Cancun : les bons élèves sont au Sud !

Par Mis en ligne le 28 novembre 2010
Rappel : selon le GIEC, pour ne pas trop dépas­ser 2°C de hausse de la tem­pé­ra­ture du globe d’ici 2100, les pays déve­lop­pés doivent réduire leurs émis­sions de 80 à 95% d’ici 2050 (par rap­port à 1990), tandis que les pays dits « en déve­lop­pe­ment » doivent prendre des mesures pour que leurs émis­sions dimi­nuent de 15 à 30% par rap­port aux pro­jec­tions « busi­ness as usual » (BAU). Comme ces pro­jec­tions sont basées sur des modèles cli­ma­tiques qui n’intègrent pas les phé­no­mènes non linéaires (par exemple, dés­in­té­gra­tion des calottes gla­ciaires), le prin­cipe de pré­cau­tion recom­mande de choi­sir les objec­tifs les plus dras­tiques.

Le soit disant « accord » conclu dans les cou­lisses de Copenhague à l’initiative des Etats-Unis, de la Chine, de l’Inde, de l’Afrique du Sud, et auquel l’Union Européenne et le Japon se sont ral­liés, sti­pu­lait que chaque pays com­mu­ni­que­rait son « plan climat » au secré­ta­riat de la Convention cadre des Nations unies sur le Climat (UNFCCC). La plu­part des pays se sont exé­cu­tés. Sur base des infor­ma­tions com­mu­ni­quées, on a estimé que la hausse de tem­pé­ra­ture d’ici 2100 avoi­si­ne­rait 4°C… Une catas­trophe !

Une autre infor­ma­tion inté­res­sante à tirer de ces plans est la ven­ti­la­tion des efforts entre pays capi­ta­listes déve­lop­pés et « en voie de déve­lop­pe­ment » : les pre­miers s’engagent glo­ba­le­ment à réduire leurs émis­sions de 15% envi­ron ; les seconds pré­voient que leurs émis­sions dévie­ront de 25% par rap­port aux pré­vi­sions BAU. En d’autres termes : le Sud réa­lise presque le maxi­mum de l’effort néces­saire, tandis que le Nord n’atteint même pas le mini­mum, alors que sa res­pon­sa­bi­lité his­to­rique dans le réchauf­fe­ment est écra­sante !

Le détail des enga­ge­ments de dif­fé­rents pays d’ici 2020 est éga­le­ment très ins­truc­tif. Les USA, res­pon­sables de 14,3% des émis­sions, ont com­mu­ni­qué un objec­tif de 17% de réduc­tion par rap­port à 2005 (alors que leurs émis­sions ont aug­menté de 30% depuis 1990 !). Il ne sera pas réa­lisé, le Sénat n’ayant pas adopté la loi sur le climat pro­po­sée par Barack Obama. Le Canada s’engage aussi pour 17%. L’Australie a com­mu­ni­qué un objec­tif vague, com­pris entre 5 et 25% de réduc­tion. L’UE, comme on le sait, s’engage pour 20%. Le seul pays déve­loppé à res­pec­ter –de jus­tesse- les chiffres du GIEC est le Japon, qui s’engage pour 25%.

L’image est bien dif­fé­rente du côté des pays du Sud. Chine : 40 à 45% de réduc­tion par l’amélioration de l’efficience éner­gé­tique. Brésil : 36 à 39%. Inde : 20 à 25%. Indonésie : 26%… Certes, il s’agit ici de réduc­tions rela­tives, tandis que les pays déve­lop­pés doivent réduire leurs émis­sions abso­lu­ment. N’empêche que le constat est là : les enga­ge­ments des pays dits « en déve­lop­pe­ment » sont en phase avec les mesures à prendre pour ne pas trop détra­quer le climat, ceux des pays déve­lop­pés ne le sont pas.


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