Raphael-canet

Mouvements sociaux dans les pays émergents
Les pistes de l’altermondialisme
vendredi 4 juillet 2014
Gauche / Mouvements sociaux

Résumé

Plus de 60 ans après le « grand nar­ra­tif » du déve­lop­pe­ment, la moitié de la popu­la­tion mon­diale vit encore sous le seuil de la pau­vreté. Par ailleurs, les crises de toutes sortes (éco­no­mi­que et finan­cière, ali­men­taire, éco­lo­gi­que, sociale et poli­ti­que, guer­res…) jet­tent une ombre trou­blante sur l’avenir de l’humanité. En effet, à l’ère de l’Anthropocène, où l’impact envi­ron­ne­men­tal de l’activité humaine est d’une ampleur telle qu’il génère une véri­ta­ble révo­lu­tion géo­lo­gi­que, c’est l’ensemble de notre civi­li­sa­tion indus­trielle, urbaine et consu­mé­riste qui se trouve remise en cause. Comment les peu­ples du monde peu­vent-ils s’organiser pour chan­ger leur destin et concré­ti­ser, autour d’alternatives réel­les, ce que Riccardo Petrella appelle leur désir d’humanité ? Dans ce cha­pi­tre, nous cher­chons à esquis­ser les contours du monde de l’après-développement. Un monde éman­cipé de l’utilitarisme, du pro­duc­ti­visme, du glo­ba­lisme et de l’asservissement de l’homme par la tech­ni­que et le dogme de la crois­sance. Cet autre monde, nous allons le décou­vrir dans les reven­di­ca­tions des mou­ve­ments sociaux, qui consti­tuent un archi­pel de mondes alter­na­tifs en train d’émerger autour de la jus­tice fis­cale, de la sou­ve­rai­neté ali­men­taire, du com­merce équi­ta­ble, de l’économie sociale et soli­daire, du tra­vail décent, de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, de la décrois­sance convi­viale et de la sobriété heu­reuse, du « vivre bien ».

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Des chantiers pour changer le monde
mercredi 19 mars 2014
Gauche / Mouvements sociaux

Dans le sillon du Forum social mon­dial, un nou­veau pay­sage social prend forme : un autre monde est non seule­ment pos­si­ble et néces­saire, mais il est déjà en construc­tion à tra­vers une très grande mul­ti­tude d’initiatives qui se décli­nent à tous les niveaux, du local au global.

Ces pro­po­si­tions alter­na­ti­ves rejet­tent les modè­les glo­baux et prô­nent une vision posi­tive de la diver­sité qui mise sur l’autonomie créa­tive de tous ceux et celles qui, au stade indi­vi­duel ou col­lec­tif, se conçoi­vent comme les arti­sans d’un chan­ge­ment social salu­taire pour l’humanité. En somme, comme le scan­daient les par­ti­ci­pants au FSM de Porto Alegre en 2005, plutôt qu’une solu­tion de masse, la mou­vance alter­mon­dia­liste pro­pose une masse de solu­tions. Changer le monde, cela com­mence par se chan­ger soi-même, en pen­sant et agis­sant dif­fé­rem­ment. Cela se pour­suit dans son quar­tier, son école, sa com­mu­nauté, sa ville, sa région, son pays, sa pla­nète.

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Du printemps arabe au printemps québécois

2011 fut l’année de l’indignation et de la révolte. Tout à com­mencé en Tunisie avec l’immolation de Mohamed Bouazizi. Le jeune homme est devenu le sym­bole d’une géné­ra­tion sacri­fiée, bafouée, condam­née à l’exclusion sociale, peu importe ses com­pé­ten­ces ou ses diplô­mes, pour la seule raison de ne pas faire partie du sérail. Le prin­temps arabe était né et un vent de révolte ébranla les auto­cra­ties de la région, empor­tant quel­ques dic­ta­teurs (Ben Ali, Moubarak, Kadhafi), désta­bi­li­sant des régi­mes (Yémen, Jordanie, Bahreïn, Koweït) et pous­sant de nom­breux autres à concé­der des réfor­mes (Maroc, Algérie, Oman, Arabie Saoudite). Le pro­ces­sus est tou­jours vivant au moment d’écrire ces lignes, notam­ment en Syrie. Les images de ces peu­ples arabes désta­bi­li­sant leurs oli­gar­chies ont fait le tour du monde. Au point où cer­tains, au Nord, ont com­mencé à se dire que s’ils sont capa­bles dans le monde arabe de ren­ver­ser des dic­ta­tu­res éta­blies par la force des armes, alors pour­quoi ne pour­rions nous pas ren­ver­ser chez nous la dic­ta­ture des ban­ques et des mar­chés finan­ciers qui impose à tous, au nom de la sacro-sainte lutte au défi­cit, de payer tou­jours plus pour des ser­vi­ces tou­jours moin­dres ?

