Article 12

Un bilan de la Révolution d’octobre

Centième anniversaire de la révolution soviétique en Russie

Par Mis en ligne le 06 avril 2017

La Révolution russe d’octobre 1917 fut l’événement le plus mar­quant du XXe siècle. Mais puisque ce sont les gagnants qui écrivent l’histoire, il est peu connu que cette révo­lu­tion n’était que l’ouverture d’une immense vague de contes­ta­tion du capi­ta­lisme qui a balayé tout le monde indus­triel, sus­ci­tant de puis­sants échos éga­le­ment dans le monde colo­nial. Partout entre 1918 et 1921 les effec­tifs syn­di­caux et les jour­nées per­dues en grèves ont atteint des records his­to­riques, tandis que se gon­flaient les rangs de l’aile révo­lu­tion­naire des partis socialistes.

L’Allemagne, l’Autriche, la Hongrie et la Finlande ont connu des révo­lu­tions, dont la force motrice était la classe ouvrière. Des situa­tions por­tant un poten­tiel révo­lu­tion­naire réel et immé­diat ont surgi en Italie et dans des régions de Pologne et de France. Dans un mémo­ran­dum à la Conférence de paix à Versailles en 1919, le Premier Ministre bri­tan­nique, Lloyd George, a écrit : « L’Europe entière est d’une humeur révo­lu­tion­naire. Les tra­vailleurs res­sentent une insa­tis­fac­tion pro­fonde des condi­tions de vie, telles qu’elles étaient avant la guerre. Ils sont rem­plis de colère et d’indignation. Tout l’ordre social, poli­tique et éco­no­mique exis­tant est remis en ques­tion par les masses popu­laires d’un bout de l’Europe à l’autre. » (1)

Mais par­tout, sauf en Russie, la vague révo­lu­tion­naire a été refou­lée (2). Cet échec est à l’origine de la montée sub­sé­quente du fas­cisme (qui jouis­sait par­tout de la sym­pa­thie, et sou­vent de l’appui finan­cier, du patro­nat) et aussi du tota­li­ta­risme sta­li­nien. Rosa Luxembourg, assas­si­née en jan­vier 1919 par des forces pro­to­fas­cistes alle­mandes, a cor­rec­te­ment for­mulé l’alternative qui confron­tait l’humanité comme « socia­lisme ou bar­ba­rie » (3).

Mais si le rap­port entre l’échec de la vague révo­lu­tion­naire à l’Ouest et la montée du fas­cisme est assez clair, le lien avec la montée du sta­li­nisme est moins bien compris.

La Russie a connu deux révo­lu­tions en 1917, l’une en février, l’autre en octobre. En ren­ver­sant la monar­chie et son régime tota­li­taire (4) en février, les classes popu­laires n’avaient pas l’intention de remettre en cause le capi­ta­lisme. Cela explique pour­quoi elles ont permis aux libé­raux, repré­sen­tants poli­tiques des classes pos­sé­dantes, de former le gou­ver­ne­ment pro­vi­soire. Les buts des tra­vailleurs et des pay­sans étaient : une République démo­cra­tique, une réforme agraire (expro­pria­tion des terres de l’aristocratie et leur dis­tri­bu­tion aux pay­sans), le renon­ce­ment aux buts impé­ria­listes de la guerre mon­diale en faveur de la recherche active d’une paix démo­cra­tique et juste, et, fina­le­ment, la jour­née de tra­vail de huit heures.

Les divers partis socia­listes, y com­pris la majo­rité des Bolcheviks, ont appuyé le gou­ver­ne­ment libé­ral. Mais après le retour en Russie de Lénine au début d’avril le parti a rapi­de­ment changé de posi­tion. Si Lénine a pu si faci­le­ment conduire ce revi­re­ment, c’est parce que la base et les direc­tions inter­mé­diaires du parti, en très grande majo­rité ouvrière, avaient depuis long­temps conclu, sur la base de leur expé­rience his­to­rique et toute récente, que les classes pos­sé­dantes étaient oppo­sées à la démo­cra­tie et par­ti­sanes fer­ventes de l’impérialisme russe. Selon cette ana­lyse, que la direc­tion bol­che­vique avait tem­po­rai­re­ment aban­don­née dans l’euphorie d’unité natio­nale appa­rente sui­vant la Révolution de février, la révo­lu­tion ne pour­rait gagner que si elle était diri­gée par un gou­ver­ne­ment ouvrier et paysan et en oppo­si­tion aux classes possédantes.

