Bilan du gouvernement conservateur

De multilpes raisons pour voter contre Harper

Par Mis en ligne le 06 juillet 2015

Un bilan envi­ron­ne­men­tal désas­treux

Depuis leur arri­vée au pou­voir, les conser­va­teurs ont tout fait pour sabo­ter les avan­cées du Canada en matière de pro­tec­tion de l’environnement.

Ils ont abrogé la Loi cana­dienne sur l’évaluation envi­ron­ne­men­tale, dis­sous la Table ronde natio­nale sur l’environnement et l’économie, rema­nié la Loi sur les pêches, la Loi sur les espèces en péril et la Loi sur la pro­tec­tion de la navi­ga­tion.

Ils ont tor­pillé les négo­cia­tions du pro­to­cole de Kyoto sur les chan­ge­ments cli­ma­tiques. Le Canada s’est retiré de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la déser­ti­fi­ca­tion en 2013 (192 pays l’ont signée, le Canada est main­te­nant le seul pays à ne pas en faire partie).

Les conser­va­teurs ont dimi­nué les cibles de réduc­tion des gaz à effet de serre. Ils ont réduit la pro­tec­tion de la bio­di­ver­sité, les exi­gences des éva­lua­tions envi­ron­ne­men­tales et l’accès aux consul­ta­tions publiques pour faci­li­ter l’approbation de pro­jets indus­triels. Ainsi, l’évaluation envi­ron­ne­men­tale que l’Office natio­nal de l’énergie fera du projet d’Énergie Est ne peut pas tenir compte de l’augmentation des gaz à effet de serre, même si cet oléo­duc, à lui seul, trans­por­tera 1,1 mil­lion de barils de pétrole par jour. C’est comme si l’on ajou­tait 7 mil­lions de véhi­cules sur les routes du Québec.

Une déré­gle­men­ta­tion dan­ge­reuse des trans­ports

Les conser­va­teurs ne se sont pas sou­ciés des risques pour la popu­la­tion que cause la déré­gle­men­ta­tion dans les trans­ports, dont l’une des consé­quences les plus dra­ma­tiques fut l’accident fer­ro­viaire de Lac-Mégantic, le 6 juillet 2013. Il a détruit le centre-ville et une qua­ran­taine d’édifices ainsi que tué 47 per­sonnes. À la suite de cette tra­gé­die, le gou­ver­ne­ment fédé­ral ne s’est pas empressé d’adopter de nou­velles lois pour rendre plus sécu­ri­taire le trans­port du pétrole par train et mieux pro­té­ger la popu­la­tion.

Un anti­syn­di­ca­lisme pri­maire 5 lois spé­ciales pour forcer le retour au tra­vail

La vision du gou­ver­ne­ment Harper des rela­tions du tra­vail va à l’encontre des lois cana­diennes du tra­vail. En 2011 et 2012 seule­ment, les conser­va­teurs ont adopté 5 lois spé­ciales pour forcer le retour au tra­vail, mettre un terme à des négo­cia­tions ou impo­ser une offre finale chez Postes Canada, Air Canada et Canadien Pacifique (Canadian Pacific Railway).

En 2013, les conser­va­teurs ont modi­fié les normes de santé et de sécu­rité au tra­vail dans la fonc­tion publique pour réduire la pos­si­bi­lité d’utiliser le droit de refus.

En 2015, ils ont adopté une loi pour rendre plus dif­fi­cile la syn­di­ca­li­sa­tion et faci­li­ter la désyn­di­ca­li­sa­tion des employées et employés de juri­dic­tion fédé­rale (C-525). Ils s’apprêtent à voter une loi qui obli­ge­rait les syn­di­cats à publier tous les détails de leurs finances d’une manière qui n’est exigée à aucune autre asso­cia­tion citoyenne, par exemple les asso­cia­tions patro­nales (C-377).

Ampuration des cré­dits d’impôt aux fonds de tra­vailleuses et de tra­vailleurs

Malgré une mobi­li­sa­tion tous azi­muts au Québec pour récla­mer le main­tien des cré­dits d’impôt dont jouissent les fonds de tra­vailleuses et tra­vailleurs, car ces fonds four­nissent du capi­tal de risque à de nom­breuses PME, le gou­ver­ne­ment conser­va­teur a décidé d’aller de l’avant avec leur éli­mi­na­tion. Cette mesure a été adop­tée dans le budget du prin­temps 2013.

Des attaques aux droits des per­sonnes retrai­tées

Dans le budget de 2012, les conser­va­teurs ont décidé de faire passer gra­duel­le­ment de 65 à 67 ans l’âge mini­mum pour obte­nir la pen­sion de la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti. Cette déci­sion entrai­nera une réduc­tion de revenu de 13 000 dol­lars pour chaque ainée et ainé au Canada.

