Thème

Cahiers du socialisme

Sous-thèmes

 
Le gouvernement canadien et la crise
La faillite d’un modèle de croissance inégalitaire

L’analyse des don­nées du der­nier recen­se­ment (2006) indique que les gains médians des tra­vailleurs cana­diens à temps plein ont fait du sur­place au cours des 25 der­nières années. Un rap­port du Centre d’étude des niveaux de vie (CSLS) montre que durant cette période (1980 à 2005) la pro­duc­ti­vité du tra­vail au Canada a crû de 37 %. Ainsi, contrai­re­ment aux pré­dic­tions des modèles éco­no­miques, l’augmentation de la pro­duc­ti­vité n’a pas entraîné une hausse pro­por­tion­nelle et auto­ma­tique des salaires réels. Le par­tage de la richesse s’est déplacé en faveur du capi­tal, au détri­ment du tra­vail. En 1981, la part du revenu après impôt déte­nue par les 20 % les plus riches était de 39,8 %.

Lire la suite...
Les migrations africaines clandestines

Les chiffres montrent depuis 2000 une nette aug­men­ta­tion des arres­ta­tions de migrants sub­sa­ha­riens, sup­plan­tant en quelque sorte leurs homo­logues nord afri­cains. Ainsi, en 1996, les Africains sub­sa­ha­riens qui ont tra­versé la Méditerranée vers l’Espagne ne repré­sen­taient que 1,8 % du nombre total de migrants. Mais cette pro­por­tion a aug­menté de 2 % en 1999 à 50,6 % en 2004. Selon l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (rap­port de 2006), de 200 à 300 000 Africains entrent clan­des­ti­ne­ment en Europe chaque année. De ce nombre, 100 000 sont inter­cep­tés en ten­tant leur chance sans comp­ter ceux qui meurent en chemin. Finalement, l’invasion est elle vrai­ment un mythe ou la migra­tion irré­gu­lière afri­caine vers l’Europe a-t-elle signi­fi­ca­ti­ve­ment aug­menté ces der­nières années ? Sur la base de diverses études, entre 65 000 et 120 000 Africains sub­sa­ha­riens arrivent au Maghreb chaque année, dont envi­ron 20-40 % finissent par tra­ver­ser pour aller en Europe. Ceci va à l’encontre de l’idée répan­due selon laquelle l’Afrique du nord n’est qu’une simple zone de tran­sit mais sou­ligne éga­le­ment le côté approxi­ma­tif des infor­ma­tions dis­po­nibles. En fin de compte, les entrées irré­gu­lières se chiffrent à quelques dizaines plutôt qu’à des cen­taines de mil­liers.

Lire la suite...
Migrants et citoyens

Les migrants font partie inté­grante de la cité : aussi devraient-ils en être recon­nus citoyens. Ils seraient des citoyens avec un petit « c » puisqu’ils n’ont pas la natio­na­lité ; mais, loca­le­ment, ils seraient consi­dé­rés sur un pied d’égalité avec tous ceux et celles qui vivent et tra­vaillent dans la cité. Les migrants irré­gu­liers tra­vaillent tous (ils ne peuvent pas se per­mettre de ne pas le faire) et leur exploi­ta­tion contri­bue sou­vent à la com­pé­ti­ti­vité de sec­teurs éco­no­miques spé­ci­fiques. Ils paient des taxes sur tout ce qu’ils achètent ou louent, et uti­lisent peu les ser­vices publics. L’absence de statut admi­nis­tra­tif leur recon­nais­sant des droits les vul­né­ra­bi­lisent. Donner à ces per­sonnes un statut signi­fi­ca­tif, même loca­le­ment, contri­bue­rait gran­de­ment à com­battre l’exploitation et la dis­cri­mi­na­tion. Pour répondre aux situa­tions d’abus aux­quels font face les migrants en situa­tion irré­gu­lière, quelques com­mu­nau­tés locales ont adopté une atti­tude dif­fé­rente : leurs déci­sions méritent d’être men­tion­nées afin d’inspirer d’autres col­lec­ti­vi­tés.

Lire la suite...
Répression et résistance des migrants au Maroc

Classé au 130e rang sur 182 pays du clas­se­ment de déve­lop­pe­ment humain de 2009 selon le PNUD, le Maroc reste un pays de grandes vul­né­ra­bi­li­tés, et ce en dépit des avan­cées réa­li­sées depuis quelques années. En effet, même si le taux de crois­sance annuel est de 6 %, le chô­mage reste très élevé (près de 20 %). On com­prend, dès lors, que l’émigration vers le monde occi­den­tal repré­sente pour de nom­breux maro­cains un objec­tif à atteindre. Avec plus de 10 % de sa popu­la­tion vivant à l’extérieur du pays, le « grand départ » est sou­vent la seule voie pour s’en sortir, non seule­ment pour les migrants eux-mêmes, mais aussi pour leurs familles, qui vivent ainsi des trans­ferts finan­ciers et non-finan­ciers, qui contri­buent non seule­ment à assu­rer les besoins élé­men­taires, mais éga­le­ment à finan­cer de petits pro­jets géné­ra­teurs de reve­nus.