Ce que Lénine a apporté de vrai­ment nou­veau pour les Bolcheviks en avril 1917 (ses fameuses « Thèses d’avril ») c’était son appel à la révo­lu­tion socia­liste en Russie. Il avait adopté cette posi­tion en 1915 sur la base d’une ana­lyse des pos­si­bi­li­tés révo­lu­tion­naires immé­diates ouvertes par la guerre mon­diale dans les pays par­ti­ci­pants. Mais bien avant Lénine, Trotski, parmi d’autres mili­tants de l’aile gauche du socia­lisme russe (5), avait conclu que la révo­lu­tion en Russie, quelque soient ses buts ini­tiaux, ne gagne­rait que si elle ren­ver­sait le capitalisme.

À partir de la fin d’avril, les Bolcheviks appe­laient à la for­ma­tion d’un gou­ver­ne­ment des soviets, ces conseils élus par les ouvriers et les sol­dats (ces der­niers dans leur écra­sante majo­rité recru­tés dans la pay­san­ne­rie) durant la Révolution de février. Ce serait un gou­ver­ne­ment exclu­si­ve­ment des classes popu­laires, qui pri­ve­rait les classes pos­sé­dantes du droit de repré­sen­ta­tion poli­tique. Initialement cette posi­tion a attiré peu de sou­tien popu­laire. On jugeait qu’elle alié­ne­rait gra­tui­te­ment les classes pos­sé­dantes, qui sem­blaient s’être ral­liées à la révo­lu­tion en février ; que cela pro­vo­que­rait une guerre civile, que per­sonne ne sou­hai­tait. Les métal­los de Petrograd, le noyau radi­cal du mou­ve­ment ouvrier, fai­saient excep­tion. Dans cer­tains quar­tiers indus­triels les soviets ont appelé au pou­voir sovié­tique dès la Révolution de février.

Mais après huit mois d’inaction et de sabo­tage de la part du gou­ver­ne­ment pro­vi­soire libé­ral, et face au danger immi­nent d’un sou­lè­ve­ment contre-révo­lu­tion­naire mili­taire appuyé par un lock-out déguisé des patrons, les masses popu­laires ont pu se convaincre de la jus­tesse de la posi­tion bol­che­vique. Partout on exi­geait le trans­fert immé­diat du pou­voir aux soviets, ce qui a été fait le 25 octobre presque sans effu­sion de sang.

De ce point de vue, la Révolution d’octobre peut être vue comme un acte en défense de la Révolution démo­cra­tique de février face au danger immi­nent de contre-révo­lu­tion. Mais puisque cette seconde révo­lu­tion était diri­gée contre les classes pos­sé­dantes, elle por­tait en elle une dyna­mique anti­ca­pi­ta­liste claire. En même temps, la Révolution d’octobre était bien plus qu’un acte de défense. Elle s’est faite éga­le­ment dans l’espoir d’inspirer les classes popu­laires en Occident à suivre l’exemple russe. Ce n’était pas la simple expres­sion d’un idéa­lisme inter­na­tio­na­liste. C’était vu comme une condi­tion fon­da­men­tale de survie de la révolution.

En bons mar­xistes, les bol­che­viks consi­dé­raient que la Russie, pays pauvre et très majo­ri­tai­re­ment paysan, ne pos­sé­dait pas les condi­tions maté­rielles et poli­tiques du socia­lisme. La Russie avait besoin de l’aide de pays socia­listes déve­lop­pés pour réa­li­ser une trans­for­ma­tion socia­liste. Mais il y avait d’autres pro­blèmes encore plus urgents qui ne pou­vaient trou­ver leur solu­tion sans l’aide de révo­lu­tions à l’Ouest. Pour com­men­cer, les États impé­ria­listes n’accepteraient jamais une révo­lu­tion socia­liste en Russie. Et, en fait, tous les pays indus­triels (et quelques-uns peu indus­tria­li­sés) ont envoyé des troupes contre les soviets et/​ou ont financé les forces contre-révo­lu­tion­naires indi­gènes. Ils ont éga­le­ment érigé un blocus éco­no­mique et diplo­ma­tique autour de l’État soviétique.