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Dakar - le Caire - Tunis : même combat
Le Forum social mondial et les processus de mobilisation politique

70 000 per­son­nes ont défilé le 6 février der­nier dans les rues de Dakar pour la marche d’ouverture du Forum social mon­dial (FSM). Par la suite, et jusqu’au 11 février, plu­sieurs dizai­nes de mil­liers de par­ti­ci­pants ont cir­culé sur le campus de l’Université Cheikh Anta Diop à la recher­che d’un ate­lier, d’une confé­rence ou d’une mani­fes­ta­tion afin de penser et construire un monde dif­fé­rent, plus juste, soli­daire et démo­cra­ti­que.

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Le Forum social mondial de Dakar (Sénégal)
6-11 février 2011

En 2011, le Forum Social Mondial retourne en Afrique. Après Bamako (Mali) en 2006 et Nairobi (Kenya) en 2007, c’est au tour de la capi­tale du Sénégal, Dakar, d’accueillir le FSM du 6 au 11 février 2011. Mettant l’accent sur l’histoire des résis­tan­ces et des luttes des peu­ples afri­cains, le FSM 2011 devrait par­ve­nir à créer une inter­face utile entre les luttes glo­ba­les et les stra­té­gies com­mu­nes en Afrique, au Sud, et dans le reste du monde.

Le Forum de 2011 sera orga­nisé dans un contexte mon­dial marqué par la crise pro­fonde du sys­tème néo­li­bé­ral, sym­bo­lisé sur­tout par l’effondrement du fon­da­men­ta­lisme de marché illus­tré par la crise finan­cière inter­na­tio­nale. Celle-ci avait été pré­cé­dée par la crise ali­men­taire mon­diale qui a ajouté des mil­lions de per­son­nes à la liste déjà longue de celles qui souf­frent chro­ni­que­ment de la faim, esti­mées à plus d’un mil­liard selon la FAO. Les chan­ge­ments cli­ma­ti­ques sont venus exa­cer­ber toutes ces crises et aggra­ver les mena­ces qui pèsent sur la pla­nète. Le Forum Social Mondial de Belém de 2009 avait sou­li­gné les pré­oc­cu­pa­tions du mou­ve­ment alter­mon­dia­liste sur cette ques­tion. Toutes ces crises sont le reflet de l’essoufflement du sys­tème capi­ta­liste dont la crise de légi­ti­mité s’approfondit chaque jour un peu plus. Tous les mythes fon­da­teurs du capi­ta­lisme, tels que le « libre-marché», le « libre-échange», les mar­chés « auto-régu­la­teurs», sont par­tout remis en cause, y com­pris dans les pays capi­ta­lis­tes.

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À paraître le 22 septembre 2010
L’altermondialisme
Forums sociaux, résistances et nouvelle culture politique

Des forums sociaux aux dif­fé­rents som­mets inter­na­tio­naux, nous avons vu émer­ger une société civile mon­diale, qua­li­fiée d’altermondialiste. Ce nouvel acteur poli­ti­que, fai­sant de la glo­ba­li­sa­tion un enjeu des luttes socia­les, est un pôle d’attraction et de déve­lop­pe­ment pour nombre d’organisations et d’activistes du monde entier qui se regrou­pent lors des forums et les dépas­sent par leurs actions.

Mais qu’entend-on par alter­mon­dia­lisme ? Voir par les alter­mon­dia­lis­mes ? Quels reven­di­ca­tions, mou­ve­ments citoyens et moyens d’action, ce terme englobe-t-il ? Quels sont les enjeux de ce mili­tan­tisme en plein déve­lop­pe­ment ? Comment s’organisent les forums sociaux ? En quoi sont-ils l’expression d’une nou­velle forme d’expression et de par­ti­ci­pa­tion au poli­ti­que ?

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L’intelligence en essaim.
Stratégie d’internationalisation des forums sociaux et régionalisation de la contestation mondiale
dimanche 23 août 2009
Gauche / Mouvements sociaux

Raphaël Canet est pro­fes­seur rem­pla­çant à la faculté des scien­ces socia­les de l’université d’Ottawa (Canada) et cofon­da­teur du col­lec­tif de recher­che acti­viste AlterUQAM. Il est membre du secré­ta­riat du Forum social qué­bé­cois. Ses recher­ches por­tent sur la mou­vance alter­mon­dia­liste et la dyna­mi­que des forums sociaux, les mobi­li­sa­tions poli­ti­ques dans les Amériques, la ques­tion des iden­ti­tés, les théo­ries de la nation et du natio­na­lisme, la citoyen­neté et la gou­ver­nance.

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