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Conjonctures et actualités

Révision de la carte électorale: pour éviter les psychodrames
Seul le scrutin proportionnel peut assurer la ‘représentation effective des électeurs’
dimanche 12 mars 2017
Conjonctures et actualités

Même si elle était confiée à un orga­nisme indé­pen­dant des partis poli­ti­ques, la Commission de la repré­sen­ta­tion élec­to­rale (CRE), le pro­ces­sus de révi­sion de la carte élec­to­rale qué­bé­coise qui vient de se ter­mi­ner, a pro­vo­qué de nou­veau un psy­cho­drame col­lec­tif. Cette fois-ci, c’est la sup­pres­sion d’une cir­cons­crip­tion sur l’île de Montréal et d’une autre en Mauricie -au profit de la cou­ronne nord de la région métro­po­li­taine- qui en a été la cause. La dis­pa­ri­tion appré­hen­dée de la cir­cons­crip­tion de Sainte-Marie-Saint-Jacques, sans que ses élec­teurs aient été consul­tés, a pro­vo­qué, en l’espace de quel­ques jours, une impres­sion­nante levée de bou­cliers et a donné lieu à une mobi­li­sa­tion citoyenne exem­plaire. Le CRE a d’ailleurs reconnu son erreur en reve­nant à sa pro­po­si­tion ini­tiale de fusion­ner plutôt les cir­cons­crip­tions de Mont-Royal et d’Outremont.

La fois pré­cé­dente c’est la sup­pres­sion de deux cir­cons­crip­tions en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent et d’une troi­sième au sud de Québec -au profit de Laval, de Laurentides-Lanaudière et de la Montérégie- qui avait mis le feu aux pou­dres. Les citoyens de la cir­cons­crip­tion de Beauce Nord s’étaient alors mobi­li­sés pour éviter la fusion avec la cir­cons­crip­tion de Frontenac. Le CRE avait cédé décré­tant plutôt une fusion entre Lotbinière et Frontenac. Les pres­sions avaient aussi été inten­ses pour éviter la sup­pres­sion des deux cir­cons­crip­tions de l’Est du Québec, mais le CRE a main­tenu sa déci­sion.

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ATTENTAT DE QUÉBEC
Le terreau fertile d’une extrême droite bien de chez nous
mercredi 1 février 2017
Conjonctures et actualités

Sous le choc de l’émotion quant au carac­tère indi­ci­ble de la tra­gé­die, il nous faudra sans doute du temps pour rendre celle-ci intel­li­gi­ble et sur­mon­ter la ten­ta­tion de la réduire trop faci­le­ment à une dérive patho­lo­gi­que décon­tex­tua­li­sée. Comment un enfant de bonne famille ayant grandi dans un pays dont l’identité fon­da­men­tale repose sur la « diver­sité » et la tolé­rance en vient-il à tirer sur d’innocentes vic­ti­mes dont le seul crime est de prier leur Dieu dans un temple censé les pro­té­ger contre l’horreur et la bêtise du monde ?

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Les populismes, la presse et Trump
mercredi 25 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Le phé­no­mène popu­liste a été lar­ge­ment décrit et étudié en Amérique latine. On a sou­vent affirmé que les lea­ders popu­lis­tes étaient pro­pres aux cultu­res et tra­di­tions lati­nes, mais voilà que le monde et les États-Unis en par­ti­cu­lier décou­vrent qu’ils sont sur­tout le propre d’un contexte, de cer­tai­nes condi­tions socia­les qui le favo­ri­sent. C’est la société elle-même qui rend légi­time et accepte le leader popu­liste, ainsi que son excen­tri­cité et son éthi­que dou­teuse. Les auto­ri­ta­ris­mes sont une construc­tion sociale.

Une stra­té­gie poli­ti­que

S’il est vrai que les atta­ques contre la presse sont appa­rues au cours de la cam­pa­gne élec­to­rale, le nou­veau pré­si­dent amé­ri­cain a très tôt mis en évi­dence une appro­che popu­liste sem­bla­ble à ce que nous connais­sons en Amérique latine. Pour les popu­lis­tes, la prio­rité est l’établissement d’un lien direct avec la popu­la­tion, sans la média­tion des partis poli­ti­ques, de leurs idéo­lo­gies ou pro­gram­mes. Seule compte la parole du leader.

Les médias, por­teurs d’une diver­sité d´opinons et d’analyses basées sur les faits, peu­vent rapi­de­ment deve­nir un obs­ta­cle à cette rela­tion. La stra­té­gie est alors de les contour­ner. D’abord, en condam­nant le jour­na­lisme cri­ti­que, en cher­chant à lui faire perdre sa légi­ti­mité, en l’accusant de par­tia­lité et de manque d’objectivité. Ensuite, en ren­for­çant tous les moyens de com­mu­ni­ca­tion per­met­tant un lien direct avec les « masses ano­ny­mes ». Pour le moment, Donald Trump pri­vi­lé­gie l’usage de Twitter, mais peut-être arri­vera-t-il à mul­ti­plier les moyens de com­mu­ni­ca­tion directe. Par exem­ple, une chaîne de nou­vel­les telle que Fox News pour­rait éven­tuel­le­ment relayer ses posi­tions sans filtre cri­ti­que. En Amérique latine, les pré­si­dents Chavez et Correa (Venezuela et Équateur) ont trans­formé des médias publics en médias « offi­ciels ».