Lire la suite...
Les travailleurs à contrat : précarité et dépendance

En contraste avec la tra­di­tion d’immigration per­ma­nente qui le carac­té­ri­sait, l’immigration tem­po­raire au Canada est en aug­men­ta­tion constante depuis le début des années 1990, au point que le nombre des tra­vailleurs tem­po­raires a dépassé celui des immi­grants sélec­tion­nés.

Lire la suite...
L’érosion des droits des réfugiés

On estime aujourd’hui que 50 mil­lions de per­sonnes vivent et tra­vaillent en situa­tion irré­gu­lière à l’étranger. Elles seraient entre 1.8 à 3,3 mil­lions dans 15 États membres de l’Union euro­péenne (UE) et plus de 10 mil­lions aux États-Unis (contre 3,5 mil­lions en 1990). Au Canada, le phé­no­mène concer­ne­rait entre 80 000 et 500 000 per­sonnes, dont 20 000 à 50 000 à Montréal. Cependant, ces chiffres demeurent approxi­ma­tifs : la migra­tion irré­gu­lière est, par défi­ni­tion, impos­sible à mesu­rer avec pré­ci­sion. La fron­tière entre la migra­tion de tra­vail et la migra­tion forcée s’estompe : les causes de départ sont de plus en plus inter­con­nec­tées, puisque la guerre et l’instabilité engendrent le défi­cit démo­cra­tique et la pau­vreté.

Par
Lire la suite...
Les dangereuses transformations du système de l’immigration au Canada

Depuis un cer­tain nombre d’années, un écart impor­tant existe entre l’expérience des migrants ins­tal­lés défi­ni­ti­ve­ment ou tem­po­rai­re­ment dans le pays et l’accueil qui leur était promis. On a d’abord vu une hausse ful­gu­rante des tra­vailleurs étran­gers tem­po­raires (de 47 % entre 2004 et 2007 selon les don­nées du Ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration). Et depuis 2006, l’entrée de tra­vailleurs tem­po­raires dépasse celle des immi­grants éco­no­miques.

Cette migra­tion tem­po­raire liée au tra­vail se retrouve dans de nom­breux pro­grammes dis­tincts selon les cri­tères d’admission, la régle­men­ta­tion sec­to­rielle de l’emploi ou selon le cadre ins­ti­tu­tion­nel de l’entente. Dans le cas de la migra­tion de tra­vailleurs non spé­cia­li­sés, trois pro­grammes existent : le pro­gramme des aides fami­liaux rési­dants, les pro­grammes de tra­vailleurs agri­coles sai­son­niers (PTAS) et un pro­gramme de tra­vailleurs tem­po­raires peu spé­cia­li­sés. Il convient de sou­li­gner l’ascension ful­gu­rante des PTAA, issu d’ententes entre le Canada, quelques pays des Caraïbes, le Mexique et le Guatemala.

Lire la suite...
La lutte des travailleurs agricoles

Dans des vil­lages comme Leamington, Saint-Rémi, Kelowna, Abbotsford ou Saint-Eustache, près de 50 % de la main d’œuvre est migrante. Le flux de tra­vailleurs n’est plus sai­son­nier. Le déve­lop­pe­ment de serres, la diver­si­fi­ca­tion des cultures, et l’apparition de nou­velles tech­niques de pro­duc­tion qui allongent le nombre de récoltes ont contri­bué à ce phé­no­mène. Il faut donc d’une part mettre en lumière la per­ma­nence des pro­grammes dits tem­po­raires.

Lire la suite...
Justifier l’injustifiable au nom de la sécurité nationale

Les évé­ne­ments du 11 sep­tembre 2001 et la lutte au ter­ro­risme qui en a découlé ont mis en évi­dence des pra­tiques de fer­me­ture crois­sante des fron­tières que les États avaient déjà com­mencé à exer­cer au cours des der­nières décen­nies. Au Canada, ces choix poli­tiques et ces pra­tiques se sont cris­tal­li­sés à tra­vers une série de mesures visant à sécu­ri­ser l’accès au ter­ri­toire cana­dien et à la fron­tière entre les États-Unis et le Canada.

Lire la suite...
Les multiples visages de l’islamophobie au Canada

Il y a une dizaine d’années, 2 % des Canadiens (579 000 per­sonnes, selon le recen­se­ment de 2001) se décla­raient musul­mans com­pa­ra­ti­ve­ment à 43 % catho­liques, 29 % pro­tes­tants et 16 % sans affi­lia­tion reli­gieuse. L’islam est néan­moins la reli­gion qui croît le plus rapi­de­ment ; en 2017 il pour­rait comp­ter environ1.5 mil­lion de fidèles.

Lire la suite...