Michael-lowy

L’étincelle s’allume dans l’action
La philosophie de la praxis dans la pensée de Rosa Luxemburg

Nous pro­fi­tons de la publi­ca­tion, par les édi­tions Agone, du deuxième tome des Oeuvres com­plè­tes de Rosa Luxemburg, pour mettre à la dis­po­si­tion de tou-te-s ce texte de Michael Löwy sur la pensée de Rosa Luxemburg, texte paru dans le numéro 8 de la revue Contretemps, qui contient d’ailleurs un dos­sier sur la révo­lu­tion­naire.

Dans sa pré­sen­ta­tion des Thèses sur Feuerbach (1845) de Marx, qu’il a publiés, à titre post­hume, en 1888, Engels les qua­li­fiait de « pre­mier docu­ment dans lequel se trouve déposé le germe génial d’une nou­velle concep­tion du monde ». En effet, dans ce petit texte Marx dépasse dia­lec­ti­que­ment – la célè­bre Aufhebung : négation/​conservation/​élévation – le maté­ria­lisme et l’idéalisme anté­rieurs, et for­mule une nou­velle théo­rie, qu’on pour­rait dési­gner comme phi­lo­so­phie de la praxis.

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Les aventures de Karl Marx contre le baron de Münchhausen

Michael Löwy, Les aven­tu­res de Karl Marx contre le baron de Münchhausen. Introduction à une socio­lo­gie cri­ti­que de la connais­sance, Paris, Syllepse, 2012 (1ère éd. 1985).

« Quelles sont les condi­tions de pos­si­bi­lité de l’objectivité dans les scien­ces socia­les ? Le modèle scien­ti­fico-natu­rel d’objectivité est-il opé­ra­tion­nel pour les scien­ces his­to­ri­ques ? Une science de la société libre de juge­ments de valeur et pré­sup­po­si­tions poli­tico-socia­les est-elle conce­va­ble ? Est-il pos­si­ble d’éliminer les idéo­lo­gies du pro­ces­sus de connais­sance scien­ti­fico-social ? La science sociale n’est-elle pas néces­sai­re­ment « enga­gée», c’est-à-dire liée au point de vue d’une classe ou groupe social ? Et dans ce cas ce carac­tère par­ti­san est-il conci­lia­ble avec la connais­sance objec­tive de la vérité ? »

Extrait de la pré­face à télé­char­ger ci-des­sous.

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Alternatives écologistes au capital

Du 6 au 23 octo­bre 2011 a été testée en Grande-Bretagne la pre­mière injec­tion dans la stra­to­sphère de par­ti­cu­les cen­sées agir comme un miroir afin de reflé­ter vers l’espace les rayons du soleil et ainsi ralen­tir le réchauf­fe­ment cli­ma­ti­que. Simple pro­to­type ins­crit dans un projet plus vaste nommé SPICE (Stratospheric Particle Injection for Climate Engineering), cette nou­velle tech­no­lo­gie n’est pas le fruit de recher­ches menées par un savant un peu fou au fond de son labo­ra­toire. Elle prend place dans une nou­velle démar­che scien­ti­fi­que et éco­no­mi­que, la géo-ingé­nie­rie, qui vise à four­nir des remè­des tech­no­lo­gi­ques aux désas­tres pro­vo­qués par le sys­tème éner­gé­ti­que domi­nant. Parmi d’autres trou­vailles en cours d’élaboration, men­tion­nons la pos­si­bi­lité de recou­vrir les déserts de plas­ti­que blanc pour reflé­ter les rayons du soleil, la fer­ti­li­sa­tion du planc­ton marin pour mus­cler sa capa­cité d’absorption du CO2 ou d’autres essais pour réduire l’acidité des océans[1].

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Lire : Mattick, « Le jour de l’addition. Aux sources de la crise »
lundi 2 janvier 2012
Gauche / Mouvements sociaux

L’auteur de cette bro­chure — fils du célè­bre éco­no­miste et par­ti­san du com­mu­nisme des conseils du même nom — a été un des rédac­teurs de la revue Root and Branch, issue dans les années 60 et 70 du mou­ve­ment étu­diant et de l’opposition à la guerre du Vietnam. D’inspiration mar­xiste anti-auto­ri­taire, les arti­cles ras­sem­blés ici sont une ana­lyse non confor­miste de la crise éco­no­mi­que actuelle, du point de vue de ses vic­ti­mes de tou­jours : les clas­ses labo­rieu­ses.

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En librairie
Écosocialisme, par Michaël Lowy
L'alternative radicale à la catastrophe écologique capitaliste

Qu’est-ce que l’écosocialisme ? Il s’agit d’un cou­rant de pensée et d’action éco­lo­gi­que qui fait siens les acquis fon­da­men­taux du mar­xisme, tout en le débar­ras­sant de ses sco­ries pro­duc­ti­vis­tes.