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Appel de Porto Alegre pour la solidarité mondiale des peuples
dimanche 22 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Nous, mem­bres du Conseil inter­na­tio­nal du FSM, réunis à Porto Alegre à l’occasion du Forum social des résis­tan­ces, affir­mons notre soli­da­rité avec les mil­lions de per­son­nes qui ont répondu, à Washington et dans plus 600 villes du monde, à l’appel de la marche des femmes contre Trump et le trum­pisme.

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Article 2
Octobre 1917 à l’épreuve de l’histoire
1917-2017 Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie


2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­ti­que en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­ti­que est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peu­ples « bar­ba­res ». Depuis, la situa­tion a quel­que peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­lai­res des 15 der­niè­res années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en déga­gent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nis­tes ?


La révo­lu­tion d’Octobre a pro­fon­dé­ment marqué l’histoire du XXe siècle (1). Elle a sus­cité de nom­breu­ses polé­mi­ques, des jus­ti­fi­ca­tions et des pro­cla­ma­tions idéo­lo­gi­ques, des images d’Épinal et des condam­na­tions sans appel qui se confon­dent, pour de nom­breux obser­va­teurs, avec la réa­lité. La per­pé­tua­tion de ces repré­sen­ta­tions ancrées dans l’événement fon­da­teur que fut la prise du Palais d’hiver contri­bue à mas­quer, dans l’esprit de beau­coup, la réa­lité. Ainsi, en 1917, ce qui pré­do­mi­nait était le bou­le­ver­se­ment géné­ral (armée, police, appa­reil d’État, milieux éco­no­mi­ques, opi­nions et per­cep­tion de la vie poli­ti­que) et un chaos qui allait pro­fon­dé­ment peser sur les choix des bol­che­viks. À plu­sieurs repri­ses d’ailleurs, ce qui se joue sur la scène sovié­ti­que n’a pas de rap­port avec le décor et les dis­cours. Conséquence : une his­toire pleine de sur­pri­ses car elle a pour cadre un espace por­teur de crises, où les fac­teurs de décom­po­si­tion ont agi avec une vio­lence par­ti­cu­lière et où les fac­teurs de recom­po­si­tion ont pris des formes sur­pre­nan­tes. Tout sys­tème, pré­sent ou passé, doit être ana­lysé du point de vue de ses forces vives, de sa capa­cité ou non à se réfor­mer, et donc à trou­ver une nou­velle vita­lité en aban­don­nant une orien­ta­tion dan­ge­reuse. Les idéo­lo­gies sont sou­vent aveu­glan­tes, car elles pra­ti­quent l’autocélébration : elles amè­nent les êtres humains à oublier que le régime sous lequel ils vivent et qu’ils consi­dè­rent comme plus sou­hai­ta­ble a com­mencé à fonc­tion­ner selon d’autres règles, sous l’action de fac­teurs éco­no­mi­ques et sociaux dis­sol­vants, capa­bles de le vider de sa sub­stance et de n’en lais­ser sub­sis­ter que les appa­ren­ces. Une telle situa­tion peut être com­pa­rée à un théâ­tre où le décor et l’action n’ont rien à voir. Le décor est celui d’une autre pièce, appar­te­nant à une autre époque ; quant à l’action qui se joue, elle mène tout à fait ailleurs.

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Retour en force de la droite et questions pour la gauche !
vendredi 13 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Un peu par­tout en Amérique latine, les gou­ver­ne­ments de gauche élus au cours de la der­nière décen­nie sont en dif­fi­culté, devant une droite qui s’organise. Comment com­pren­dre ce retour en force dans plu­sieurs pays ?

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Éloge de la manifestation
jeudi 12 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Romancier et cri­ti­que d’art mar­xiste, John Berger est mort tout récem­ment. Ce texte est paru ini­tia­le­ment, en anglais, dans New Society le 23 mai 1968. Il a été repro­duit sur le site de la revue Contre-Temps. La tra­duc­tion est de Sylvestre Jaffard

Il y a 70 ans (le 6 mai 1898) des tra­vailleurs, hommes et femmes, ont mani­festé en masse dans le centre de Milan. Il serait trop long de rela­ter ici les évé­ne­ments qui les y avaient menés. La mani­fes­ta­tion fut atta­quée et dis­per­sée par l’armée com­man­dée par le géné­ral Beccaris. À midi, la cava­le­rie char­gea dans la foule ; les ouvriers sans armes essayè­rent de construire des bar­ri­ca­des ; la loi mar­tiale fut décla­rée et, pen­dant trois jours, l’armée com­bat­tit des gens désar­més. Les chif­fres offi­ciels des vic­ti­mes indi­què­rent que 100 ouvriers avaient été tués et 450 bles­sés. Un poli­cier avait été tué acci­den­tel­le­ment par un soldat. Il n’y avait pas de vic­ti­mes parmi les mili­tai­res. (Deux ans plus tard Umberto Ier fut assas­siné parce qu’il avait féli­cité publi­que­ment le géné­ral Beccaris, le « bou­cher de Milan », après le mas­sa­cre). J’ai essayé de com­pren­dre cer­tains aspects de la mani­fes­ta­tion du Corso Venezia du 6 mai, pour une nou­velle que je suis en train d’écrire. Ce fai­sant, je suis par­venu à cer­tai­nes conclu­sions à propos des mani­fes­ta­tions qui sont peut-être sus­cep­ti­bles de s’appliquer de façon plus géné­rale.

