Michel-husson

Le droit à l’emploi
samedi 2 août 2014
Gauche / Mouvements sociaux

Depuis plu­sieurs années, toute une série de cou­rants et d’auteurs font de l’exigence d’un revenu uni­ver­sel le fon­de­ment incon­tour­na­ble d’un projet d’émancipation sociale. Reprenant à leur compte les thèses sur la fin du tra­vail, ils consi­dè­rent que le plein emploi est hors d’atteinte. Or, cette théo­rie ne cor­res­pond pas à la réa­lité et les pro­jets de revenu uni­ver­sel sont au mieux ambi­gus. Une véri­ta­ble démar­che de trans­for­ma­tion sociale doit au contraire être fondée sur l’affirmation du droit à l’emploi, une réduc­tion mas­sive du temps de tra­vail et une exten­sion du champ de la gra­tuité pour la satis­fac­tion des besoins sociaux.

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France. Face aux ravages de l’austérité
lundi 19 mai 2014
Gauche / Mouvements sociaux

Quels sont les prin­ci­pes sur les­quels s’appuient les poli­ti­ques d’austérité, sala­riale et bud­gé­taire, menées en Europe ?

Le pre­mier pos­tu­lat est que l’austérité bud­gé­taire est néces­saire pour résor­ber les défi­cits publics. Les éco­no­mis­tes de la Commission euro­péenne ont même inventé le concept baro­que d’« aus­té­rité expan­sion­niste » pour démon­trer que des bais­ses de dépen­ses publi­ques pour­raient être com­pen­sées par un sur­croît d’activité dans le sec­teur privé. En réa­lité, les poli­ti­ques d’austérité bud­gé­taire menées par­tout en Europe n’ont fait qu’étouffer la petite reprise qui se des­si­nait en 2010 et enfon­cer l’Europe dans un contexte réces­sif.

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Réindustrialisation écologique, nouvelles coopérations

Il peut paraî­tre para­doxal de parler de réin­dus­tria­li­sa­tion alors que l’essor de l’industrie s’est his­to­ri­que­ment accom­pa­gné d’une explo­sion des dépen­ses d’énergie et des émis­sions de CO2. Mais cette for­mule de « réin­dus­tria­li­sa­tion éco­lo­gi­que » n’est pour­tant pas un oxy­more, tout sim­ple­ment parce que toute mesure contre le réchauf­fe­ment cli­ma­ti­que impli­que des inves­tis­se­ments maté­riels, qu’il s’agisse par exem­ple d’énergies renou­ve­la­bles ou d’isolation des loge­ments. Le para­doxe n’est donc qu’apparent, et cette appro­che permet au contraire de dres­ser un pont vers un nou­veau mode de déve­lop­pe­ment qui consti­tue une alter­na­tive cohé­rente à la faillite du capi­ta­lisme.

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De la crise de régulation à la crise systémique

Dans un pre­mier temps au moins, la crise a donné une nou­velle jeu­nesse aux thé­ma­ti­ques social­dé­mo­cra­tes : key­né­sia­nisme, régu­la­tion de la finance, des ban­ques et du capi­ta­lisme en géné­ral, retour de l’intervention de l’Etat, rôle de l’Etat social dans l’amortissement de la réces­sion, appel à une plus grande jus­tice dans la répar­ti­tion des reve­nus et dans la fis­ca­lité, etc. La crise sem­blait ouvrir un bou­le­vard à la social-démo­cra­tie, et il est impor­tant de savoir pour­quoi son espace poli­ti­que ne s’est pas élargi, quand il ne s’est pas rétréci.

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Droit à l’emploi ou revenu universel

Etre exploité, contraint à un tra­vail aliéné, ne serait-ce que deux heures par jour, c’est être asservi le reste du temps. Tout projet d’abandonner à ses maî­tres actuels la sphère du tra­vail sala­rié pour se libé­rer en dehors du tra­vail, est par consé­quent un mirage. Le temps libéré ne peut deve­nir un temps libre que si sa logi­que réus­sit à conta­mi­ner l’organisation du tra­vail dans tous ses aspects. Ni les chô­meurs, ni les pré­cai­res ne sont plus libres parce qu’ils sont moins long­temps sala­riés que les autres tra­vailleurs. Marx fai­sait de la réduc­tion de la jour­née de tra­vail la « condi­tion essen­tielle » de l’épanouissement. Mais celle-ci ne sau­rait acqué­rir un contenu éman­ci­pa­teur que si le temps de tra­vail est lui-même libéré du joug capi­ta­liste.

