Sid-ahmed-soussi

Les répercussions de la loi antisyndicale du Wisconsin

Une loi anti­syn­di­cale a été adop­tée le 10 mars 2011 par le Wisconsin à l’initiative de son gou­ver­neur répu­bli­cain, Scott Walker. Elle ne fait pas que trans­for­mer de fond en comble les rela­tions du tra­vail dans la fonc­tion publique de cet État. Au-delà des nou­velles dis­po­si­tions aug­men­tant consi­dé­ra­ble­ment les contri­bu­tions des employés aux régimes de retraite et d’assurance-santé, cette loi vide de sa sub­stance le droit à la négo­cia­tion col­lec­tive. Elle sup­prime le pré­lè­ve­ment auto­ma­tique des coti­sa­tions syn­di­cales (notre for­mule Rand) et condi­tionne l’adhésion syn­di­cale à un vote annuel obli­ga­toire. Dernier de ses ver­rous à la repré­sen­ta­tion col­lec­tive : à défaut de ne pou­voir léga­le­ment abolir le droit à la négo­cia­tion sala­riale, la nou­velle loi balise stric­te­ment cette der­nière par l’obligation de subor­don­ner tout dépas­se­ment de l’indice du coût de la vie à la tenue d’un réfé­ren­dum.

Lire la suite...
Le travail au cœur du capitalisme

Il importe de décons­truire les réa­li­tés contem­po­raines du tra­vail pour jeter un regard cri­tique sur les dis­cours actuels de légi­ti­ma­tion du tra­vail. D’abord parce que la cri­tique de la pensée du tra­vail est au cœur de l’opposition his­to­rique et poli­tique entre le tra­vail et le capi­tal. Chacun de ces deux acteurs du capi­ta­lisme, dans son entre­prise de légi­ti­ma­tion, tente de se réap­pro­prier cette pensée du tra­vail, non seule­ment dans son essence anthro­po­lo­gique, mais éga­le­ment son his­to­ri­cité sociale. Ensuite, parce que cette pensée est le pro­duit d’une entre­prise hégé­mo­nique portée par les dis­cours des acteurs domi­nants de ce capi­ta­lisme contem­po­rain qui se pré­sente sys­té­ma­ti­que­ment comme le mode d’organisation sociale « natu­rel » des socié­tés humaines. D’où une autre inter­ro­ga­tion, celle de la nature et de la qua­li­fi­ca­tion du capi­ta­lisme contem­po­rain. Travail et capi­tal forment le couple moteur du capi­ta­lisme depuis la Révolution indus­trielle. Autant dans son pro­ces­sus, éco­no­mique, d’accumulation du capi­tal que dans sa dyna­mique socio­po­li­tique. Dans cette dyna­mique, les mou­ve­ments ouvriers et socia­listes ont fait de la conflic­tua­lité du tra­vail leur prin­ci­pal cheval de bataille pour le chan­ge­ment social. L’exigence de redis­tri­bu­tion de la richesse accu­mu­lée par le capi­tal, concré­ti­sée par la for­ma­tion de l’État-providence, ne furent-elles pas, en der­nière ins­tance, les résul­tats des luttes enga­gées par l’action col­lec­tive de ces mou­ve­ments, autour des enjeux du tra­vail et de sa régu­la­tion ?

Lire la suite...