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Article 1
Relire la révolution russe
1917-2017 : Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

2017 marque le cen­tième anni­ver­saire de la révo­lu­tion sovié­ti­que en Russie. Pendant plu­sieurs années et notam­ment pen­dant la longue période durant laquelle a dominé la « pensée unique » néo­li­bé­rale et conser­va­trice, cet évè­ne­ment mar­quant dans l’histoire a été « évacué » des débats et même de l’enseignement de l’histoire. Parallèlement, selon les intel­lec­tuels de ser­vice de ce grand virage, la révo­lu­tion sovié­ti­que est deve­nue le point de départ du « tota­li­ta­risme », d‘une « guerre des civi­li­sa­tions » entre l’« Occident » moderne et les peu­ples « bar­ba­res ». Depuis, la situa­tion a quel­que peu changé. Devant l’impulsion des grands mou­ve­ments popu­lai­res des 15 der­niè­res années, la flamme de l’émancipation renaît. Et aussi, de plus en plus, on regarde der­rière avec un autre œil : qu’est-ce qui s’est réel­le­ment passé en 1917 ? Pourquoi cette révo­lu­tion qui a « ébranlé le monde », selon l’expression consa­crée de John Reed, s’est trans­for­mée ? Quelles sont les leçons qui s’en déga­gent ? Qu’est-ce qu’en ont dit les prin­ci­paux pro­ta­go­nis­tes ?


En 1917, les gran­des puis­san­ces se dres­sent les unes contre les autres dans une foire d’empoigne inter impé­ria­liste. Dans les tran­chées, c’est une véri­ta­ble bou­che­rie où cou­lent des flots de sang pro­lé­taire et popu­laire écla­bous­sant un corps social pour­ris­sant. Pourtant pres­que par­tout, l’opinion popu­laire est pro guerre, empor­tée par une fer­veur natio­na­liste mani­pu­lée par la droite et l’extrême droit. Pire encore, ce patrio­tisme mal placé est endossé par les prin­ci­paux mou­ve­ments socia­lis­tes. Certes, il y a des excep­tions : ici et là, des mou­ve­ments, des intel­lec­tuels, quel­ques partis de gauche, rechi­gnent, mais sans grand impact. Sauf en Russie.

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L'entente de Vancouver acceptée par les provinces :
Qu’arrivera-t-il au Régime de rentes du Québec ?
L’Organisation des retraité-es de l’entretien du transport de Montréal
mercredi 4 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Depuis de très nom­breu­ses années, le mou­ve­ment syn­di­cal, des asso­cia­tions de per­son­nes âgées et de retrai­tés, des regrou­pe­ments de femmes se sont coa­li­sés pour récla­mer auprès des gou­ver­ne­ments des amé­lio­ra­tions au régime de pen­sion du Canada (RPC) et à son équi­va­lent ici au Québec, le régime de rentes du Québec (RRQ). Faut savoir que ces deux régi­mes mis en place au milieu des années 60 ver­sent des pres­ta­tions (pen­sions) équi­va­len­tes à envi­ron 25% des reve­nus sur les­quels des coti­sa­tions ont été ver­sées. Bien que les béné­fi­ces du RPC (régime de pen­sion du Canada) et de la RRQ soient assez simi­lai­res, les coti­sa­tions à la RRQ sont un peu plus éle­vées. Le RPC n’est pas le régime de pen­sion de la sécu­rité de vieillesse, mais bien l’équivalent du Régime de rentes du Québec (RRQ) dans les autres pro­vin­ces au Canada.

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Réforme du mode de scrutin
Trudeau est-il en train de paver la voie au vote préférentiel ?
lundi 19 décembre 2016
Conjonctures et actualités

Lors de l’entrevue qu’il accor­dée à Radio-Canada récem­ment le pre­mier minis­tre Justin Trudeau a réitéré l’engagement que son gou­ver­ne­ment ferait adop­ter une réforme du mode de scru­tin à temps pour la tenue des élec­tions de 2019 comme le Parti libé­ral l’avait promis lors de la der­nière cam­pa­gne élec­to­rale. Le chef du gou­ver­ne­ment contre­dit ainsi des décla­ra­tions que lui même, ainsi que la minis­tre de la réforme élec­to­rale, Maryam Monsef, avaient faites il y a quel­ques semai­nes.

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