem­ment que, le jour venu, il allait tirer sa révé­rence, gêné comme un petit enfant qui s’est rendu compte qu’il n’avait ni l’expérience ni l’âge mental pour riva­li­ser avec des poli­ti­ciens che­vron­nés. On riait, riait et les gran­des comme les peti­tes chai­nes de télé­vi­sion fai­saient leur chou gras de la pré­sence de cet homme sur la scène poli­ti­que : leur côte d’écoute aug­men­tait de façon expo­nen­tielle, l’argent de la publi­cité cou­lait à flots. 

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La gauche et la question nationale
Le Parti socialiste du Québec et la question nationale
Le rendez-vous manqué
vendredi 28 octobre 2016
Conjonctures et actualités

En 1963, une for­ma­tion poli­ti­que voit le jour au Québec pour mettre de l’avant un projet socia­liste. Avec des syn­di­ca­lis­tes et des intel­lec­tuels, le Parti socia­liste du Québec (PSQ) s’inscrit dans cette gauche « émer­gente » qui se déve­loppe dans le contexte d’une révo­lu­tion pas-si-tran­quille qui tra­verse le Québec. Au départ pro­met­teur, le projet s’étiole jusqu’à sa dis­pa­ri­tion dans l’indifférence géné­rale en 1968. L’intention de cet essai n’est pas de faire une his­toire « défi­ni­tive » du PSQ, mais d’explorer à partir de cette expé­rience his­to­ri­que les débats qui se sont concen­trés sur la ques­tion natio­nale. Un tableau synop­ti­que sur l’histoire du PSQ se retrouve à la fin du texte.

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Communiquer de la NAPAC
Des professeur-e-s de CÉGEP s’opposent à la création du Conseil des collèges
tant qu’il sera inspiré par une mentalité et des orientations commerciales
jeudi 27 octobre 2016
Conjonctures et actualités

logo-napacL’association des pro­fes­seurs de phi­lo­so­phie des CÉGEP du Québec, la Nouvelle alliance pour la phi­lo­so­phie au col­lège (NAPAC), s’oppose à la créa­tion d’un Conseil des col­lè­ges, puis­que le projet, dans sa forme actuelle, est animé par des orien­ta­tions uti­li­ta­ris­tes repre­nant la rhé­to­ri­que de l’arrimage école-marché au détri­ment de l’équilibre entre tech­ni­que et culture qui est au fon­de­ment de la mis­sion des CÉGEP. C’est ce que les pro­fes­seur-e-s ont fait valoir aujourd’hui dans un mémoire déposé dans le cadre des consul­ta­tions minis­té­riel­les visant la consti­tu­tion d’un Conseil des col­lè­ges, d’un Conseil des uni­ver­si­tés et d’une Commission mixte de l’enseignement supé­rieur.

Par
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Un extrait de
Ce cauchemar qui n’en finit pas
Une crise historique de la gauche
mercredi 26 octobre 2016
Conjonctures et actualités

dardot-lavalLa gauche dite de gou­ver­ne­ment a toute sa res­pon­sa­bi­lité dans la radi­ca­li­sa­tion néo­li­bé­rale. Elle n’est pas, comme elle vou­drait le faire croire, l’innocente vic­time des méchants mar­chés finan­ciers ou de l’abominable doc­trine ultra­li­bé­rale des Anglo-Saxons. Elle a orga­nisé son propre sabor­dage intel­lec­tuel et poli­ti­que plutôt que de résis­ter à la puis­sance de la droite néo­li­bé­rale. Lorsqu’elle fut majo­ri­taire en Europe, à la fin des années 1990 et au début des années 2000, cer­tains ont pu croire que l’Europe sociale et poli­ti­que allait enfin pren­dre le dessus sur l’« Europe des ban­ques ». Las, l’occasion d’une réorien­ta­tion de la poli­ti­que euro­péenne fut com­plè­te­ment gâchée par la conduite de la plu­part des diri­geants de la « social-démo­cra­tie ». Avec Schröder, la soli­da­rité euro­péenne est passée tota­le­ment à la trappe et prio­rité fut donnée à la com­pé­ti­ti­vité de la seule Allemagne par la com­pres­sion des salai­res et la flexi­bi­li­sa­tion du marché du travail(1).

Pour com­pren­dre cet ali­gne­ment, il faut remon­ter un peu plus loin dans le temps. Si les poli­ti­ques d’austérité ont pu si faci­le­ment s’imposer en Europe, la « social-démo­cra­tie » euro­péenne en est la pre­mière res­pon­sa­ble. Loin de consti­tuer une contre-force, elle a en effet pré­féré faire alliance avec la droite sur ce ter­rain. Mieux, elle a voulu prou­ver à quel point elle était encore plus zélée quand il s’agissait de faire peser le poids de la crise sur la popu­la­tion en aug­men­tant les impôts, en rédui­sant les retrai­tes, en gelant les trai­te­ments des fonc­tion­nai­res, en s’attaquant au code du tra­vail. La gauche de gou­ver­ne­ment a ainsi cessé d’incarner une force de jus­tice sociale dont l’objectif était l’égalité civile, poli­ti­que et éco­no­mi­que et dont le res­sort était la lutte des clas­ses. L’extrême droite n’a eu qu’à bra­con­ner dans les terres ouvriè­res en déshé­rence pour ins­tru­men­ta­li­ser la colère sociale d’une frac­tion de l’électorat popu­laire et la diri­ger contre les immi­grés et le « sys­tème » sup­posé les favo­ri­ser.

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Lettre ouverte
Non à la militarisation de l’aide humanitaire en Haïti
mardi 25 octobre 2016
Conjonctures et actualités

En dépit du retrait des trou­pes domi­ni­cai­nes d’Haïti annoncé par voie de presse, nous tenons à expri­mer notre indi­gna­tion sans bornes lors­que nous avons appris, le 13 octo­bre 2016, que des sol­dats domi­ni­cains avaient été déployés en Haïti sous pré­texte de pro­té­ger des convois d’aide huma­ni­taire en pro­ve­nance de la République domi­ni­caine. Ceux et celles qui ne par­ta­gent pas ou ne com­pren­nent pas notre légi­time colère devant cet inac­cep­ta­ble état de fait ne savent pas ou igno­rent peut-être déli­bé­ré­ment qu’en 1937 près de 30 000 Haïtiens ont été mas­sa­crés par des sol­dats domi­ni­cains sous l’ordre du gou­ver­ne­ment domi­ni­cain alors engagé dans une cam­pa­gne de haine et d’épuration eth­ni­que visant les res­sor­tis­sants haï­tiens sur son ter­ri­toire. Rappelons que tout récem­ment, le 23 sep­tem­bre 2013, la République domi­ni­caine a retiré rétro­ac­ti­ve­ment la natio­na­lité domi­ni­caine à un quart de mil­lions de Dominicains d’origine haï­tienne nés en République domi­ni­caine. Cela, en vio­la­tion de la consti­tu­tion domi­ni­caine qui recon­naît le prin­cipe de non-rétro­ac­ti­vité de la loi et malgré le fait que la République domi­ni­caine soit signa­taire de la conven­tion de l’ONU sur la réduc­tion de l’apatridie.

Par
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