Pierre-mouterde

Valleyfield, mémoires et résistances
La lutte pour l’indépendance du Québec Axe stratégique d’une transition émancipatrice
Perspectives
jeudi 30 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Depuis le grand bas­cu­le­ment des années 1980, le redé­ploie­ment du capi­ta­lisme néo­li­bé­ral et le démem­bre­ment des pays dits socia­listes, la donne socio­po­li­tique du monde a changé du tout au tout. Elle nous inter­dit donc de reprendre à notre compte, sans les boni­fier et réac­tua­li­ser, les outils et concepts héri­tés du passé. Et cela, non seule­ment parce que les grands récits poli­tiques qui étaient autre­fois les nôtres (le com­mu­nisme, la social-démo­cra­tie ou le natio­na­lisme popu­laire) ont perdu de leur aura et leur légi­ti­mité, mais aussi parce qu’ont surgi avec une inten­sité inédite de nou­veaux mou­ve­ments sociaux poin­tant du doigt de nou­velles contra­dic­tions géné­rées par le sys­tème global. Cette période de chan­ge­ments majeurs, et par­tant d’incertitudes et de doutes, nous oblige ainsi à penser les idées d’indépendance et de tran­si­tion de manière tota­le­ment renou­ve­lée. Surtout si l’on ajoute à ces pre­mières don­nées contex­tuelles, la for­mi­dable crise de la repré­sen­ta­tion poli­tique que nous connais­sons et, plus glo­ba­le­ment, la crise géné­ra­li­sée des valeurs cultu­relles et col­lec­tives à tra­vers les­quelles avait été pensé jusqu’à pré­sent le chan­ge­ment socio­po­li­tique ou l’action révo­lu­tion­naire : celles par exemple de la sou­ve­rai­neté natio­nale, de l’État dit pro­vi­dence, de la répu­blique (plus ou moins sociale) ou encore du socia­lisme (quelles que soient ses variantes).

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BILAN DES ÉLECTIONS 2018
Exaltantes percées et grandes responsabilités
jeudi 26 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Si l’on veut, après cette élec­tion de 2018, cher­cher à com­prendre quel chemin pour­rait prendre Québec soli­daire (QS) dans les années à venir, il faut partir d’une for­mi­dable contra­dic­tion : celle qui oppose les indé­niables per­cées à gauche que ce parti a effec­tuées au très hégé­mo­nique consen­sus de droite qu’il doit affron­ter. En effet, alors que QS est par­venu à capter 16,10 % du vote, les voix obte­nues par la Coalition Avenir Québec (CAQ) et le Parti libé­ral (PLQ), deux partis ouver­te­ment néo­li­bé­raux, repré­sentent près de 62,24 % des per­sonnes qui sont allées voter. Si l’on rajoute à cela les 17,06 % du Parti qué­bé­cois, parti sou­ve­rai­niste et social-libé­ral qui, lorsqu’il est au pou­voir, tend géné­ra­le­ment à mener des poli­tiques d’austérité, on se trouve devant une situa­tion pas­sa­ble­ment dif­fi­cile, plus par­ti­cu­liè­re­ment lorsqu’on aspire, comme QS, à des chan­ge­ments de fond. Comment dans un tel contexte faire bouger ce consen­sus de droite ? Comment, dans une situa­tion appa­rem­ment si contra­dic­toire, penser le déve­lop­pe­ment de QS ? Il faut d’abord com­prendre les rai­sons du succès de QS, aussi par­tiel soit-il. Et pour cela, il n’y a rien de mieux que d’avoir suivi de près la cam­pagne de Catherine Dorion dans le comté de Taschereau, et de s’être laissé peu à peu happer par l’immense espoir qui n’a cessé de gran­dir parmi les par­ti­sans et les par­ti­sanes, et com­prendre qu’à force de volonté, d’énergie et d’organisation, il était pos­sible de gagner.

