Thème

No. 18 – Automne 2017

 
Résistances
Neechi Commons de Winnipeg, un lieu inspirant
mardi 23 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

Le Manitoba et la Saskatchewan comptent le plus grand nombre d’Autochtones au pays, ils y forment 15 % de la popu­la­tion. À Winnipeg seule­ment, on en trouve 68 380, dont la moitié a moins de 25 ans[1].

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Résistance
La lutte de Standing Rock
lundi 22 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

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La réserve indienne de Standing Rock, située dans le Dakota du Nord (États-Unis), est peu­plée par envi­ron 9 000 per­sonnes fai­sant partie de la grande nation sioux, notam­ment les com­mu­nau­tés Hunkpapa Lakota, Sihasapa Lakota et Yanktonai Dakota. Dans les années 1860-1890, les Sioux ont été agres­sés par l’armée amé­ri­caine et cela a duré jusqu’au mas­sacre de Wounded Knee, le 29 décembre 1890, où 300 hommes, femmes et enfants ont été assas­si­nés[1].

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Les Innus contre Iron Ore
dimanche 21 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

En mars 2013, les Innus de Uashat mak Mani-Utenam et de Matimekush-Lac John intentent une pour­suite récla­mant une injonc­tion per­ma­nente contre la com­pa­gnie minière Iron Ore Company of Canada (IOC)[2] ainsi que 900 mil­lions de dol­lars en dom­mages-inté­rêts. En deman­dant à la Cour la recon­nais­sance de torts subis et des dom­mages-inté­rêts par suite de l’exploitation par une com­pa­gnie privée d’un ter­ri­toire dont la pos­ses­sion du titre ances­tral n’a pas encore été éta­blie, les Innus demandent davan­tage que des com­pen­sa­tions, ils reven­diquent la recon­nais­sance de leur titre sur la partie du Nitassinan tou­chée par les acti­vi­tés d’IOC. Ainsi, en éva­luant si les Innus ont subi les dom­mages qu’ils invoquent, la Cour tran­chera sur les droits ances­traux innus et sur la pos­ses­sion allé­guée du titre ances­tral[3]. Dans un avis signi­fié au Procureur géné­ral du Canada, du Québec et de Terre-Neuve-Labrador, les Innus expriment qu’ils entendent, par leur recours, deman­der « l’autorité entière et […] la juri­dic­tion sur le Nitassinan cen­tral »[4].

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Second regard sur l’histoire des Autochtones
samedi 20 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

La Commission royale sur les peuples autoch­tones mise en place après la crise d’Oka dans les années 1990 a tenté de réécrire l’histoire pour chan­ger les rap­ports entre les peuples autoch­tones et le Canada. Ce nou­veau récit était bien inten­tionné, dans une optique en rup­ture avec le colo­nia­lisme. Endossé par des com­mis­saires à majo­rité autoch­tone, le rap­port pré­ten­dait s’inspirer du passé, notam­ment de l’époque des trai­tés d’alliance et de paix. Des lea­ders poli­tiques autoch­tones contem­po­rains sou­tiennent aussi qu’on devrait retour­ner à l’esprit qui avait ins­piré les rela­tions entre les Autochtones et les nou­veaux venus euro­péens, notam­ment à l’époque de la Grande Paix de Montréal (1701). En effet, une qua­ran­taine de nations s’étaient enten­dues avec le gou­ver­neur de Montréal, Louis-Hector de Callière, sur un projet d’alliance. L’administration fran­çaise deve­nait le lieu de la média­tion en cas de conflit entre les nations signa­taires le long de la vallée du Saint-Laurent (l’influence de la France dans les vastes ter­ri­toires dépas­sant la vallée étant très limi­tée).

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Sur la barricade à Oka/​Kanehsatake
vendredi 19 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

Membre de la nation mohawk de Kanehsatake, Clifton Nicholas est réa­li­sa­teur de films docu­men­taires, dont No Fracking Way (2013) et The Iron Snake (2014). Il est éga­le­ment mili­tant avec le Réseau envi­ron­ne­men­tal autoch­tone. Lors de la confron­ta­tion de l’été 1990, Clifton était un jeune mili­tant de sa com­mu­nauté. Pour faire échec à un projet de déve­lop­pe­ment sur des terres reven­di­quées par les Mohawks et pour s’opposer à la vio­lence poli­cière, il a donc été sur les bar­ri­cades et vécu de l’intérieur cette longue crise de 78 jours. L’entrevue avec Clifton Nicholas a été réa­li­sée par Pierre Trudel à Kanehsatake en avril der­nier. Le texte qui suit résulte d’un dia­logue ; des par­ties de l’entrevue ont été regrou­pées, d’autres ont été résu­mées ou ne se retrouvent pas dans le texte.

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Les Algonquins de Lac-Barrière : une communauté de résistance
mardi 16 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

À l’automne 2016, les Algonquins de Lac-Barrière appre­naient que le gou­ver­ne­ment du Québec vou­lait octroyer des permis à la com­pa­gnie minière Copper One pour ouvrir des che­mins miniers et entre­prendre des forages en plein cœur de leur ter­ri­toire tra­di­tion­nel. Cette com­mu­nauté s’est tou­jours oppo­sée à ce projet et, en 2017, une cam­pagne de mobi­li­sa­tion s’organise : confé­rences de presse des chefs algon­quins à Val-d’Or, péti­tion, com­mu­ni­qués, ren­contre d’information publique à Montréal. Les Algonquins de Lac-Barrière, au centre de cette mobi­li­sa­tion, ont une grande expé­rience de résis­tance et ils sont bien orga­ni­sés.