L’autre pro­blème immé­diat était la pay­san­ne­rie, 85 % de la popu­la­tion. Elle appuyait les Bolcheviks dans la mesure où ceux-ci per­met­traient aux pay­sans de réa­li­ser la réforme agraire et reti­re­raient le pays de la guerre impé­ria­liste. Mais comme classe, les pay­sans (et notam­ment les pay­sans riches et moyens, ces der­niers étant majo­ri­taires) n’étaient pas spon­ta­né­ment col­lec­ti­vistes. La terre dis­tri­buée, ils ris­quaient fort de se retour­ner contre les tra­vailleurs, qui seraient forcés d’adopter des mesures col­lec­ti­vistes pour défendre la révo­lu­tion et assu­rer leur propre survie.

Cette ana­lyse n’était pas limi­tée à la direc­tion du Parti bol­che­vique. Elle était lar­ge­ment par­ta­gée par les masses ouvrières, qui sui­vaient atten­ti­ve­ment les péri­pé­ties des luttes à l’Ouest. Même les Mencheviks, mar­xistes « ortho­doxes » qui en octobre avaient refusé d’appuyer la nou­velle révo­lu­tion parce que les condi­tions du socia­lisme man­quaient, ont fini par s’y ral­lier dès que la révo­lu­tion a éclaté en Allemagne en décembre 1918. A leurs yeux cela ren­dait enfin viable la révo­lu­tion socia­liste en Russie.

Contre toute attente, la révo­lu­tion en Russie, qui a dû orga­ni­ser à partir de zéro une armée dans des condi­tions d’effondrement éco­no­mique, a sur­vécu malgré son iso­le­ment. Cela a été rendu pos­sible en grande partie grâce à la montée ouvrière en Occident, qui a limité la capa­cité d’intervention directe des États capi­ta­listes. Comme l’explique un his­to­rien amé­ri­cain, « Les hommes d’État à Paris étaient assis sur une mince croûte de ter­rain solide, sous laquelle bouillon­naient les forces vol­ca­niques de bou­le­ver­se­ment social… Il y avait donc une raison abso­lu­ment convain­cante expli­quant pour­quoi les puis­sances alliées ne pou­vaient satis­faire les attentes des Russes blancs en inter­ve­nant avec un plus grand nombre de troupes : il n’y avait pas de troupes fiables. L’opinion com­mune des grands hommes d’État et des géné­raux, c’est que la ten­ta­tive d’envoyer un grand nombre de sol­dats en Russie fini­rait pro­ba­ble­ment en muti­ne­rie. » (6)

A Winston Churchill, qui deman­dait avec insis­tance l’envoi de plus de troupes en Russie, Lloyd George a répondu que, s’il fai­sait cela, « la Grande-Bretagne elle-même devien­dra bol­che­vique et nous aurons des soviets à Londres. » Il exa­gé­rait sans doute le danger immi­nent de la révo­lu­tion, mais le refus des tra­vailleurs por­tuaires de char­ger les armes, les mani­fes­ta­tions de masse à tra­vers le pays, la menace immé­diate d’une grève géné­rale et l’allusion à des actions encore plus déci­sives qui se pré­pa­raient (350 conseils locaux ont été consti­tués et atten­daient impa­tiem­ment le mot d’ordre de com­men­cer) — tout cela a empê­ché une inter­ven­tion d’envergure avec la France en août 1920 du côté des forces polo­naises. Ce geste dés­in­té­ressé, peu dans le carac­tère de la direc­tion majo­ri­tai­re­ment réfor­miste du Parti tra­vailliste, donne la mesure de la période. Cette mobi­li­sa­tion a apporté une contri­bu­tion directe et impor­tante à la survie de la révo­lu­tion en Russie.

