Thème

No. 18 – Hiver 2017

 
Québec, Baie-James et Premières Nations
Ou la décolonisation assujettie

De 1973 à 1975, vingt-quatre mois de négo­cia­tions allaient se solder par la pro­mul­ga­tion d’un règle­ment juri­dique tra­duit de l’anglais sous le titre de Convention de la Baie-James et du Nord qué­bé­cois (James Bay and Northern Quebec Agreement).

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De quoi la Commission de vérité et réconciliation du Canada est-elle le nom ?

À consi­dé­rer la Commission de vérité et récon­ci­lia­tion du Canada (CVR) sur les pen­sion­nats indiens comme une ins­ti­tu­tion de jus­tice tran­si­tion­nelle, on ne peut que faire preuve de scep­ti­cisme quant à sa capa­cité à ins­tau­rer une éga­lité réelle entre Canadiens et nations autoch­tones. Depuis plus de qua­rante ans, les pro­messes et les dés­illu­sions se suc­cèdent ; les sur­vi­vants connais­saient donc les limites poli­tiques d’une telle com­mis­sion. Comment expli­quer que plus de 6000 per­sonnes ont été dépla­cées pour racon­ter leur his­toire pen­dant les six ans qu’ont duré les tra­vaux de la Commission ? Ce n’est pas, comme pour­raient l’avancer cer­tains mau­vais esprits, par inté­rêt pécu­niaire, puisque les pro­cé­dures visant l’octroi des com­pen­sa­tions finan­cières ont été indé­pen­dantes de la Commission[2].

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Pour que vivent nos nations, le capitalisme doit mourir
lundi 20 novembre 2017
No. 18 - Hiver 2017

Les efforts des Autochtones pour défendre nos droits et nos terres ren­contrent de plus en plus une limite signi­fi­ca­tive et, à mon avis, pro­blé­ma­tique. Cette res­tric­tion implique, d’une part, le type de tac­tiques pré­sen­tées comme étant mora­le­ment légi­times pour défendre notre ter­ri­toire et nos droits en tant que peuples autoch­tones et, d’autre part, celles per­çues comme mora­le­ment illé­gi­times en raison de leur carac­tère per­tur­ba­teur et extra­lé­gal.

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Entrevue avec Alexa Conradi
Un engagement féministe qui s’approfondit dans les luttes

NCS Alexa, de quelle ori­gine es-tu ?

A.C. Mon père qui est nor­vé­gien d’origine a vécu aux États-Unis, en Norvège et en Suisse avant d’immigrer à Montréal avec ses parents, ses frères et sa sœur dans les années 1950, années où les immi­grants s’intégraient au milieu anglo­phone (la famille par­lait le nor­vé­gien, le suisse-alle­mand et l’anglais). Ma mère est une Anglo-cana­dienne ayant grandi à Montréal en anglais. Je suis née en Angleterre en 1971, alors que mon père y tra­vaillait dans le domaine finan­cier. Nous y avons habité deux fois, soit de 1971 à 1975 et entre 1981 et 1985. À part un séjour de deux ans à Toronto, j’ai grandi à Montréal où j’ai fré­quenté une école d’immersion fran­çaise. En 1990, ma famille a démé­nagé à Calgary à cause du tra­vail de mon père, mais moi, je suis restée à Montréal. Mes parents accor­daient beau­coup d’importance à l’engagement envers sa com­mu­nauté et à l’éducation ; ils nous ont aussi incul­qué le sens de l’effort, de la dis­ci­pline et du dépas­se­ment de soi.

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Contrer les violences sexuelles à l’université : un maillage de résistance

Les com­mu­nau­tés uni­ver­si­taires qué­bé­coises font actuel­le­ment face à la mise au jour de la pré­va­lence, en leur sein, de situa­tions de vio­lences sexuelles. Les résul­tats de l’enquête ESSIMU (Enquête Sécurité, sexua­lité et inter­ac­tions en milieu uni­ver­si­taire) montrent que le phé­no­mène n’est ni rare ni nou­veau : une per­sonne sur trois ayant par­ti­cipé à l’étude rap­porte avoir vécu une forme ou l’autre de vio­lence sexuelle dans le cadre de ses études ou de son tra­vail depuis son arri­vée à l’université(2). Face à l’institutionnalisation crois­sante de ce pro­blème désor­mais ins­crit à l’ordre du jour poli­tique, pro­ces­sus dont on peut légi­ti­me­ment craindre qu’il obli­tère tout ancrage militant(3), il m’apparait impor­tant de sou­li­gner une chose ou deux que révèle l’examen des mobi­li­sa­tions fémi­nistes contre les vio­lences sexuelles en milieu uni­ver­si­taire. En guise de « bilan de luttes » et de mon point de vue – lar­ge­ment situé à l’UQAM – de mili­tante fémi­niste et de cher­cheure dans l’équipe ESSIMU, je pro­pose donc de faire un bref retour socio­his­to­rique sur ces mobi­li­sa­tions, afin d’exposer le maillage de résis­tance fémi­niste qui a rendu pos­sible la mise sur pied de notre équipe de recherche(4) et contri­bué de manière déci­sive aux avan­cées en matière de lutte contre la culture du viol en milieu uni­ver­si­taire. Cet angle d’approche m’amène à éclai­rer le rôle des ins­ti­tu­tions dans la (re)production de ce que l’on qua­li­fie désor­mais de culture du viol dans les éta­blis­se­ments d’enseignement supé­rieur.