Le mépris du Parlement

Depuis qu’il a obtenu une majo­rité au Parlement, le gou­ver­ne­ment Harper a mul­ti­plié les recours au bâillon, il a refusé de prendre en consi­dé­ra­tion les résul­tats des comi­tés par­le­men­taires et il a changé des lois majeures sans consul­ta­tion, en fai­sant adop­ter des pro­jets de loi bud­gé­taires mam­mouths.

Le pre­mier ministre Harper a refusé sys­té­ma­ti­que­ment de répondre aux ques­tions de l’opposition lors des périodes de ques­tions. De plus, il a fermé deux fois le Parlement par pro­ro­ga­tion, parce qu’il n’était pas d’accord avec les débats. Cela ne s’était jamais vu dans l’histoire par­le­men­taire cana­dienne. Enfin, il a éli­miné le sys­tème de finan­ce­ment public des partis poli­tiques, qui leur per­met­tait de récol­ter un budget équi­valent à deux dol­lars par vote reçu. Il se débar­rasse ainsi des règles plus strictes qui avaient été adop­tées dans la foulée du scan­dale des com­man­dites et qui limi­taient la portée et l’influence des dons pro­ve­nant des par­ti­cu­liers. Cette allo­ca­tion par vote était pour­tant un méca­nisme assez effi­cace pour lutter contre la cor­rup­tion en poli­tique.

L’obsession sécu­ri­taire

À l’instar des partis les plus conser­va­teurs en Occident, dont le Parti répu­bli­cain aux États-Unis, le gou­ver­ne­ment Harper souffre d’une obses­sion sécu­ri­taire, qui s’est mani­fes­tée le 6 mai der­nier par l’adoption du projet de loi anti­ter­ro­riste C-51.

Cette nou­velle loi accorde aux forces de police et au Service cana­dien du ren­sei­gne­ment de sécu­rité (SCRS) de nou­veaux pou­voirs qui vont bien au-delà de ce qui est néces­saire, pour assu­rer la sécu­rité de la popu­la­tion. En effet, les espions du SCRS pour­ront violer les droits des Canadiennes et Canadiens ainsi que les lois, pourvu qu’un juge ait donné son auto­ri­sa­tion, tout cela dans le plus grand secret, sans aucun contrôle. Même aux États-Unis et en Grande-Bretagne, où l’on a adopté des lois anti­ter­ro­ristes, on a eu la décence d’encadrer les pou­voirs donnés aux forces de police et de ren­sei­gne­ment, ce qu’a refusé le gou­ver­ne­ment Harper.

Les agents du SCRS pour­ront doré­na­vant « per­tur­ber » les acti­vi­tés de gens qui menacent la « sécu­rité du Canada ». Ils pour­ront aussi s’attaquer aux éco­lo­gistes ou aux pro­tes­ta­taires autoch­tones puisque la « sécu­rité du Canada » est défi­nie de manière très large dans le projet de loi, incluant la sécu­rité éco­no­mique.

Une poli­tique étran­gère qui a trans­formé l’image du Canada

Les citoyennes et citoyens cana­diens se recon­naissent de moins en moins dans le rôle joué par leur pays sur la scène inter­na­tio­nale. Depuis l’élection du gou­ver­ne­ment Harper, la poli­tique étran­gère cana­dienne se carac­té­rise par :

  • sa loyauté quasi aveugle envers le voisin amé­ri­cain ; son atta­che­ment accru à la monar­chie bri­tan­nique ; la valo­ri­sa­tion de l’identité mili­taire ; l’augmentation du budget de la défense ;
  • le sou­tien indé­fec­tible au gou­ver­ne­ment israé­lien ; l’intervention au Moyen-Orient ; le sou­tien à l’industrie pétro­lière ; le désen­ga­ge­ment à agir sur le plan envi­ron­ne­men­tal ; la réorien­ta­tion de l’aide étran­gère là où se trouvent ses inté­rêts éco­no­miques ; les posi­tions ambi­guës en matière de défense des droits de la per­sonne ;
  • la place accrue de la reli­gion ; une atti­tude désin­volte à l’égard des ins­ti­tu­tions mul­ti­la­té­rales, en par­ti­cu­lier des Nations unies.

Les trans­ferts fédé­raux en santé mena­cés

Au moment de la mise en oeuvre du régime public d’assurance mala­die au Canada, le gou­ver­ne­ment fédé­ral assu­mait 50 % des coûts du régime. Cette répar­ti­tion s’est main­te­nue jusqu’en 1977. Après des décen­nies de com­pres­sions, le gou­ver­ne­ment fédé­ral n’assume plus que 23 % des coûts du régime. Le gou­ver­ne­ment conser­va­teur veut réduire encore plus les trans­ferts fédé­raux en santé.

