Thème

Médias / Propagande

Numéro 11, février 2014
Médias, journalisme et société
En librairie dès le 20 février 2014

Couverture NCS no. 11


Médias, journalisme et société

Introduction au dossier

Benoit Gaulin, Caroline Joly et Éric Martin

La publi­ca­tion, en une des jour­naux de Québecor et de Gesca, de son­da­ges bidons délé­gi­ti­mant la contes­ta­tion étu­diante, les propos de jour­na­lis­tes repre­nant en ondes ou sur papier la nov­lan­gue poli­ti­cienne du « boy­cott » et du « droit de l’étudiant de suivre ses cours », la mise en page de gros titres tapa­geurs asso­ciant la « vio­lence » aux por­teu­rEs d’un carré rouge, les posi­tions des édi­to­ria­lis­tes, des chro­ni­queurs et des chro­ni­queu­ses défen­dant l’indéfendable loi 12, bref, la cou­ver­ture des médias tra­di­tion­nels du désor­mais célè­bre prin­temps érable 2012 a pour le moins amené de l’eau au moulin de celles et ceux qui, de plus en plus nom­breux, et ce, depuis plu­sieurs années, n’ont de cesse de dénon­cer la concen­tra­tion de la presse, la montée de l’information spec­ta­cle, la per­son­na­li­sa­tion des débats publics, etc. Pour plu­sieurs, le matra­quage idéo­lo­gi­que d’une presse (à l’exception du Devoir) lar­ge­ment inféo­dée aux élites éco­no­mi­ques et poli­ti­ques a été par­ti­cu­liè­re­ment visi­ble durant le conflit étu­diant et consti­tue l’un des dis­po­si­tifs mul­ti­ples tra­vaillant les sub­jec­ti­vi­tés et la conduite des sujets à l’ère de la « bonne gou­ver­nance néo­li­bé­rale ».

Par
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100 intellectuels contre le projet de charte
Nos valeurs excluent l’exclusion
La charte des valeurs "québécoises"

Nous sommes contre tout projet de charte des valeurs québécoises. Nous avons en partage des valeurs comme l’égalité entre hommes et femmes et la laïcité de l’État et des institutions publiques. Nous ne pensons pas que ces valeurs appartiennent en propre ni au Québec ni à l’Occident. Nous croyons que ces valeurs ne doivent pas être séparées de ces autres valeurs : le souci de justice, le désir d’émancipation, le refus du racisme, des stigmatisations et de toutes les formes de domination et d’inégalité quelles qu’elles soient. 

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Reprendre nos esprits

mettre le déses­poir en joue
bra­quer sur l’immonde
le barillet de sa beauté
rester en elle
ne recu­ler devant rien
tout réap­pren­dre du manie­ment des larmes
- Fernand Durepos

Nous assis­tons dans le Québec à ce que l’américain Christopher Lasch appe­lait « La révolte des élites » ; celles-ci ont entamé une guerre de dépos­ses­sion sans merci contre le peuple et la chose com­mune, la res publica. « Il fut un temps, disait Lasch, où ce qui était sup­posé mena­cer l’ordre social et les tra­di­tions civi­li­sa­tri­ces de la culture occi­den­tale, c’était la Révolte des masses. De nos jours, cepen­dant, il semble bien que la prin­ci­pale menace pro­vienne non des masses, mais bien de ceux qui sont au sommet de la hié­rar­chie ». Ainsi en va-t-il chez nous, où la classe domi­nante a décidé de détruire les valeurs de la Révolution tran­quille, les ser­vi­ces publics, et de passer à tabac ceux qui pré­ten­dent contes­ter, allant jusqu’à sus­pen­dre des liber­tés civi­les fon­da­men­ta­les avec la loi 78. 

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Un « Empire colossal » dans la construction – Et que dire du pouvoir médiatique de Québecor et Power au Québec ?
samedi 21 juillet 2012
Médias / Propagande, Québec / Canada

Un « Empire colossal » dans la construction - Et que dire du pouvoir médiatique de Québecor et Power au Québec ?Bien que je condamne comme tout le monde, ou pres­que, la « col­lu­sion ten­ta­cu­laire » de quel­ques entre­pre­neurs sur l’industrie de la construc­tion au Québec, et à ce sujet, je sou­haite ardem­ment que le tra­vail de la Commission Charbonneau abou­tira au déman­tè­le­ment de ce sys­tème. Il n’en demeure pas moins que la cou­ver­ture média­ti­que des der­niers jours me laisse plutôt son­geur.