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Marx et la finance : une approche actuelle
mardi 3 janvier 2012
Inégalités / Classes sociales

Les cha­pi­tres du Capital que Marx a consa­crés à ce que l’on appel­le­rait aujourd’hui la « finance » contien­nent des élé­ments théo­ri­ques qui peu­vent tout à fait être mobi­li­sés pour com­pren­dre la crise actuelle [1]. Ils ont pro­ba­ble­ment souf­fert d’être restés à l’état de brouillons, dont la lec­ture est sou­vent rébar­ba­tive, et c’est tout l’intérêt de cette nou­velle édi­tion d’en pré­sen­ter le noyau dur. Ils consti­tuent cepen­dant un maillon essen­tiel entre l’analyse la plus abs­traite du capi­ta­lisme et la prise en compte d’éléments de son fonc­tion­ne­ment concret.

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Une crise sans fond
vendredi 29 juillet 2011
Inégalités / Classes sociales

Au moment de la rédac­tion de cet arti­cle, deux crises majeu­res ébran­lent le capi­ta­lisme et font plon­ger les Bourses : crise de la dette sou­ve­raine en Europe, sus­pense sur le pla­fond de la dette aux Etats-Unis. Il est pro­ba­ble que les gou­ver­ne­ments concer­nés arri­ve­ront à récu­pé­rer le coup, juste au bord du gouf­fre. Mais, trois ans après l’éclatement de la crise, ces ten­sions extrê­mes mon­trent qu’elle est loin d’être ter­mi­née et que sa fac­ture, après avoir été trans­mise aux bud­gets publics, est aujourd’hui pré­sen­tée aux peu­ples. Le propos de cet arti­cle est de faire le point sur la tra­jec­toire récente du capi­ta­lisme et d’en exa­mi­ner ses impli­ca­tions sur la période ouverte par la crise.

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Euro : en sortir ou pas ?

Le dérou­le­ment de la crise peut se résu­mer de manière simple : le capi­ta­lisme s’est repro­duit durant les deux décen­nies pré­cé­dant la crise en accu­mu­lant une mon­ta­gne de dettes. Pour éviter l’effondrement du sys­tème, les Etats ont repris à leur compte l’essentiel de ces dettes qui, de pri­vées, sont deve­nues publi­ques. Leur projet est doré­na­vant de pré­sen­ter la fac­ture aux citoyens sous forme de coupes bud­gé­tai­res, d’augmentation des impôts les plus injus­tes et de gel des salai­res. En résumé la majo­rité de la popu­la­tion (tra­vailleurs et retrai­tés) doit assu­rer la réa­li­sa­tion de pro­fits fic­tifs accu­mu­lés durant de lon­gues années.

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Droit à l’emploi ou revenu universel
lundi 16 mai 2011
Philo / Socio / Politique

Depuis plu­sieurs années [1], toute une série de cou­rants et d’auteurs font de l’exigence d’un revenu uni­ver­sel le fon­de­ment incon­tour­na­ble d’un projet d’émancipation sociale. Reprenant à leur compte les thèses sur la fin du tra­vail, ils consi­dè­rent que le plein emploi est hors d’atteinte. Or, cette théo­rie de la fin du tra­vail ne cor­res­pond pas à la réa­lité et les pro­jets de revenu uni­ver­sel sont au mieux ambi­gus. Une véri­ta­ble démar­che de trans­for­ma­tion sociale doit au contraire être fondée sur l’affirmation du droit à l’emploi, une réduc­tion mas­sive du temps de tra­vail et une exten­sion du champ de la gra­tuité pour la satis­fac­tion des besoins sociaux.

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