Thème

Gauche / Mouvements sociaux

Le scrutin proportionnel
Le PQ n’a plus la moindre crédibilité
mercredi 2 mars 2016
Gauche / Mouvements sociaux

Au conseil natio­nal du Parti qué­bé­cois, tenu ces jours der­niers pour lancer la machine élec­to­rale en vue du scru­tin de 2018, son chef Pierre Karl Péladeau a fait de timides appels de phare à Québec soli­daire pour qu’il adhère à la conver­gence sou­ve­rai­niste. Il a alors entrou­vert la porte à la réforme du mode de scru­tin majo­ri­taire actuel pour y inclure une com­po­sante pro­por­tion­nelle en invi­tant les délé­gué-es à exa­mi­ner la ques­tion. Mais M. Péladeau n’est pas allé jusqu’à se pro­non­cer lui même en faveur de cette réforme comme l’a pré­cisé par la suite la dépu­tée Véronique Hivon qui est res­pon­sable du dos­sier de la conver­gence au PQ. Le passé étant garant de l’avenir, un petit rappel his­to­rique s’impose pour pou­voir éva­luer la cré­di­bi­lité du PQ en cette matière.

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10e anniversaire de Québec Solidaire
Une marginalité à dépasser
Analyse
mardi 1 mars 2016
Gauche / Mouvements sociaux

Québec Solidaire fête son dixième anniversaire cette année. Par rapport aux ambitions exprimées lors de sa fondation et face à l’évolution du paysage politique québécois, quel jugement doit-on porter au sujet du chemin parcouru par les solidaires ? Le parti se trouve-t-il réellement « à la croisée des chemins » comme le laissent entendre certain-e-s ?

QS_ManifEn réa­lité, ce que l’on appelle la « fon­da­tion » de Québec soli­daire n’est que la der­nière fusion, en date d’aujourd’hui, d’organisations poli­tiques de la gauche qué­bé­coise – mou­ve­ment de conver­gence amorcé dans les années 1990 avec la fon­da­tion du RAP (Rassemblement pour une alter­na­tive pro­gres­siste). Ce mou­ve­ment a su arri­ver à matu­rité dans un contexte où le Parti qué­bé­cois a aban­donné, pour l’essentiel, son flanc gauche depuis Lucien Bouchard (d’autres diront depuis 1981), un « recen­tre­ment » confirmé par la vic­toire d’André Boisclair lors de la course à la chef­fe­rie de 2005. Un vide s’est créé à gauche qui a donc appelé à être comblé. Et l’on connaît la suite : élec­tion d’Amir Khadir en 2008, qui a été rejoint en 2012 par Françoise David, puis en 2014 par Manon Massé.

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Au suivant !
L’éducation est-elle une priorité pour le gouvernement québécois ?
samedi 27 février 2016
Gauche / Mouvements sociaux

education_policy_outlook_2015Pour Monsieur Couillard, l’éducation est une prio­rité, enten­dait-on lundi soir, 22 février, à RDI. Avec quatre ministres en moins de quatre ans, on pour­rait en douter. Le der­nier en liste, un avocat, n’est pas issu du milieu de l’éducation, cumule deux minis­tères bien qu’il ne soit pas un ministre sénior et, fait remar­quable, est un homme dans un domaine où les femmes sont lar­ge­ment majo­ri­taires. Ah, oui, il ne faut pas l’oublier, il est le père de jeunes enfants… À la défense de l’actuel pre­mier ministre, on peut dire que ce minis­tère est le lieu par excel­lence de la chaise musi­cale : 29 ministres depuis 1964 (en 52 ans), soit envi­ron un tous les six mois et neuf au cours des dix der­nières années. Révélateur !

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Réponse à l’article « Une femme nue pour dessert. Tripes & Caviar offre son ‘‘John Mike Pollock’’ sur corps féminin » 1
Le John Mike Pollock : art ou récupération marchande ?
mercredi 17 février 2016
Gauche / Mouvements sociaux

Marc_Desgrandchamps« L’histoire ne ces­sera de se répé­ter, les vain­queurs conti­nue­ront de mar­cher sur les cadavres des morts, mais dans ce cor­tège immé­mo­rial, l’artiste fait parler la vic­time et lui rend sa dignité. »2 L’art peut rendre la parole. Peut inté­grer le récit de l’altérité. Peut occu­per l’imaginaire en pro­po­sant une sorte de répa­ra­tion. L’art peut évi­dem­ment se dis­so­cier de ce désir de jus­tice. Depuis le 18e siècle, l’art ne répond plus ni aux mécènes ni à l’Église. L’art est libre. Il peut même se dis­so­cier de la beauté. Il est sorti du cadre (out­side the box comme nous le rap­pe­lait une réfé­rence à Jackson Pollock dans l’article Une femme nue pour des­sert3 ) pour exis­ter en ses propres lois, fonc­tion­ner selon les ter­ri­toires qu’il crée.