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Le Québec n’est pas raciste, mais…
Conflictualités réelles et imaginaires sur la Côte-Nord
lundi 15 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

Le Québec n’est pas raciste, mais au port de Sept-Îles, alors que les caisses de crabe sortent des cales des navires, les avis sont tran­chés sur l’accès des Innus à la pêche com­mer­ciale : « ce sont des fai­néants. Les Européens qui arrivent ont une vision folk­lo­riste, ils ne veulent pas dire du mal d’eux. Ils accu­mulent les vices. Les hommes et les femmes… on ne voit plus la dif­fé­rence. Ils passent leur temps à bouf­fer, et le soir, ils regardent de la porno en buvant de la bière. À Natashquan, ils sont plus racistes que nous[2] ». La radi­ca­lité de ce dis­cours n’est pas, bien entendu, chose com­mune au Québec. Mais, il n’en reste pas moins qu’il existe un racisme cultu­rel, sou­vent sys­té­mique, comme en témoignent les inéga­li­tés entre les Autochtones et le reste des citoyens du Canada. Il prend aussi des formes sym­bo­liques lorsqu’il s’agit des repré­sen­ta­tions qui sous-tendent les poli­tiques de recon­nais­sance des droits et de l’identité autoch­tones. 

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Québec solidaire et les Autochtones
dimanche 14 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

Québec soli­daire (QS) se défi­nit comme un parti indé­pen­dan­tiste, éco­lo­giste, alter­mon­dia­liste, fémi­niste et de gauche. Dans ce cadre, la poli­tique autoch­tone de QS tra­verse tous ces champs idéo­lo­giques. Intéressant à sou­li­gner, la ques­tion autoch­tone fut abor­dée en même temps que celle de la sou­ve­rai­neté, dès le départ de la démarche de construc­tion col­lec­tive du pro­gramme, au pre­mier congrès en 2009. Lors de ce congrès, l’enjeu sur la sou­ve­rai­neté fut beau­coup débattu. Les quelque 450 membres pré­sents ado­ptèrent les axes d’action prio­ri­taires mis sur la table par un groupe de tra­vail coor­donné par la com­mis­sion thé­ma­tique des droits autoch­tones et la com­mis­sion poli­tique du parti. Ce fut un moment col­lec­tif intense, suivi d’une allo­cu­tion de remer­cie­ment, en innu et en fran­çais, de Ghislain Picard, chef régio­nal de l’Assemblée des Premières Nations pour le Québec et le Labrador (APNQL), lequel fut chau­de­ment applaudi.

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Résilience, résistances et solidarités 
dimanche 14 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

La déco­lo­ni­sa­tion est for­cé­ment déran­geante, sur­tout à tra­vers les lignes de soli­da­rité.

Eve Tuck et K. Wayne Yang[2]

Selon Eve Tuck (Unangax) et K. Wayne Yang[3], la soli­da­rité avec les mou­ve­ments de déco­lo­ni­sa­tion menés par et pour les peuples autoch­tones n’a rien d’évident. Les rela­tions entre les mou­ve­ments socia­listes, majo­ri­tai­re­ment non autoch­tones, et les mou­ve­ments de libé­ra­tion autoch­tones ne sont pas exemptes de contra­dic­tions et de ten­sions, dues au contexte d’inégalité radi­cale qui les dis­tingue. Un débat, voire une recherche, se révèle donc néces­saire, afin d’établir de véri­tables liens entre les deux. C’est de cette exi­gence que le texte sui­vant trai­tera.

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Y a-t-il des communautés métisses au Québec ?
Une perspective juridique
mercredi 10 janvier 2018
No. 18 - Automne 2017

Au Québec, on connaît l’existence des Métis dans l’Ouest cana­dien sur­tout à cause de la pen­dai­son de Louis Riel le 16 novembre 1885. Pendant long­temps, les manuels d’histoire du Canada firent dis­pa­raître les Métis après leur révolte de mars 1885. Pourtant, les Métis n’ont jamais cessé de lutter pour leurs droits. Ils ont, par exemple, formé en 1928 l’Association des Métis d’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest et ont réussi à pous­ser le gou­ver­ne­ment de l’Alberta à mettre sur pied la Commission Ewing (1934-1936), ce qui a mené à l’adoption de la Half-Breed Population Betterment Act en 1938. Cette loi a « réservé » des terres pour les Métis dont il était jus­te­ment ques­tion dans l’arrêt Alberta (Affaires autoch­tones et déve­lop­pe­ment du Nord) c. Cunningham (2011). Les Métis, les Indiens ins­crits et non ins­crits (en vertu de la Loi sur les Indiens) ont fondé ensemble le National Indian Council en 1961. Cependant, les trois groupes n’avaient pas les mêmes prio­ri­tés et, en 1967, les Indiens ins­crits for­mèrent la National Indian Brotherhood, qui devien­dra en 1982 l’Assemblée des Premières Nations, tandis que les Métis et les Indiens non ins­crits fon­dèrent ensemble le Congrès autoch­tone du Canada en 1971, qui lui-même se scin­dera en deux groupes en 1983 : le Ralliement natio­nal des Métis et le Congrès des Peuples autoch­tones. Harry Daniels, en tant que pré­sident du Congrès autoch­tone du Canada, jouera un rôle clé dans l’inclusion des Métis à l’article 35 de la Loi consti­tu­tion­nelle de 1982, qui « recon­naît et confirme » les « droits exis­tants – ances­traux ou issus de trai­tés – des peuples autoch­tones du Canada ».

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