Philippe-langlois

Révolte contre le néolibéralisme, riposte contre la liberté d’association

Ce texte a fait l’objet d’une pre­mière paru­tion dans la revue Cultures & Conflits, no 87, automne 2012 (conflits​.org)

Dans son Histoire du syn­di­ca­lisme qué­bé­cois, Jacques Rouillard raconte la grève des ouvriers irlan­dais du canal de Beauharnois près de Montréal, il y a presque deux siècles, en 1843. Nous sommes à l’époque où les syn­di­cats sont encore consi­dé­rés par la loi comme des orga­ni­sa­tions cri­mi­nelles et où les tra­vailleurs reven­diquent la jour­née de tra­vail de douze heures. Après une émeute ayant fait dix morts et une cin­quan­taine de bles­sés, les entre­pre­neurs des chan­tiers navals ana­lysent que les troubles sont le fait d’agitateurs et non de la masse des ouvriers. Selon le témoi­gnage d’un contre­maître, le danger vient de ce que « chez ces hommes qui sont sans foyer et livrés à la misère […] il s’établit une unité d’action qui peut cham­bar­der les règles qui, d’ordinaire, jouent indi­vi­duel­le­ment entre l’ouvrier et son patron. » Il se promet de voir à l’avenir à ce que « l’on ne per­mette pas à ces masses de misé­reux de se réunir dans une même loca­lité ».[i]

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