Art ou diver­tis­se­ment ?

Bernard Émond avan­çait dans une leçon de scé­na­ri­sa­tion : « Dis-moi ce que tu visionnes et je te dirai qui tu es »4 en par­lant des films, block­bus­ters et autres genres. Pour répondre à l’idée de l’art dans l’univers fil­mique, Émond pro­po­sait deux étapes : rup­ture avec soi et ren­contre avec autrui. S’il n’y a pas cette rup­ture, s’il n’y a qu’expression de soi (ce qui est à peu près sans inté­rêt), si les pro­ta­go­nistes ne repré­sentent qu’une enflure de soi, un dis­po­si­tif du même, nous sommes en pré­sence d’insigni­fiances où le diver­tis­se­ment dame le pion à l’art. Un diver­tis­se­ment qui, para­doxa­le­ment, loin de nous évader de nous-mêmes, nous y confine, nous y condamne.

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Un extrait du livre de Matthieu Renault
« C. L. R. James. La vie révolutionnaire d’un « Platon noir » »
Théorie: La question nationale et le marxisme
jeudi 4 février 2016
Gauche / Mouvements sociaux

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Matthieu Renault, C. L. R. James. La vie révo­lu­tion­naire d’un « Platon noir »,

Paris, La Découverte, 2016, 232 p., 19,5€.

Avant-Propos

Pensée du mou­ve­ment, pensée en mou­ve­ment

« Le temps pas­se­rait, les anciens empires s’effondreraient et de nou­veaux pren­draient leur place, les rela­tions entre pays et entre classes se modi­fie­raient avant que je ne découvre que ce n’était pas la nature des biens ni leur uti­lité qui impor­tait, mais le mou­ve­ment, non pas où vous êtes et ce que vous avez, mais d’où vous venez, où vous vous rendez et à quel rythme vous y allez.1 »

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Trois jours sans eau, et c’est la mort !
mercredi 3 février 2016
Gauche / Mouvements sociaux

Drinking water is poured into a glassL’humain peut vivre plu­sieurs semaines sans manger, mais il ne peut pas vivre plus de trois jours sans eau. En matière de sécu­rité civile, une faille dans l’approvisionnement en eau potable d’une com­mu­nauté urbaine majeure est un enjeu jugé cri­tique. C’est une prio­rité abso­lue !

Imaginez main­te­nant qu’on doive fermer l’approvisionnement en eau de la grande région de Montréal pour une durée indé­ter­mi­née. Les auto­ri­tés savent que les réser­voirs gra­vi­ta­tion­nels de la ville de Montréal ne leur donnent que quelques jours, tout au plus. Les diri­geants n’ont qu’un cer­tain nombre d’heures pour orga­ni­ser un appro­vi­sion­ne­ment alter­na­tif en eau potable pour des mil­lions de per­sonnes. C’est la pagaille, on doit éviter que les gens se ruent et vident les com­merces de leurs cru­chons d’eau. Le grand Montréal est arrêté, plus rien ne fonc­tionne, même les pom­piers n’ont plus d’eau… Doit-on éva­cuer Montréal et ses ban­lieues ?

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Passions autour de la question des migrants
mardi 2 février 2016
Gauche / Mouvements sociaux

Dans un monde où n’importe quel sujet semble désor­mais sus­ci­ter de pro­fonds cli­vages à l’intérieur des pays et entre eux, celui des migrants s’impose assu­ré­ment comme celui qui ren­contre aujourd’hui l’écho le plus fort et le plus étendu. À l’heure actuelle, tous les regards sont foca­li­sés sur l’Europe où les débats sont viru­lents quant à la réponse que les pays qui la com­posent devraient appor­ter à l’afflux de réfu­giés, en par­ti­cu­lier syriens mais aussi ira­kiens et éry­thréens.

migrants

Le débat public en Europe s’est résumé, pour aller au fond des choses, à une dis­cus­sion entre, d’une part, par­ti­sans de la soli­da­rité et de la morale qui sou­haitent accueillir de nou­veaux migrants et, d’autre part, par­ti­sans de l’autodéfense et de la pro­tec­tion de l’identité cultu­relle qui sou­haitent fermer les portes pour jugu­ler l’afflux. L’Europe est actuel­le­ment sous les feux de la rampe mais des débats simi­laires ont cours depuis long­temps dans le monde entier, des États-Unis au Canada jusqu’à l’Afrique du Sud, l’Australie, l’Indonésie et le Japon.

Le fac­teur déclen­cheur qui a pré­ci­pité ce débat euro­péen est l’exode massif de Syriens dans un pays où la dégra­da­tion du conflit a créé une situa­tion dra­ma­tique pour un pour­cen­tage très élevé de la popu­la­tion qui se sent en danger. La Syrie est deve­nue un pays vers lequel il [est] devenu illé­gal, au regard du droit inter­na­tio­nal, de ren­voyer ses émi­grés. Le débat s’est donc déplacé vers la ques­tion de savoir quoi faire face à cette situa­tion.