La logi­que capi­ta­liste du marché et du profit, de même que celle de l’autoritarisme bureau­cra­ti­que de feu le « socia­lisme réel », est incom­pa­ti­ble avec les exi­gen­ces de sau­ve­garde de l’environnement. Les éco­so­cia­lis­tes cri­ti­quent les impas­ses actuel­les de l’écologie poli­ti­que, qui ne met pas en ques­tion le pou­voir du capi­tal.

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Essa
Le 89 arabe. Réflexions sur les révolutions en cours
BENJAMIN STORA, DIALOGUE AVEC EDWY PLENEL)

Stock, 173 pages, 16 euros

Ce dia­lo­gue vif et amical entre un jour­na­liste (Edwy Plenel) et un his­to­rien (Benjamin Stora) est une belle contri­bu­tion au débat sur les révo­lu­tions du monde arabe, cette for­mi­da­ble ouver­ture de l’horizon des pos­si­bles. Certes, les deux auteurs ne nous pro­po­sent pas des ana­ly­ses concrè­tes des évé­ne­ments en Tunisie et en Égypte, des forces en pré­sence, du rôle de dif­fé­rents cou­rants poli­ti­ques et reli­gieux, etc. En pre­nant une cer­taine dis­tance par rap­port à l’actualité immé­diate, ils ten­tent de situer ces révo­lu­tions dans un contexte his­to­ri­que et poli­ti­que plus large. Il s’agit d’un vrai dia­lo­gue, avec des conver­gen­ces et des dis­so­nan­ces, à partir d’un fonds commun, d’engagement anti­ra­ciste et anti­co­lo­nia­liste.

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Figures de la barbarie moderne au XXe siècle

Le mot « bar­bare » est d’origine grec­que : il dési­gnait, dans l’Antiquité, les nations non-grec­ques, consi­dé­rées pri­mi­ti­ves, incul­tes, arrié­rées et bru­ta­les. L’opposition entre civi­li­sa­tion et bar­ba­rie est donc ancienne. Elle trouve une nou­velle légi­ti­mité dans la phi­lo­so­phie des Lumières, et sera héri­tée par la gauche.

Le terme « bar­ba­rie » a selon le dic­tion­naire (Petit Robert) deux signi­fi­ca­tions dis­tinc­tes mais reliées : « manque de civi­li­sa­tion » et « cruauté de bar­bare ». L’histoire du XXe siècle nous oblige à dis­so­cier ces deux accep­tions et à réflé­chir sur le concept – appa­rem­ment contra­dic­toire, mais en fait par­fai­te­ment cohé­rent – de « bar­ba­rie civi­li­sée ».

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Écosocialisme et planification démocratique

S’il est impos­si­ble d’appliquer des refor­mes au capi­ta­lisme afin de mettre les béné­fi­ces au ser­vice de la survie humaine, quelle alter­na­tive existe-t-il si ce n’est d’opter pour un genre d’économie pla­ni­fiée au niveau natio­nal et inter­na­tio­nal ? Des pro­blè­mes tels que le chan­ge­ment cli­ma­ti­que néces­si­tent « la main visi­ble » de la pla­ni­fi­ca­tion directe […]. Au sein du capi­ta­lisme, nos diri­geants cor­po­ra­tis­tes ne peu­vent abso­lu­ment pas s’empêcher de pren­dre sys­té­ma­ti­que­ment des déci­sions sur l’environnement et l’économie qui sont erro­nées, irra­tion­nel­les et, en fin de compte, sui­ci­dai­res au niveau mon­dial étant donné la tech­no­lo­gie qu’ils ont à leur dis­po­si­tion. Alors, quel autre choix avons-nous si ce n’est d’envisager une véri­ta­ble alter­na­tive éco­so­cia­liste ?

— Richard Smith [1]

L’écosocialisme a pour objet de four­nir une alter­na­tive de civi­li­sa­tion radi­cale à ce que Marx appe­lait « le pro­grès des­truc­tif » du capi­ta­lisme [2]. C’est un choix qui pro­pose une poli­ti­que éco­no­mi­que visant les besoins sociaux et l’équilibre éco­lo­gi­que, et donc fondée sur des cri­tè­res non moné­tai­res et extra éco­no­mi­ques. Les argu­ments essen­tiels qui le sou­tien­nent ont leurs ori­gi­nes dans le mou­ve­ment éco­lo­gi­que ainsi que dans la cri­ti­que mar­xiste de l’économie poli­ti­que. Cette syn­thèse dia­lec­ti­que – envi­sa­gée par un large spec­tre d’auteurs, d’André Gorz à Elmar Altvater, James O’Connor, Joel Kovel et John Bellamy Foster – est à la fois une cri­ti­que de « l’écologie de marché » qui s’adapte au sys­tème capi­ta­liste, et du « socia­lisme pro­duc­ti­viste » qui reste indif­fé­rent à la ques­tion des limi­tes de la nature.

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Walter Benjamin critique de la civilisation

Préface à Walter Benjamin, Romantisme et cri­ti­que de la civi­li­sa­tion, Paris, Payot, 2010.

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