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Cahiers du socialisme

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L’industrie du vidéo, témoin de la transformation contemporaine du travail hautement qualifié
mardi 21 février 2012
Cahiers du socialisme, Québec / Canada

Les trois der­nières décen­nies ont été le théâtre de pro­fondes trans­for­ma­tions libé­ra­li­santes du capi­ta­lisme, autour de la mon­dia­li­sa­tion des échanges éco­no­miques, et ont vu émer­ger dans les entre­prises pri­vées des modèles d’affaires qui pré­sentent de grandes dif­fé­rences avec ceux de la période key­né­sienne qui a pré­cédé. La faci­li­ta­tion des échanges inter­na­tio­naux, tant au plan juri­dique, éco­no­mique que tech­no­lo­gique, aug­mente les oppor­tu­ni­tés de décom­po­ser les cycles de pro­duc­tion des biens et des ser­vices à l’intérieur d’un ter­ri­toire inter­na­tio­nal de plus en plus vaste. La déci­sion stra­té­gique tient doré­na­vant compte, oppor­tu­nité oblige, de l’avantage com­pé­ti­tif qu’on peut gagner à chaque étape à recom­bi­ner les fac­teurs de pro­duc­tion, dans un contexte où tant les capi­taux que la main-d’œuvre sont plus aisé­ment mobiles.

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Travail précaire et syndicalisme

Dans la « nou­velle com­bi­na­toire pro­duc­tive » propre à l’après-fordisme et mar­quée par un virage vers une poli­tique éco­no­mique néo­li­bé­rale, on assiste à une pré­ca­ri­sa­tion du tra­vail qui résulte d’une dyna­mique de cen­tri­fu­ga­tion de l’emploi vers les mar­chés péri­phé­riques du tra­vail et qui concoure à la pro­li­fé­ra­tion de formes dif­fé­ren­ciées d’intégration à l’emploi (Durand, 2004). Cette trans­for­ma­tion est struc­tu­relle, les périodes de reprise éco­no­mique ne créant pas suf­fi­sam­ment d’emplois per­ma­nents à temps plein pour empê­cher la pro­gres­sion — sur le long terme — des formes d’emplois aty­piques. La part de l’emploi aty­pique dans l’emploi total est ainsi passée de 16,7 % à 37.2 % entre 1976 et 2008.

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Nouveaux Cahiers du socialisme - Numéro 7 - Hiver 2012
Du prolétariat au précariat
Introduction au dossier
lundi 13 février 2012
Cahiers du socialisme

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Quel sens donner au tra­vail aujourd’hui à l’ombre du capi­ta­lisme glo­ba­lisé ? Notre rap­port au tra­vail a-t-il changé ? Le tra­vail est-il plus alié­nant, plus ato­misé qu’avant lorsqu’il était soumis au régime for­diste et key­né­sien ? Ou s’est-il « libéré » comme le pré­tendent Hardt et Negri dans le sillon du capi­ta­lisme « cog­ni­tif » ? Qu’en est-il de la dite orga­ni­sa­tion scien­ti­fique du tra­vail (le tay­lo­risme) qui semble connaître une bonne for­tune dans les ate­liers délo­ca­li­sés de la grande pro­duc­tion manu­fac­tu­rière avec ses corol­laires bien connus que sont la déqua­li­fi­ca­tion, la dépro­fes­sion­na­li­sa­tion et la dés­in­té­gra­tion du lien social ? Et quelles sont les résis­tances, « anciennes » et « nou­velles » qui sont pen­sées et construites par de nou­veaux col­lec­tifs pro­lé­taires aux iden­ti­tés mobiles et chan­geantes ? Quels sont jus­te­ment ces iden­ti­tés, pro­jets, uto­pies qui se pro­posent comme des alter­na­tives au tra­vail capi­ta­liste ? Voilà quelques-unes des grandes inter­ro­ga­tions que le pré­sent numéro des Nouveaux Cahiers du socia­lisme veut explo­rer. Pour cela, nous par­tons des hypo­thèses de Marx affir­mant, en sub­stance, que le capi­ta­lisme impose un rap­port coer­ci­tif pour extor­quer du sur­tra­vail. Au cœur de cette extor­sion se situe la durée du temps de tra­vail, qui permet de déga­ger une plus-value abso­lue et de sou­mettre for­mel­le­ment le tra­vail au capi­tal.[1]

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Nouveaux Cahiers du socialisme - No. 6, Automne 2011
Crises écologiques, inégalités sociales et écosocialisme
Texte intégral d'introduction au dossier principal du numéro 6 des Nouveaux Cahiers du socialisme

Des partis poli­tiques bour­geois se parent de valeurs envi­ron­ne­men­ta­listes ver­tueuses. Or, par leurs acti­vi­tés et leur idéo­lo­gie de la crois­sance capi­ta­liste, ces partis ont promu pen­dant des décen­nies des poli­tiques qui ont concouru à la dégra­da­tion de l’environnement. Simple déma­go­gie de leur part ? Non, sans doute pas, même si cela s’avère sou­vent le cas, par­ti­cu­liè­re­ment lorsqu’il est ques­tion de l’exploitation extrê­me­ment pol­luante des sables bitu­mi­neux[1], des gaz de schiste[2] ou du nucléaire[3].

