Stephane-chalifour

Tunisie : La déchirure
samedi 2 novembre 2013
Gauche / Mouvements sociaux

Deux ans après la chute du dic­ta­teur Ben Ali, la Tunisie, ber­ceau du prin­temps arabe, peine à sortir d’une crise poli­tique qui a pris, au cours des der­niers mois, l’allure d’un véri­table drame dont les déra­pages tendent à refroi­dir les ardeurs de ceux qui voyaient dans cette révo­lu­tion le labo­ra­toire d’une forme spé­ci­fi­que­ment arabe de tran­si­tion à la démo­cra­tie. Galvanisés par la pro­messe d’une rup­ture salu­taire et portés par la fièvre du chan­ge­ment, les Tunisiens s’étaient pour­tant prêtés au jeu des pre­mières élec­tions légis­la­tives, le 23 octobre 2011, avec l’enthousiasme juvé­nile qui avait embrasé ses prin­ci­paux arti­sans. Issue des urnes, l’Assemblée consti­tuante se vit confier l’ambitieux mandat d’accoucher d’une nou­velle consti­tu­tion à la fois garante du res­pect des liber­tés indi­vi­duelles et du fonc­tion­ne­ment des grandes ins­ti­tu­tions qui sous-tendent l’État de droit.

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Tunisie : la part de l’ombre.
Scénarios pour une jeune démocratie

Le 17 décembre 2010, dans un petit vil­lage du centre de la Tunisie, un chô­meur de 26 ans, acculé au déses­poir, à la fois humi­lié et per­sé­cuté par la police, s’immole devant une foule incré­dule. Martyr malgré lui, Mohammed Bouazizi de Sidi-Bouzid allait deve­nir ainsi le sym­bole de la « révo­lu­tion du jasmin » puis du prin­temps arabe. Quelques jours plus tard, armés de leur seul cou­rage des mil­liers de jeunes pre­naient la rue d’assaut à Tunis et ailleurs dési­reux de rompre un silence de plus de 50 ans.

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Rouge comme un printemps

Réflexion sur le mouvement étudiant

Ce qui n’était à l’origine qu’un conflit de faible inten­sité des­tiné à se résoudre de lui-même par l’effet com­biné de l’usure du temps et la peur de l’échec, s’est len­te­ment trans­formé en une véri­table crise dont l’ampleur pose avec une acuité nou­velle la récur­rente ques­tion du contrat social. Manifestement dépassé par les évé­ne­ments, mais conforté par les son­dages, le gou­ver­ne­ment libé­ral a sous-estimé cette frange de la jeu­nesse étu­diante dont la déter­mi­na­tion s’est déployée dans la durée, la créa­ti­vité et l’intelligence. L’esquive et le refus de dis­cu­ter d’un mora­toire (dont l’annonce aurait suffi à court-cir­cui­ter la radi­ca­li­sa­tion des étu­diants), ont fini par consti­tuer – pour l’essentiel – la stra­té­gie impro­vi­sée d’un gou­ver­ne­ment dont l’apparente fer­meté atteste, au final, de sa fai­blesse et de la déli­ques­cence de la chose publique. Bien que cette crise ne soit ni ter­mi­née, ni por­teuse d’une issue radi­cale sur le plan poli­tique, il convient de la réflé­chir à la lumière des contra­dic­tions qu’elle semble avoir exa­cer­bées. Loin de toute pré­ten­tion à l’exhaustivité, nous sou­hai­tons ici reve­nir sur quelques élé­ments.

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