La révo­lu­tion a éga­le­ment résisté à l’hostilité des pay­sans, alié­nés par le mono­pole de grain du gou­ver­ne­ment et par la réqui­si­tion sans contre­par­tie de leurs sur­plus, et sou­vent aussi de ce qui n’était pas en sur­plus. Mais les pay­sans com­pre­naient aussi que les bol­che­viks étaient la seule force capable d’organiser la vic­toire sur la contre-révo­lu­tion, qui aurait noyé la réforme agraire dans un bain de sang paysan (7). Ainsi, un grand sou­lè­ve­ment paysan a éclaté dans la région cen­trale de la Volga (au sud-est de Moscou) au prin­temps 1919. Cet été le géné­ral blanc Denikine a lancé une offen­sive majeure à partir du sud, comp­tant sur le sou­tien des pay­sans révol­tés. Pour les bol­che­viks c’était le moment le plus déses­péré de la guerre civile. Et ils ont tenté tout — répres­sion, pro­pa­gande, allé­ge­ment du far­deau fiscal des pay­sans moyens, amnis­tie pour les pay­sans qui ont « par incons­cience » adhéré à la révolte. Le tout sans effet. Le tour­nant est arrivé seule­ment lorsque Denikine s’est appro­ché de Moscou et que le danger d’un retour des grands pro­prié­taires était devenu tan­gible pour les pay­sans. A ce moment la révolte est partie en fumée et près d’un mil­lion de déser­teurs pay­sans ont volon­tai­re­ment rega­gné les rangs de l’Armée rouge (8).

Mais la vic­toire, après trois ans de guerre civile et d’intervention étran­gère, fut payée d’un prix ter­rible : des mil­lions de morts, la plu­part empor­tés par la faim et l’épidémie ; une éco­no­mie dévas­tée ; une classe ouvrière, force motrice de la révo­lu­tion, dis­per­sée et exsangue. Avec l’isolement inter­na­tio­nal de la révo­lu­tion, cela consti­tuait le ter­rain socio­po­li­tique qui allait nour­rir la montée de la dic­ta­ture bureau­cra­tique dans les années sui­vantes. Pour cette raison, Staline, fai­sant fi de l’analyse mar­xiste, a affirmé en 1924 la pos­si­bi­lité de construire le socia­lisme dans la Russie isolée. Entre autres, cette nou­velle « théo­rie » ser­vait de jus­ti­fi­ca­tion à la subor­di­na­tion des partis com­mu­nistes étran­gers aux inté­rêts de l’élite bureau­cra­tique russe, une poli­tique qui deman­dait l’abandon par ces partis de leur mis­sion révo­lu­tion­naire. Le régime bureau­cra­tique, qui allait écra­ser sa propre classe ouvrière sous les rouages de sa machine répres­sive et qui la main­tien­drait ato­mi­sée pen­dant six décen­nies, n’était aucu­ne­ment inté­ressé à des révo­lu­tions à l’étranger, et sur­tout pas en Occident. En fait, il y voyait un danger mortel.

Appuyant la demande des comi­tés d’usine au prin­temps 1918 de natio­na­li­ser les entre­prises indus­trielles — mesure qui n’avait pas été prévue en octobre par les Bolcheviks (9) — un mili­tant a expliqué :

« Les condi­tions étaient telles que les comi­tés d’usines ont pris le plein contrôle des entre­prises. C’était la consé­quence de tout le déve­lop­pe­ment de notre révo­lu­tion, le résul­tat inévi­table de la lutte de classe qui se dérou­lait. Le pro­lé­ta­riat ne s’est pas tel­le­ment avancé vers cela que les cir­cons­tances elles-mêmes l’y ont amené. Il a dû sim­ple­ment faire ce que dans la situa­tion donnée il ne pou­vait pas refu­ser de faire. Et quelque ter­rible que cela puisse paraître à plu­sieurs, cela signi­fie l’écartement total des capi­ta­listes de la ges­tion de l’économie. Oui, cela veut dire des “expé­riences socia­listes”, comme nos adver­saires aiment nous le lancer en se moquant de nous… Oui, nous devons le dire : ce que la classe ouvrière de la Russie a dû faire c’est la sup­pres­sion du capi­ta­lisme et la recons­truc­tion de notre éco­no­mie sur une nou­velle base socia­liste. Et puisque cela se fait par la classe ouvrière et que les capi­ta­listes sont écar­tés au cours de la lutte révo­lu­tion­naire, cela doit deve­nir la régu­la­tion socia­liste… Cela sera-t-il une nou­velle Commune de Paris (10) ou amè­nera-t-il au socia­lisme mon­dial — cela dépend des cir­cons­tances inter­na­tio­nales. Mais nous n’avons abso­lu­ment pas d’autre alter­na­tive » (11).