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Syndicalisme : institution ou mouvement ?
Syndicalisme en Amérique latine : la difficile recherche de voies alternatives
Le syndicalisme dans les Amériques
vendredi 27 avril 2018
No. 19 - Hiver 2018

Comme par­tout ailleurs dans le monde, le syn­di­ca­lisme en Amérique latine a connu ces der­nières décen­nies de pro­fondes trans­for­ma­tions. Le déploie­ment néo­li­bé­ral initié dans cer­tains pays dès les années 1970 ainsi que les dic­ta­tures de sécu­rité natio­nale (dans le cône Sud) ou encore les guerres de basse inten­sité (en Amérique cen­trale) qui ont secoué tout le sous-conti­nent jusqu’au milieu des années 1990, ont eu un impact consi­dé­rable sur son deve­nir et ses dyna­miques actuelles. Ne serait-ce que par la répres­sion qui s’est mas­si­ve­ment abat­tue sur ses diri­geants, diri­geantes, mili­tants et mili­tantes les plus en vue. Et le retour à la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive dans les années 1990, loin de lui redon­ner son élan d’antan, l’a confronté à de nou­veaux et dif­fi­ciles défis, notam­ment parce que le contexte dans lequel il opé­rait avait changé du tout au tout. À tel point qu’il semble aujourd’hui en crise, et qu’il fait pâle figure en termes de dyna­misme par rap­port à ces nou­veaux mou­ve­ments sociaux que sont, par exemple, le mou­ve­ment indi­gène, ou encore les mou­ve­ments éco­lo­giste et fémi­niste. Comme si presque par­tout en Amérique latine le mou­ve­ment ouvrier – au-delà d’une pré­sence pour­tant encore bien réelle – avait perdu la place cen­trale qu’il avait pu occu­per dans le passé et qu’il pei­nait aujourd’hui à trou­ver un second souffle.

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Perspectives
Cinq ans plus tard… Les étincelles d’espérance du Printemps érable 2012
lundi 5 février 2018
No. 18 - Automne 2017

L’annonce d’une aurore ardente, Si fra­gile et ténue, Si petite, Dans la paume de la main,

Une césure de feu, D’un coup de serpe, Une éra­flure de sang léger,

Un carré rouge, Minuscule mémoire,

Qu’on trans­met de main en main, Et réveille comme une arme et un ser­ment.

L’annonce d’une aurore ardente[2]

Faire œuvre d’historien ne signi­fie pas savoir « com­ment les choses se sont réel­le­ment pas­sées ».

Cela signi­fie s’emparer d’un sou­ve­nir, tel qu’il surgit à l’instant du danger. […]

Le don d’attiser dans le passé l’étincelle de l’espérance n’appartient qu’à l’historiographie inti­me­ment per­suadé que, si l’ennemi triomphe, même les morts ne seront pas en sûreté.

Et cet ennemi n’a pas fini de triom­pher.

Walter Benjamin, Sur le concept d’histoire[3]

Printemps 2012, prin­temps 2017 : si on s’en tient aux impres­sions pre­mières d’un bon nombre de citoyens et de citoyennes du Québec, on n’aura aucune peine à conclure qu’il ne reste pas grand-chose, cinq ans plus tard, du fameux Printemps érable qué­bé­cois. Ou plutôt qu’il s’agit d’une sorte de rêve loin­tain, irré­mé­dia­ble­ment enfoui dans le passé, en somme bien irréel tant le pay­sage socio­po­li­tique du Québec de ce début d’année 2017 semble s’être figé autour des pon­cifs néo­li­bé­raux et de leurs pra­tiques sociales et poli­tiques inéga­li­taires ; avec qui plus est à l’horizon – pensez à Donald Trump ou à Marine Le Pen – ces ten­ta­tions popu­listes et xéno­phobes de droite chaque fois plus inquié­tantes et enva­his­santes.

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Retour en force de la droite et questions pour la gauche !
vendredi 13 janvier 2017
Conjonctures et actualités

Un peu par­tout en Amérique latine, les gou­ver­ne­ments de gauche élus au cours de la der­nière décen­nie sont en dif­fi­culté, devant une droite qui s’organise. Comment com­prendre ce retour en force dans plu­sieurs pays ?

