Sebastien-bouchard

LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Comprendre les droites, renforcer les gauches
Introduction au dossier
mardi 1 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Tel un irré­duc­tible mou­ve­ment de balan­cier, nous entrons à nou­veau dans un cycle marqué par le retour de la droite au pou­voir alors que des dis­cours plus radi­caux enva­hissent l’espace public. La décen­nie 2010 a débuté avec un impor­tant cycle de contes­ta­tion mené par la gauche, des sou­lè­ve­ments popu­laires en Espagne et en Grèce jusqu’au conflit étu­diant de 2012 au Québec, en pas­sant par le mou­ve­ment Occupy, le Printemps arabe et le sommet de la vague rose en Amérique latine en 2011. Nous pou­vons affir­mer que la décen­nie 2020 s’ouvre plutôt sur une divi­sion du monde entre dif­fé­rents blocs réac­tion­naires, dans un contexte de crise pro­lon­gée des partis de centre gauche et de centre droit et de dis­lo­ca­tion sociale encou­ra­gée par l’austérité bud­gé­taire et la répres­sion vio­lente des mobi­li­sa­tions popu­laires, tant dans le Nord que dans le Sud. Aux côtés des vieux partis répu­bli­cains pré­ten­du­ment prag­ma­tiques et pré­oc­cu­pés par une « saine ges­tion » éco­no­mique des affaires de l’État se pro­file, par ailleurs, le spectre de mou­ve­ments et de partis ouver­te­ment racistes, homo­phobes et rétro­grades, habiles à légi­ti­mer des actes d’intolérance.

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Les solidaires dans Québec-Chaudière-Appalaches : une avancée de la gauche en terrain difficile
mardi 7 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Un balayage caquiste

L’analyse des résul­tats des élec­tions du 1er octobre 2018 pour la région de Québec-Chaudière-Appalaches révèle trois constats prin­ci­paux. Premièrement, la Coalition Avenir Québec (CAQ) a gagné presque par­tout, ce qui confirme que la droite est plus forte dans la grande région de Québec qu’ailleurs au Québec. Dans le comté de Chauveau, le Parti conser­va­teur du Québec (PCQ) a obtenu 8,6 % des votes. Ensuite, le Parti libé­ral (PLQ) est arrivé en seconde posi­tion presque par­tout, mais en baisse majeure, sur­tout dans Chaudière-Appalaches, mais il a gagné le comté de Jean-Talon à Sainte-Foy, le fief his­to­rique de la bour­geoi­sie libé­rale dans la région. Finalement, le Parti qué­bé­cois (PQ) est déclassé, il n’est plus que la qua­trième force poli­tique de la région.

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La radio-poubelle : le populisme de droite en action[1]

La radio-pou­belle, aussi connue sous les expres­sions « radio de confron­ta­tion » ou « radio parlée de droite », est un acteur poli­tique et média­tique impor­tant. Présente dans plu­sieurs régions, elle est l’un des élé­ments incon­tour­nables du « mys­tère de Québec », de la force de la droite poli­tique dans la grande région de Québec[2]. Héritière d’André Arthur, la radio-pou­belle de Québec a pris le devant de la scène après l’achat de CHOI-FM par Genex Communication, en 1997, et la venue de Jeff Fillion qui s’est dis­tin­gué par un dis­cours juvé­nile à carac­tère ordu­rier et miso­gyne. Depuis, la radio-pou­belle a pris de l’expansion et est deve­nue de plus en plus poli­tique. CHOI Radio X s’est mul­ti­plié avec CKIK, au Saguenay, Radio X, à Montréal pen­dant un temps et Radio X 2 à Québec, plus ado­les­cent et musi­cal. L’émission du matin de FM 93 avec Sylvain Bouchard est éga­le­ment deve­nue une émis­sion phare de la radio-pou­belle de Québec. En 2014, l’expansion du phé­no­mène passe par NRJ. Jeff Fillion, qui s’était réfu­gié dans sa radio-pirate sur le Web, devient ani­ma­teur du midi NRJ. Il est rejoint à l’émission du matin par un ancien ani­ma­teur de Radio X[3].

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