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Nationalisme et souveraineté dans les luttes autochtones contemporaines
lundi 30 octobre 2017
No. 18 - Hiver 2017

Dalie Giroux[1]

Au Canada, les termes Indiens et pre­mières nations, tout comme sau­vages, autoch­tones et indi­gènes, sont des dési­gna­tions poli­tiques à usage variable, dont les emplois se créent et se règlent au sein de la rela­tion colo­niale entre l’État et les peuples autoch­tones. Il est alors ques­tion d’assignation, d’appropriation, de contes­ta­tion, de recon­nais­sance, de négo­cia­tion, d’affirmation. Comme le lexique des rap­ports colo­niaux est symp­to­ma­tique de ces rela­tions elles-mêmes, il faut relire son uti­li­sa­tion chez les peuples autoch­tones à partir de cette situa­tion his­to­rique poli­ti­que­ment équi­voque.

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Idle No More : un mouvement non-mouvement
Entrevue avec Melissa Mollen Dupuis
mardi 24 octobre 2017
No. 18 - Hiver 2017

Melissa Mollen Dupuis est Innue, ori­gi­naire d’Ekuanitshit sur la Côte-Nord. Depuis main­te­nant plus de 10 ans, elle est impli­quée dans de mul­tiples ini­tia­tives com­mu­nau­taires et cultu­relles, dont le fameux Wapikoni Mobile, au point où son nom et son visage sont main­te­nant connus par des tas de gens. Avec Idle No More où Melissa est impli­quée, c’est un tour­nant pour les résis­tances et les reven­di­ca­tions autoch­tones. Comment cela s’est-il mis en place ? Quels ont été les résul­tats ? Quelles sont les pers­pec­tives ?

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La bataille des sables bitumineux
Comment vaincre
vendredi 20 octobre 2017
No. 18 - Hiver 2017

En 2006, je suis arrivé à Fort McMurray, en plein cœur du pays des sables bitu­mi­neux. Dans cette ville faite pour 35 000 per­sonnes vivaient déjà 75 000 habi­tants, prin­ci­pa­le­ment des hommes âgés de 18 à 60 ans, tra­vaillant presque tous dans l’industrie pétro­lière. Le long de l’autoroute 63, nous avons longé les immenses étangs pleins de déchets pétro­liers. Recevant des rési­dus toxiques 24 heures par jour, ils sont tel­le­ment vastes qu’on pour­rait les aper­ce­voir de l’espace. Nous avons plus tard sur­volé cet incroyable pay­sage de terres dévas­tées, de puits de pétrole et de machi­ne­rie indus­trielle qui détruisent les ter­ri­toires cris et dénés. Partout, l’odeur âcre du bitume nous enva­his­sait, rap­pe­lant aux popu­la­tions locales dans quel enfer elles vivaient.

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Les minières canadiennes contre les peuples autochtones au Mexique
mardi 10 octobre 2017
No. 18 - Hiver 2017

Pierre Beaucage[1]

Depuis plu­sieurs années, les res­sources minières que recèlent les ter­ri­toires autoch­tones de plu­sieurs pays d’Amérique latine sus­citent la convoi­tise de puis­sants inté­rêts. Les peuples amé­rin­diens ont dû adap­ter leurs stra­té­gies de défense à ce nou­veau contexte. Au Mexique, la Sierra Nororiental de Puebla, une zone mon­ta­gneuse située à envi­ron trois cents kilo­mètres au nord-est de la capi­tale, ne fait pas excep­tion. Cette région est habi­tée par envi­ron 600 000 Autochtones, majo­ri­tai­re­ment des Nahuas et des Totonaques. En 1992, pour plaire à ses par­te­naires de l’ALÉNA, le gou­ver­ne­ment mexi­cain a adopté une nou­velle légis­la­tion minière.

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La souveraineté du Québec et les peuples autochtones
mardi 3 octobre 2017
No. 18 - Hiver 2017

Pierre Trudel[1]

Premier ministre d’un gou­ver­ne­ment qui allait mettre tenir un réfé­ren­dum sur l’indépendance du Québec, René Lévesque orga­nisa en 1978 une ren­contre de plus de 100 chefs des Premières Nations avec des membres impor­tants de son conseil des ministres[2]. Ce texte vise à pré­sen­ter l’évolution de la poli­tique du Parti qué­bé­cois (PQ) sur la ques­tion du droit des peuples autoch­tones depuis les dis­cus­sions tenues en 1978 jusqu’à la poli­tique du nou­veau chef, Jean-François Lisée. Celui-ci, dans un livre publié en 2015, explique ce que devrait être la poli­tique de son parti dans l’éventualité d’un pro­chain réfé­ren­dum[3].

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