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Guerre infinie
vendredi 29 janvier 2016
Gauche / Mouvements sociaux

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Figure cen­trale du mar­xisme contem­po­rain, Ellen Meiksins Wood est décé­dée le 14 jan­vier der­nier. Elle laisse une œuvre impor­tante dont une partie a récem­ment été tra­duite en fran­çais, notam­ment L’origine du capi­ta­lisme (2009), Des citoyens aux sei­gneurs (2013), L’empire du capi­tal (2013), et Liberté et pro­priété (2014), ouvrages tous publiés aux édi­tions Lux. Nous repu­blions ici un texte paru en 2002 dans le n° 3 de la revue Contretemps papier, et tra­duit par Daniel Bensaïd. Datant d’il y a presque quinze ans, il fait écho à l’actualité… Un autre texte d’Ellen Meiksins Wood, inti­tulé « Le mou­ve­ment ouvrier, les classes et l’ État dans le capi­ta­lisme global », vient éga­le­ment d’être tra­duit et publié dans le numéro 28 de Contretemps papier.

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Les négociations du Front
Les résultats étonnants d’une lutte qui ne veut pas mourir
jeudi 21 janvier 2016
Gauche / Mouvements sociaux

arton24834-abccbAprès de longs mois de pré­pa­ra­tion, des mobi­li­sa­tions dans tous les sec­teurs d’activités, dans toutes les régions et des négo­cia­tions ardues, une entente est inter­ve­nue au grand plai­sir des direc­tions syn­di­cales du Front commun satis­faites du résul­tat alors qu’une com­po­sante majeure de la CSN, la FSSS pro­pose à ses 110 000 membres de reje­ter cette entente. Pourquoi ce revi­re­ment inat­tendu ?

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Numéro 21, janvier 2016
Les nouvelles des NCS
vendredi 8 janvier 2016
Gauche / Mouvements sociaux

Les NCS en 2016

Le numéro 15 des NCS, qui paraî­tra pro­chai­ne­ment, mar­quera la 8e année de la revue. Le col­lec­tif, quant à lui, entre dans sa 10e année. Comparaison n’est pas raison, mais cela nous dit quelque chose de savoir que notre revue a « dépassé », au moins sur la lon­gé­vité, nos « ancêtres » tels les Cahiers du socia­lisme, Parti pris, Mobilisation… Outre l’effort et la qua­lité des auteurs-es et de ceux et celles qui font le tra­vail (dans l’ombre), il y aussi la réa­lité d’un mou­ve­ment social qui per­siste et signe au Québec. Depuis la Marche des femmes contre la pau­vreté et la vio­lence (Marche du pain et des roses, 1995), la dyna­mique popu­laire s’est ins­pi­rée des conver­gences éco­lo­gistes, étu­diantes, com­mu­nau­taires, fémi­nistes, alter­mon­dia­listes, syn­di­ca­listes. L’année 2015 n’a pas dérogé à cette « règle ». Aussi, les nom­breux exer­cices de bilans et pers­pec­tives que plu­sieurs mou­ve­ments popu­laires font en cette période font res­sor­tir de grands défis. Au-delà de l’esprit de résis­tance qui nous anime, le dis­po­si­tif du pou­voir reste puis­sant, pas­sant de la coer­ci­tion (répres­sion aigui­sée par toutes sortes de lois et règle­ments liber­ti­cides) à l’hégémonie (qui dis­tille dans nos consciences l’idéologie du tout-le-monde-contre-tout-le-monde).

Pour conti­nuer dans ce qui est un véri­table mara­thon, il ne faut pas avoir peur de sortir des sen­tiers battus et de se poser des ques­tions (par­fois embar­ras­santes). Dans tout cela, le devoir des « jeunes de cœur », comme on peut les appe­ler, est d’aider, modes­te­ment, les autres à prendre leur place. Ce n’est pas seule­ment pour être poli­ti­que­ment cor­rect. Notre « géné­ra­tion 1968 » est montée « au ciel », selon l’expression consa­crée. Elle a fait bas­cu­ler la révo­lu­tion pas-si-tran­quille vers des avan­cées impor­tantes. En même temps, elle s’est enli­sée dans les méandres d’un socia­lisme encore ancré dans le passé, en repro­dui­sant des sché­mas dog­ma­tiques et des pra­tiques auto­ri­taires. Aujourd’hui heu­reu­se­ment, le je-sais-tout-isme n’a plus la cote : les jeunes (de cœur) ne vont pas faire la même erreur. Quant aux jeunes d’âge, ils sont trop malins pour répé­ter les mêmes erreurs. Le grand défi des NCS est donc d’assurer que cette « ren­contre des géné­ra­tions », qui est une grande tran­si­tion, soit encore plus créa­tive et cou­ra­geuse.

Pierre Beaudet

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