Conseil extraordinaire de la CSN sur les élections fédérales

Battre les conservateurs

Par Mis en ligne le 05 avril 2011

Cet appel au vote utile et stra­té­gique avait déjà été lancé à l’occasion des der­nières élec­tions fédé­rales de 2008. Dans un docu­ment inti­tulé L’élection de tous les dan­gers, la CSN avait invité ses membres à iden­ti­fier et à appuyer, comté par comté, le can­di­dat ou la can­di­date ayant le plus de chances de battre les conser­va­teurs.

« Les dégâts faits par le gou­ver­ne­ment conser­va­teur, même mino­ri­taire, sont consi­dé­rables. Imaginez l’élection d’un gou­ver­ne­ment majo­ri­taire ! », de s’alarmer la pré­si­dente de la CSN, Claudette Carbonneau.

La loi et l’ordre
Ultraconservateur, sur le plan social, et ultra­li­bé­ral, sur le plan éco­no­mique, le gou­ver­ne­ment Harper est le pire qu’ait connu le Canada depuis plu­sieurs décen­nies. Sa prio­rité : amen­der le Code cri­mi­nel et aug­men­ter le finan­ce­ment de la Défense natio­nale. « Accusé d’outrage au Parlement pour avoir refusé de four­nir les coûts de construc­tion des nou­velles pri­sons et des avions mili­taires F-35 ache­tés sans appel d’offres, ce gou­ver­ne­ment auto­ri­taire, répres­sif, cacho­tier et anti­dé­mo­cra­tique, n’hésite pas écar­ter ceux et celles qui le cri­tiquent », de pour­suivre Claudette Carbonneau qui rap­pelle le retrait du finan­ce­ment à l’ONG Kairos, à Match International, à plu­sieurs groupes de femmes ainsi que les menaces qui pesaient sur le Conseil cana­dien pour la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale, Alternatives et d’autres orga­ni­sa­tions incluant les pro­grammes de soli­da­rité inter­na­tio­nale de la CSN.

Des impôts bas
Sur le plan éco­no­mique, le titre du budget pré­senté le 22 mars, Des impôts bas pour sti­mu­ler la crois­sance et l’emploi, résume à lui seul l’idéologie des conser­va­teurs. En plus de main­te­nir la dimi­nu­tion d’impôt des entre­prises pour 2012, le Canada devien­dra ainsi l’Eldorado de tous les pays du G-7 avec le taux d’imposition le plus bas, Stephen Harper promet de nou­velles baisses pour les familles dans 3 ou 4 ans, dès le retour à l’équilibre bud­gé­taire.

« Aujourd’hui, les conser­va­teurs se pré­sentent comme ceux qui ont sauvé l’économie cana­dienne, mais n’oublions pas que ce sont eux qui, en décembre 2008, refu­saient obs­ti­né­ment l’idée d’une poli­tique d’intervention de l’État pour contre­car­rer la spi­rale de la crise », de rap­pe­ler la pré­si­dente de la CSN.

Environnement
En quelques années, le Canada est devenu le cancre des pays déve­lop­pés dans le domaine des chan­ge­ments cli­ma­tiques. Violant ses enga­ge­ments comme signa­taire du Protocole de Kyoto, le gou­ver­ne­ment de Stephen Harper conti­nue de défendre bec et ongles, au pays comme à l’étranger, la lucra­tive et pol­luante indus­trie des sables bitu­mi­neux. Il affirme vou­loir s’inspirer du modèle amé­ri­cain, mais lorsque les États-Unis ins­taurent de nou­velles ini­tia­tives pour limi­ter les émis­sions de GES, le gou­ver­ne­ment conser­va­teur Harper reste muet.

« Manque d’éthique, abus de pou­voir et mépris envers la démo­cra­tie, cafouillage entou­rant le recen­se­ment, refus de rendre acces­sibles des docu­ments sur les déte­nus afghans, conflits avec Élections Canada, accu­sa­tions por­tées contre des membres influents du parti, échec pour obte­nir un siège au Conseil de sécu­rité de l’ONU, refus de rapa­trier Omar Kadhr, rôle effacé dans les évé­ne­ments au Proche-Orient et en Afrique du Nord, menace de couper les vivres aux partis poli­tiques, ten­ta­tive de recri­mi­na­li­sa­tion de l’avortement, pillage de la caisse d’assurance-emploi, cri­mi­na­li­sa­tion des jeunes contre­ve­nants, non-inter­ven­tion éco­no­mique dans les sec­teur manu­fac­tu­rier et fores­tier : ce beau pro­gramme, Stephen Harper l’a appli­qué malgré qu’il était à la tête d’un gou­ver­ne­ment mino­ri­taire. Imaginons l’avenir que nous réserve un gou­ver­ne­ment majo­ri­taire. Il faut abso­lu­ment battre les conser­va­teurs », de conclure la leader syn­di­cale.

La CSN repré­sente plus de 300 000 tra­vailleuses et tra­vailleurs, et ce, tant dans les sec­teurs privé que public.

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