En effet, il m’apparaît plutôt para­doxal de voir les médias de Power Corporation et de Québecor mul­ti­plier les man­chet­tes pour dénon­cer cet « empire colos­sal », dia­gram­mes à l’appui, ainsi que le contrôle et l’influence déme­su­rés exer­cés par seule­ment 7 entre­pre­neurs cachés der­rière 147 socié­tés diver­ses. Une cou­ver­ture média­ti­que pour le moins « sur­réa­liste » quand on y pense quel­ques ins­tants.

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Le manifeste qui fait grincer des dents

Il fal­lait bien sûr s’attendre à ce que le mani­feste de LA CLASSE fasse jaser. Bien qu’à mille lieues du brûlot, le simple fait d’appeler ça un « mani­feste » semble ravi­ver chez plu­sieurs des sou­ve­nirs… explo­sifs ? Personne n’a encore évoqué la FLQ, à ce que je sache, mais des images de bombes doi­vent bien trot­ter dans la tête de cer­tains. Hier, on appre­nait que la police de Montéal a trans­féré le dos­sier étu­diant au dépar­te­ment (tenez-vous bien) du crime orga­nisé.

LA CLASSE et le crime orga­nisé, même combat ? C’est fort en ket­chup, comme d’ailleurs cer­tains com­men­tai­res qui ne sont pas passés inaper­çus depuis la publi­ca­tion du mani­feste. Je retiens les deux plus savou­reux : celui de Normand Lester, qui voit du fas­cisme dans les propos étu­diants, et de Louis Fournier qui, lui, parle d’anarchisme. Pour l’un, c’est l’extrême droite qui sévit, pour l’autre, l’extrême gauche. Tout un saut, là aussi.

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Les médias au service de l’ordre dominant : cinq choses que nous avons à leur dire

La pré­sente lutte pour une acces­si­bi­lité éga­li­taire à l’éducation met au grand jour les moyens, les forces et les alliés dont dis­pose l’élite socio-éco­no­mi­que qui tire profit de toutes les inéga­li­tés. Ce sont certes les éluEs inflexi­bles et retors qui cher­chent à nous faire pren­dre les ves­sies de leurs déci­sions anti-socia­les pour les lan­ter­nes de la néces­sité éco­no­mi­que. Ce sont aussi les agents de la répres­sion et de l’intimidation, police et anti-émeute, qui défen­draient volon­tiers un sys­tème auto­ri­ta­riste fondé sur le prin­cipe de l’ordre pour l’ordre plutôt que sur un prin­cipe de jus­tice sociale. À ces deux pro­ta­go­nis­tes, tou­jours visi­bles et sous les feux de la rampe, il faut ajou­ter ces autres, plus dis­crets mais tout aussi influents :

  1. les rec­teurs, prin­ci­paux et autres diri­geants des éta­blis­se­ments sco­lai­res qui ont exigé la hausse des frais de sco­la­rité ;
  2. les juges qui ont ordonné des injonc­tions ;
  3. enfin, les pré­ten­dus experts concen­trés dans les think tanks néo­li­bé­raux, comme l’Institut éco­no­mi­que de Montréal pour qui la hausse prévue est encore trop modeste.
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Penser la solidarité

En réponse à André Carpentier, « Soyez soli­dai­res » (La Presse, samedi 19 mai 2012).

Cher doc­teur,

Je viens de lire votre appel à la soli­da­rité, dans lequel vous invi­tez « les bien-pen­sants de notre société, carrés de toutes les cou­leurs » à délais­ser un « débat acces­soire » pour « aider les vul­né­ra­bles de la société ». Je ne doute pas un ins­tant de votre com­pé­tence de méde­cin et de cher­cheur consi­déré comme « une som­mité inter­na­tio­nale ». Je ne doute pas non plus de votre dévoue­ment puis­que vous dites tra­vailler « de 60 à 100 heures par semaine », ce qui ne vous laisse pas beau­coup de temps pour penser, pour par­ti­ci­per à un débat acces­soire. Vous avez néan­moins trouvé le temps d’expliquer à votre fille de 12 ans le devoir de soli­da­rité. Je vous remer­cie de l’avoir fait et vous féli­cite aussi d’être « au sommet de [votre] science et de [votre] art ». Je sou­haite de tout cœur que le Québec social-démo­crate, dont vous vous récla­mez, conti­nue de pro­duire des êtres aussi excep­tion­nels que vous. Et c’est pour­quoi je fais partie de ces bien-pen­sants (au carré rouge) qui, selon vous, brû­lent « nos trop mai­gres res­sour­ces col­lec­ti­ves pour un débat acces­soire ».