La nou­velle noir­ceur moderne face aux scien­ti­fiques

Le gou­ver­ne­ment Harper ne s’intéresse à la science que si elle a des retom­bées com­mer­ciales ou si elle est favo­rable à l’industrie pétro­lière. Les consé­quences de cet obs­cu­ran­tisme sont fla­grantes :

  • Licenciement de plus de 2 000 scien­ti­fiques tra­vaillant pour le gou­ver­ne­ment fédé­ral depuis 2009 ; Fermeture de près de 200 centres de recherche scien­ti­fique et d’institutions gou­ver­ne­men­tales ; Annulation de 492 études d’impact envi­ron­ne­men­tal ; Abolition du ques­tion­naire long obli­ga­toire lors des recen­se­ments ;
  • Fermeture de 7 des 11 biblio­thèques du minis­tère des Pêches et Océans.
  • Le tra­vail des scien­ti­fiques cana­diens n’est pas seule­ment entravé par les com­pres­sions dans leurs bud­gets, mais aussi par des contraintes sur leur liberté de voya­ger, de com­mu­ni­quer et de col­la­bo­rer avec leurs col­lègues des autres pays.

Des attaques contre Radio-Canada

Radio-Canada a subi des com­pres­sions bud­gé­taires de l’ordre de 500 mil­lions de dol­lars et a dû sup­pri­mer plus de 3 000 postes. Ces com­pres­sions ont eu des consé­quences dra­ma­tiques sur la pro­gram­ma­tion et sur la qua­lité des pro­duc­tions télé­vi­suelles et radio­dif­fu­sées. La sau­ve­garde du dif­fu­seur public sera à l’ordre du jour des pro­chaines élec­tions.

Le gou­ver­ne­ment Harper a nié le droit des femmes à l’équité sala­riale dans la fonc­tion publique

Depuis son arri­vée à la direc­tion poli­tique du pays, le gou­ver­ne­ment Harper :

  • a déman­telé plu­sieurs pro­grammes et mesures visant la défense et la pro­mo­tion des droits des femmes ;
  • a dimi­nué le budget de fonc­tion­ne­ment de Condition fémi­nine Canada, pro­vo­quant la fer­me­ture de douze bureaux régio­naux ;
  • a aboli le finan­ce­ment public des orga­nismes de défense des droits des femmes et nié la légi­ti­mité de leur action (des groupes oeu­vrant depuis des décen­nies ont dû fermer leurs portes) ;
  • a nié le droit des femmes à l’équité sala­riale dans la fonc­tion publique ;
  • a annulé l’entente fédé­rale-pro­vin­ciale sur les ser­vices de garde qui aurait permis de finan­cer le réseau qué­bé­cois de ser­vices de garde ;
  • etc.

Les droits des les­biennes, gais, bisexuels et trans­genres (LGBT) bafoués

En finan­çant et en entre­te­nant des liens étroits avec les groupes reli­gieux fon­da­men­ta­listes, le gou­ver­ne­ment conser­va­teur nuit à l’avancement de l’égalité sociale de la com­mu­nauté LGBT et il nuit à la lutte contre la vio­lence et l’intimidation dans les com­mu­nau­tés. De plus, il n’y a jamais eu un seul repré­sen­tant du cabi­net Harper au défilé de la fierté à Montréal.

En plus de bouder cet évé­ne­ment, ce gou­ver­ne­ment néglige de sou­te­nir finan­ciè­re­ment l’organisation de la même manière qu’il finance des évé­ne­ments. cultu­rels com­pa­rables. (Cet extrait est tiré de la lettre de Jasmin Roy publié sur le site Internet www​.chers​te​phen​.ca.)

Les droits des autoch­tones à recon­naître

Après avoir recueilli pen­dant six ans les témoi­gnages sur les sévices subis par les anciens élèves des pen­sion­nats autoch­tones, la Commission de vérité et récon­ci­lia­tion du Canada a remis son rap­port final. Elle conclut que les pen­sion­nats autoch­tones étaient un outil cen­tral d’un géno­cide cultu­rel à l’égard des pre­miers peuples du Canada et que seul un réen­ga­ge­ment impor­tant de l’État pour leur per­mettre un accès à l’égalité des chances peut paver la voie à une véri­table récon­ci­lia­tion. Cette com­mis­sion a fait 94 recom­man­da­tions, dont la tenue d’une com­mis­sion d’enquête sur la dis­pa­ri­tion et l’assassinat de femmes et jeunes filles autoch­tones, une requête qui a à nou­veau été refu­sée par le gou­ver­ne­ment Harper.

CONCLUSION

Ceci n’est qu’un bref aperçu du bilan des neuf années de pou­voir du gou­ver­ne­ment Harper, dont les quatre der­nières à la tête d’un gou­ver­ne­ment majo­ri­taire. Nous vous invi­tons à vous infor­mer concer­nant les pro­grammes des dif­fé­rents partis poli­tiques qui s’opposeront lors de l’élection fédé­rale qui aura lieu le 19 octobre pro­chain et à aller voter mas­si­ve­ment.

2015/06/28

CSQ

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