Même 90 ans plus tard, il est trop tôt pour tracer le bilan défi­ni­tif de la Révolution d’octobre d’un point de vue socia­liste. Mais main­te­nant, alors que rien ne semble rester de la Révolution d’octobre (l’avenir mon­trera si c’est une illu­sion), on peut au moins dire : « Acculés au mur, ils ont osé ». Ils se sont lancés dans une contre-offen­sive auda­cieuse qui avait une chance de gagner, au lieu de se replier dans une tac­tique défen­sive impuis­sante. Aujourd’hui, lorsque la survie même de l’humanité est en jeu, il y a sûre­ment encore quelque chose à apprendre à cette révolution.

David Mandel est membre de Gauche socia­liste (sec­tion qué­bé­coise de la IVe Internationale) et de Québec soli­daire. Professeur à l’Université du Québec à Montréal, il est l’auteur de plu­sieurs œuvres sur le mou­ve­ment ouvrier en Russie, dont Labour After Communism, Black Rose, Montréal 2005.

Notes

  1. Cité dans F. Nitti, Peaceless Europe, Londres , 1922, p. 94.

  2. Selon le pays, c’était le résultat d’une combinaison de répression, d’intervention étrangère, de dépression économique, et/​ou d’une direction socialiste confuse, hésitante ou simplement traître (les problèmes de direction du mouvement ouvrier et socialiste ont évidemment des racines plus profondes, qui attendent toujours leur analyse adéquate). Cela ne veut pas dire qu’une révolution était à l’ordre de jour immédiat dans tous les pays qui ont connu une montée des luttes. Mais il est clair que le capitalisme, au moins en Europe, n’aurait pu longtemps survivre à la victoire d’une révolution même dans un seul pays occidental quelque peu important, s’ajoutant à la victoire en Russie.

  3. Même si l’emploi du terme « barbarie », en tant que matérialisation de la plus profonde décadence, est marqué par la vision que la civilisation gréco-romaine avait de ces sociétés collectivistes, en cours de transformations en sociétés étatiques lors de la décadence de l’Empire romain. Pour une présentation historique moins idéologique des sociétés barbares on lira avec intérêt K. Modzelewski, L’Europe des Barbares, éd. Aubier, Paris 2006 (note du rédacteur d’Inprecor).

  4. Avant la Révolution de 1905-1907, la Russie était le seul État européen important sans aucune forme de représentation politique, même purement consultative. Le régime ne tolérait pas non plus les organisations politiques ou sociales indépendantes. Après la défaite de la révolution, le Tsar a réimposé ce même régime à toutes fins utiles.

  5. Trotski a présenté l’analyse la plus cohérente, mais il était loin d’être le seul à arriver à cette conclusion sur la base de l’expérience de 1905.

  6. W. H. Chamberlin, The Russian Revolution, N.Y., Universal Library, 1962, vol. 2, p. 152.

  7. Ils avaient déjà vécu cette expérience terrible après la défaite de la Révolution de 1905.

  8. T.V. Osipova, Rossiiskoe krest’yanstvo v revolyutsii i grazhdanskoi voine, Moscou, Strelets, 2001, p. 320.

  9. Le parti n’avait pas de programme économique clair en octobre 1917. Cela reflétait en partie l’idée que ce qui serait possible dépendait de ce qui se passerait à l’Ouest. Lénine à l’époque parlait de “capitalisme d’État”, d’une économie qui ressemblerait à celle des autres pays en guerre sauf pour un trait central — le pouvoir serait entre les mains des classes populaires.

  10. Mars-mai 1871. La Commune a été écrasée militairement par les forces bourgeoises après deux mois et suivie d’une répression de masse sanglante.

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