Bolivie : large victoire électorale d’Evo Morales et du MAS

Par Mis en ligne le 07 décembre 2009

Evo Morales a annoncé sa victoire à l’élection présidentielle en Bolivie après que les résultats tirés des urnes aient indiqué qu’il avait facilement été réélu avec plus de 60% des voix.

« Le processus pour le changement a prévalu », a souligné M. Morales, dimanche soir depuis le balcon du palais présidentiel à La Paz, devant des milliers de partisans criant « « Evo Mas ! Evo Mas ! » [jeux de mots entre « mas » [plus] et « MAS » [Movimiento al Socialismo]

Une estimation rapide à la sortie des urnes Morales donnait entre 61 et 63% des voix à Evo Morales [Président sortant], soit plus de 35 points d’avance sur son plus proche rival, Manfred Reyes Villa, un ancien gouverneur qui n’a obtenu que de 23 à 25 pour cent des voix.

le scrutin de dimanche semble également donné au Président Morales un contrôle absolu du Congrès, ce qui signifie qu’il aura les mains libres pour approfondir les réformes durant tout son nouveau mandat de cinq ans.

Le Mouvement vers le socialisme [MAS] au pouvoir a réussi à emporter les deux tiers des sièges au Congrès, et à retirer aussi le contrôle du Sénat des mains de l’opposition conservatrice, selon les dernières estimations.

Si elle est confirmée, cette victoire permettra au Président Morales de faire adopter des lois sans avoir à négocier avec l’opposition.

Les résultats officiels ne sont pas publiés avant mardi soir.

Le premier président indigène de la Bolivie – un ancien éleveur de lamas qui n’a jamais fréquenté l’école secondaire – a gagné un taux d’approbation de plus de 60%, donc de la plus grande partie de la majorité indigène du pays.

Depuis qu’il a pris ses fonctions en 2006, il a institué des quotas pour nommer des personnes d’origine indienne dans l’armée, et il a créé une école spéciale pour les futurs diplomates venant de milieux indigènes également. Il a aussi mis en place trois universités autochtones.

Morales a nationalisé les ressources en hydrocarbure en gaz de la Bolivie , initiative qui a contribué à tirer du rouge l’économie du pays et d’accumuler 8 milliards de dollars de réserves.

Critiques des possédants

Mais il a également provoqué la colère des Boliviens qui ont vu leurs propriétés foncières diminuer dans le cadre des réformes initiées par le Président.

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Les partisans du Président Evo Morales et du MAS se sont rassemblés par milliers au coeur de la Paz à l’annonce des premières estimations.

Pour ses détracteurs, il n’a pas réussi à augmenter la production dans le secteur pétrolier et gazier, ni à éradiquer la corruption dans les entreprises publiques d’énergie ni à développer l’industrie du gaz naturel [que la droite bolivienne critique la corruption ne manque pas de sel !… -N.d.T].

Teresa Bo, correspondante d’Al Jazeera, rapporte depuis la capitale administrative, La Paz, que la carte des votes, selon les sondages à la sortie des bureaux de vote, révèle que perdure la division du pays, les provinces les plus riches continuant à s’opposer à Morales [souvent par les moyens les plus violents – N.d.T].

Morales n’aurait obtenu que 40% des voix à Santa Cruz, une province clé qui s’est opposé à sa présidence et a demandé l’autonomie de son gouvernement central, alors que le Président en exercice a gagné plus de 70% des voix à La Paz.

Mais les résultats non officiels de dimanche montrent que l’opposition, qui à plusieurs reprises a contesté Morales dans les premières années de sa présidence, est affaibli, même si elle conserve un fort soutien dans les régions de l’Est qui abritent de nombreuses et importantes ressources naturelles du pays et des entreprises de premier plan.

Notre correspondant a également signalé que même s’il y a eu quelques plaintes pour insuffisance de bulletins de vote et quelques modifications de bulletins, les responsables du Conseil Electoral, l’Organisation des États américains et les observateurs de l’UE sont satisfaits du déroulement de l’élection.

L’élection d’Evo Morales pour un second mandat a été rendu possible après qu’il ait emporté un référendum qui abrogeant la limite à un d’un mandat présidentiel.

Cette initiative s’apparente à celles lancées par d’autres dirigeants latino-américains, dont le Vénézuélien Hugo Chavez et l’Equatorien Rafael Correa.

7 décembre 2009 – Al Jazeera – Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/a…
Traduction : Info-Palestine.net

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