Lucie-lamarche1

L'accès à la justice, quelle justice?
Les enjeux de l’accès à la justice à l’heure de la philanthropie, de l’empowerment et de l’austérité : illusions et confusion
Dimension historique et théorique
vendredi 20 mars 2020
No 16 - Automne 2016

Il ne peut y avoir de pri­mauté du droit sans accès aux tri­bu­naux,

autre­ment la pri­mauté du droit sera rem­pla­cée

par la pri­mauté d’hommes et de femmes

qui décident qui peut avoir accès à la jus­tice[2].

Ce n’est pas d’hier que les socio­logues et les anthro­po­logues du droit s’intéressent aux rap­ports entre la loi et les « gens ordi­naires[3] ». On aura tantôt conclu que ces der­niers vivent hors ou en marge du sys­tème juri­dique, ou encore, que le sys­tème lui-même expulse les citoyennes et les citoyens qui ne pos­sèdent pas les com­pé­tences requises par le jeu des lois[4]. La loi, appré­hen­dée comme un sys­tème des­tiné aux élites, aura aussi incité cer­tains poli­to­logues et juristes à pro­mou­voir une poli­ti­sa­tion du judi­ciaire, c’est-à-dire à un usage stra­té­gique de la mobi­li­sa­tion du judi­ciaire à des fins poli­tiques[5]. Plus récem­ment tou­te­fois, c’est de l’intérieur du sys­tème judi­ciaire qu’est venue la cri­tique. Le recours aux tri­bu­naux est un pro­ces­sus long, oné­reux et n’est pas à la portée de toutes et de tous. Les citoyens font l’économie de la repré­sen­ta­tion par avocat, sou­vent à leurs risques et périls.

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