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Congrès de QS
Expériences de Podemos – Pour que QS trouve son chemin
mercredi 13 mai 2015
Conjonctures et actualités

Il n’est pas facile pour un parti comme Québec Solidaire de trou­ver sa voie, sa propre voix donc. À for­tiori lorsqu’on vit en Amérique du Nord, au tout début du 21e siècle. Et pour nombre de ses mili­tants et par­ti­sans, bien des ques­tions res­tent en sus­pens, à com­men­cer par cette inter­ro­ga­tion de base : sur quels modèles de réfé­rence Québec soli­daire devrait-il s’appuyer ? La social-démo­cra­tie, ou alors puisqu’on vit au Québec » le natio­na­lisme popu­laire hybride (style PQ des années 70!) ainsi que le prônent peu ou prou les par­ti­sans du réa­lisme ? Ou peut-être, comme le rêve une petite couche de mili­tants indi­gnés, liber­taires et révo­lu­tion­naires, la voie plus radi­cale de l’anticapitalisme, en s’alimentant au pas­sage auprès d’autres expé­riences sti­mu­lantes comme le fut par le passé la révo­lu­tion boli­va­rienne du Venezuela, ou plus proches de nous comme le sont les ten­ta­tives de Syriza et de Podemos ? En fait, au sein de Québec soli­daire tout est aujourd’hui sur la table. Formellement tout au moins !

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Printemps 2015 : la CSN sait-elle où elle s’en va ?

Ce n’est pas que la CSN soit, en termes d’intervention géné­rale, bien dif­fé­rente de la CSQ et de la FTQ, mais quand même ! À cause de sa struc­tu­ra­tion démo­cra­tique (chaque syn­di­cat local reste auto­nome), à cause aussi de cer­taines de ses tra­di­tions, il y cir­cu­lait tou­jours un air de liberté ainsi qu’un indé­niable sens du mili­tan­tisme qui en fai­sait un lieu d’expression pri­vi­lé­gié de la cri­tique sociale et poli­tique. Ce n’est pas pour rien que la CSN fut celle de Marcel Pépin et de Michel Chartrand. Et après tout, encore en 2003 on y défen­dait l’idée de « grève sociale », au sein du mou­ve­ment syn­di­cal. Cependant depuis quelque temps, et en par­ti­cu­lier depuis ce prin­temps 2015, on a l’impression que la CSN s’empêtre dans des conflits internes tota­le­ment contre-pro­duc­tifs et mul­ti­plie au niveau externe les signaux contraires et déso­rien­tants. À donner l’impression qu’elle sait chaque fois moins où elle s’en va !

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L’indépendance du Québec : Au-delà du nationalisme
Des solidarités pour penser la transformation sociale
lundi 24 novembre 2014
Gauche / Mouvements sociaux

Il s’agira de réflé­chir, dans un contexte de débats et de repo­si­tion­ne­ments autour de la ques­tion natio­nale au Québec ainsi que de recherche de soli­da­ri­tés avec la gauche cana­dienne, à la néces­sité de l’indépendance du Québec à l’heure de la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale. Comment lier ques­tion sociale et ques­tion natio­nale et penser l’indépendance loin de tout natio­na­lisme fri­leux et iden­ti­taire ?

Ce texte a été pré­senté au Forum Social des peuples dans l’atelier inti­tulé : L’indépendance du Québec : au-delà du natio­na­lisme, ter­rain des soli­da­ri­tés pour penser la trans­for­ma­tion sociale, le ven­dredi 22 août der­nier. (Presse-toi à gauche)

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Quel avenir pour Québec solidaire ? La voie de la rupture démocratique
mardi 13 mai 2014
Gauche / Mouvements sociaux

Les résul­tats obte­nus par Québec Solidaire aux der­nières élec­tions comme le fait qu’il n’y aura pas de nou­velles élec­tions d’ici 4 ans invitent à s’interroger sur le type d’intervention que ce parti devrait pri­vi­lé­gier au cours des pro­chaines années. Ce texte – en cher­chant à aller sur le fond[1] – vise à pro­po­ser quelques pre­miers jalons en la matière.

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