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Le gouvernement canadien et la crise
La faillite d’un modèle de croissance inégalitaire
Des salaires qui stagnent depuis 25 ans… sauf pour une minorité

L’analyse des don­nées du der­nier recen­se­ment (2006) indique que les gains médians des tra­vailleurs cana­diens à temps plein ont fait du sur­place au cours des 25 der­nières années. Un rap­port du Centre d’étude des niveaux de vie (CSLS) montre que durant cette période (1980 à 2005) la pro­duc­ti­vité du tra­vail au Canada a crû de 37 %. Ainsi, contrai­re­ment aux pré­dic­tions des modèles éco­no­miques, l’augmentation de la pro­duc­ti­vité n’a pas entraîné une hausse pro­por­tion­nelle et auto­ma­tique des salaires réels. Le par­tage de la richesse s’est déplacé en faveur du capi­tal, au détri­ment du tra­vail.

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Les travailleuses domestiques, prolétariat à domicile

Parmi les tra­vailleuses et tra­vailleurs migrants, les tra­vailleuses domes­tiques sont parmi les plus exploi­tées et les plus vul­né­rables. Elles consti­tuent une force de tra­vail glo­ba­li­sée et fémi­nine qu’on peut qua­li­fier de pro­lé­ta­riat à domi­cile. Elles viennent du monde rural ou encore des pays pauvres. Elles le font pour amé­lio­rer leurs condi­tions éco­no­miques, quelques fois pour fuir la dis­cri­mi­na­tion et la vio­lence basées sur le genre.

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Les transformations de l’État fédéral sous le gouvernement Harper

Depuis plu­sieurs années main­te­nant, les réformes admi­nis­tra­tives mettent l’accent sur l’abandon par­tiel des contraintes nor­ma­tives et régle­men­taires pour accroître l’autonomie des ges­tion­naires publics et autres fonc­tion­naires et, par-delà, accroître la per­for­mance orga­ni­sa­tion­nelle (effi­ca­cité, effi­cience et éco­no­mie) des bureau­cra­ties publiques. Sous le joug du mana­ge­ria­lisme, ces réformes mettent l’accent sur les valeurs et l’éthique pour cir­cons­crire et appuyer les déci­sions et les actions de l’administration publique, en lieu et place des règles codi­fiées à partir des­quelles s’articulent tra­di­tion­nel­le­ment cette der­nière. Bien entendu, la mise en œuvre de cette ins­tru­men­ta­li­sa­tion des valeurs et de l’éthique fait l’objet, au même titre que les autres com­po­santes du mana­ge­ria­lisme, de tra­jec­toires dif­fé­ren­ciées dans le temps et l’espace. Un constante, tou­te­fois, demeure : les ten­sions, com­plé­men­taires pour cer­tains, irré­con­ci­liables pour d’autres, entre, d’un côté, le res­pect des pro­ces­sus et l’idéal démo­cra­tique de l’administration publique tra­di­tion­nelle et, de l’autre côté, l’accent sur l’atteinte des résul­tats et l’impératif d’efficience du nou­veau mana­ge­ment public.

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Le trafic des migrantEs

La pau­pé­ri­sa­tion de régions entières du globe ainsi que la crois­sance des inéga­li­tés sociales dans les pays et entre les pays ont créé les condi­tions pro­pices à toutes les formes de trafic et de traite des êtres humains. Les plus touchéEs pro­viennent prin­ci­pa­le­ment des pays du Sud et de l’Est. À l’échelle de ces régions, le bou­le­ver­se­ment des struc­tures sociales dû au triomphe de l’économie capi­ta­liste néo­li­bé­rale favo­rise l’économie infor­melle et les déstruc­tu­ra­tions sociales. De même, l’extension de l’économie de marché et la crois­sance des inéga­li­tés sociales, ren­for­cées par les plans d’ajustement struc­tu­rel, les endet­te­ments des États ainsi que la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie sont loin d’exclure ou de mar­gi­na­li­ser ses vic­times.

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Violence et résistance sociale à Montréal-Nord

Deux ans après l’émeute de Montréal-Nord, la même situa­tion d’exclusion et de pau­vreté se per­pé­tue à Montréal-Nord. Les pra­tiques poli­cières sont plus sophis­ti­quées, mais répondent aux mêmes impé­ra­tifs de contrôle des « popu­la­tions dan­ge­reuses ». De l’autre côté, les jeunes subissent plus fré­quem­ment les stig­ma­ti­sa­tions, le racisme, le pro­fi­lage racial, la cri­mi­na­li­sa­tion de leurs mou­ve­ments, ce qui ren­force leur appar­te­nance au quar­tier, à une com­mu­nauté immi­grante et pauvre.

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Montréal-Nord Républik : vers un mouvement de la périphérie

Le samedi 9 août 2008, l’agent Jean-Loup Lapointe du SPVM, matri­cule 3776, s’amène dans un sta­tion­ne­ment adja­cent au parc Henri-Bourassa, à Montréal-Nord. Il aper­çoit Dany Villanueva, son frère Fredy et des amis à eux dont cer­tains jouent aux dés. En moins d’une minute, Lapointe des­cend de son véhi­cule, inter­pelle Dany Villanueva, le saisi, lutte puis chute avec lui, sort son pis­to­let et tire quatre coups de feu qui atteignent trois des jeunes pré­sents. Le len­de­main, des citoyens se ras­semblent sur la place Pascal. Une pan­carte atta­chée sur un pan­neau d’arrêt dit « SPVM, le vrai gang de rue ». La taille du ras­sem­ble­ment aug­mente peu à peu et la ten­sion monte. Des mani­fes­tants mettent le feu à des pou­belles. Un camion de pom­pier arrive pour éteindre le feu. Il est repoussé à coup de pierres et de bou­teilles. Les pom­piers battent en retraite et les mani­fes­tants, comme exal­tés par cette démons­tra­tion de force, passent à la révolte. Les images de cette nuit feront le tour du monde ; voi­tures brû­lées, auto­bus atta­qués, com­merces pillés.

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