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Mensonges. Avec Victor Serge

En ces temps de trom­pe­rie uni­ver­selle, dire la vérité devient un acte révo­lu­tion­naire. – George Orwell

Je veux vous parler de Victor Serge. Ou plutôt, le lais­ser nous parler d’un temps qui n’est plus le nôtre pour mieux com­pren­dre l’époque que nous vivons. Victor Serge est d’abord un révo­lu­tion­naire pro­fes­sion­nel. Fils d’immigré russe, il passe son enfance en Belgique puis s’installe à Paris. Il y sou­tient la bande à Bonnot, ce qui lui vaudra des années d’emprisonnement. Dès sa sortie de prison, Victor de son vrai nom Kibalchiche rejoint la Russie sovié­ti­que : sans renon­cer plei­ne­ment à l’anarchie il tra­vaille à Moscou puis ailleurs en Europe (Barcelone, Vienne) à éten­dre la révo­lu­tion socia­liste qui s’opère. Il devient le témoin par­ti­ci­pant de quan­tité de ten­ta­ti­ves insur­rec­tion­nel­les avor­tées ou répri­mées. Assimilé à l’opposition de gauche, Serge subit ensuite le sort de toutes les mino­ri­tés bol­ché­vi­ques après la mort de Lénine et la prise de pou­voir défi­ni­tive par Staline. Il est envoyé au Goulag et n’en sort qu’en 1936, mira­cu­leu­se­ment : il aura fallu l’intervention d’intellectuels de pre­mier plan, parmi les­quels André Gide, pour le sauver. 

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L’« état de droit » ?

Les élites, les bien-pen­sants et leurs roquets de ser­vice dans les médias-pou­bel­les de Quebecor nous rabat­tent les oreilles avec la défense de ce qu’ils appel­lent l’ « état de droit ». Autrement dit, « la loi, c’est la loi ». Lucien Bouchard le dit plus cru­ment, « il faut réta­blir l’ordre ».

Notre ami François Cyr qui aimait les sub­ti­li­tés de la chose juri­di­que nous rap­pe­lait tou­jours que les lois ne sont pas une reli­gion, qu’elles décou­lent d’une vision poli­ti­que, et qu’elles struc­tu­rent les rap­ports de force au profit de ceux qui sont au-dessus des autres. Des lois peu­vent être justes ou injus­tes, légi­ti­mes ou illé­gi­ti­mes, elles ne doi­vent jamais être prises comme si elles venaient d’une vérité incar­née ou du ciel.

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Forum mondial des médias libres : du droit à la communication

Des médias se réuni­ront à Rio pour pro­mou­voir la com­mu­ni­ca­tion libre. Il s’agit du 2e Forum mon­dial des médias libres, prévu paral­lè­le­ment au Sommet des peu­ples Rio+20. Le Forum Mondial des Médias Libres. Ce sera l’occasion de lancer des débats sur le droit à la com­mu­ni­ca­tion dans dif­fé­rents contex­tes.

Plusieurs cen­tai­nes de repré­sen­tants des médias libres se pré­pa­rent actuel­le­ment pour se rendre à Rio de Janeiro en juin 2012, dans le but de par­ti­ci­per au Sommet des Peuples Rio+20 orga­nisé paral­lè­le­ment à la Conférence de l’ONU sur le déve­lop­pe­ment dura­ble. Ces médias contri­bue­ront à dif­fu­ser la voix des peu­ples réunis autour de ce Sommet pour avan­cer sur les ques­tions de jus­tice sociale et envi­ron­ne­men­tale et offrir d’autres pers­pec­ti­ves à celles pro­po­sées par l’expansion capi­ta­liste et la mer­can­ti­li­sa­tion des res­sour­ces natu­rel­les et de la vie.

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