Wilfried-cordeau

L'accès à la justice, quelle justice?
Philippe Crevier, Hubert Forcier et Samuel Trépanier (dir.), Renouveler le syndicalisme. Pour changer le Québec, Montréal, Écosociété, 2015
Notes de lecture
mardi 5 mai 2020
No 16 - Automne 2016

Le mou­ve­ment syn­di­cal, et l’idée même de syn­di­ca­lisme, ont la vie bien dure. Au Québec pour­tant, ce mou­ve­ment jouit d’une place hono­rable : le taux de syn­di­ca­li­sa­tion, oscil­lant autour de 40 % de la main d’œuvre depuis plus de 30 ans, demeure le plus enviable d’Amérique du Nord ; le mou­ve­ment syn­di­cal reste his­to­ri­que­ment et incon­tes­ta­ble­ment asso­cié au mou­ve­ment de moder­ni­sa­tion et aux pro­grès sociaux du Québec ; il influence de manière constante les condi­tions du marché du tra­vail ; il consti­tue objec­ti­ve­ment, avec le mou­ve­ment étu­diant, le levier poli­tique et social le plus lar­ge­ment démo­cra­tique qui puisse exis­ter dans notre société, en dehors des ins­ti­tu­tions par­le­men­taires. Malgré cela, et comme bien des ins­ti­tu­tions sociales, il vit une crise presque per­ma­nente depuis quelques décen­nies. Crise d’autant plus pro­fonde que, à la recherche du saint Graal de son propre renou­veau, le mou­ve­ment peine à se réin­ven­ter de manière large, en dehors d’expériences à petite échelle qui ne par­viennent pas à ren­ver­ser une ten­dance lourde.

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NOTES DE LECTURE
Être, agir, enseigner en tant qu’anarchiste à l’école secondaire
Sylvain Larose, Saint-Joseph-du-Lac, M Éditeur, 2018

Est-il pos­sible, lorsqu’on est anar­chiste, d’enseigner dans une école secon­daire dans le res­pect de ses convic­tions poli­tiques et valeurs per­son­nelles, tout en répon­dant à des pro­grammes et à des règles offi­cielles édic­tées par l’État ? C’est le défi que Sylvain Larose, ensei­gnant des sciences humaines au secon­daire, relève depuis une ving­taine d’années. Il livre dans cet essai les leçons de son expé­rience, et pro­pose des orien­ta­tions et outils pour ini­tier ses col­lègues, actuels et futurs, à sa démarche.

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Notes de lecture
Normand Baillargeon, Anarchisme et éducation. Anthologie. Tome I – 1793-1918, Saint-Joseph-du-Lac, M Éditeur, 2016
samedi 12 octobre 2019
No. 20 – Automne 2018

L’école est un objet à la fois pri­vi­lé­gié et convoité de la lutte des classes. À la fin du XIXe siècle et au moment de l’instauration des démo­cra­ties occi­den­tales, la fonc­tion sociale de l’éducation se trouve au cœur des aspi­ra­tions, tant moder­ni­sa­trices que révo­lu­tion­naires, des écoles de pensée qui s’organisent de part et d’autre de la struc­ture sociale. Ainsi, la bour­geoi­sie voit géné­ra­le­ment dans un sys­tème d’éducation admi­nis­tré par l’État le moyen d’arracher à l’aristocratie et à l’Église leur main­mise idéo­lo­gique sur le peuple et d’inculquer aux masses popu­laires les rudi­ments savam­ment choi­sis de la connais­sance tech­nique et de la mora­lité néces­saires à l’essor indus­triel et à l’ordre social émergent. À l’autre bout du spectre, com­mu­nistes et anar­chistes prennent le parti d’une édu­ca­tion éman­ci­pa­trice, source d’égalité sociale et moyen d’abolir les rap­ports conflic­tuels de classes. Ils se dis­putent néan­moins sur le rôle et l’initiative d’une auto­rité cen­trale et sur la sur­veillance à exer­cer sur toute entre­prise d’éducation des masses.

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