Judith-trudeau

Lettre dédiée à 
Madame la ministre Lise Thériault
vendredi 4 mars 2016
Conjonctures et actualités

KateJ’avoue que j’ai d’abord hésité entre le fou rire et l’étonnement. « Je suis beau­coup plus éga­li­taire que fémi­niste ». Mais qu’associez-vous donc au terme « éga­lité » madame la ministre ?

« Fais un homme de toi ma fille ! »

Commençons par un uni­vers que vous connais­sez bien : l’Assemblée natio­nale. 27% de repré­sen­ta­tion fémi­nine au salon bleu. Est-ce au nom de l’égalité ou du fémi­nisme qu’il fau­drait penser à des stra­té­gies pour haus­ser ce pourcentage ?

« En 2007, le revenu d’emploi des femmes tra­vaillant à temps plein toute l’année cor­res­pon­dait à 76% de celui des hommes…» (ISQ, sept 2009) Est-ce au nom de l’égalité ou du fémi­nisme que les femmes aspirent au même salaire ?

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Réponse à l’article « Une femme nue pour dessert. Tripes & Caviar offre son ‘‘John Mike Pollock’’ sur corps féminin » 1
Le John Mike Pollock : art ou récupération marchande ?
mercredi 17 février 2016
Gauche / Mouvements sociaux

Marc_Desgrandchamps« L’histoire ne ces­sera de se répé­ter, les vain­queurs conti­nue­ront de mar­cher sur les cadavres des morts, mais dans ce cor­tège immé­mo­rial, l’artiste fait parler la vic­time et lui rend sa dignité. »2 L’art peut rendre la parole. Peut inté­grer le récit de l’altérité. Peut occu­per l’imaginaire en pro­po­sant une sorte de répa­ra­tion. L’art peut évi­dem­ment se dis­so­cier de ce désir de jus­tice. Depuis le 18e siècle, l’art ne répond plus ni aux mécènes ni à l’Église. L’art est libre. Il peut même se dis­so­cier de la beauté. Il est sorti du cadre (out­side the box comme nous le rap­pe­lait une réfé­rence à Jackson Pollock dans l’article Une femme nue pour des­sert3 ) pour exis­ter en ses propres lois, fonc­tion­ner selon les ter­ri­toires qu’il crée.

Art ou divertissement ?

Bernard Émond avan­çait dans une leçon de scé­na­ri­sa­tion : « Dis-moi ce que tu visionnes et je te dirai qui tu es »4 en par­lant des films, block­bus­ters et autres genres. Pour répondre à l’idée de l’art dans l’univers fil­mique, Émond pro­po­sait deux étapes : rup­ture avec soi et ren­contre avec autrui. S’il n’y a pas cette rup­ture, s’il n’y a qu’expression de soi (ce qui est à peu près sans inté­rêt), si les pro­ta­go­nistes ne repré­sentent qu’une enflure de soi, un dis­po­si­tif du même, nous sommes en pré­sence d’insigni­fiances où le diver­tis­se­ment dame le pion à l’art. Un diver­tis­se­ment qui, para­doxa­le­ment, loin de nous évader de nous-mêmes, nous y confine, nous y condamne.

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Tunisie : la part de l’ombre.
Scénarios pour une jeune démocratie

Le 17 décembre 2010, dans un petit vil­lage du centre de la Tunisie, un chô­meur de 26 ans, acculé au déses­poir, à la fois humi­lié et per­sé­cuté par la police, s’immole devant une foule incré­dule. Martyr malgré lui, Mohammed Bouazizi de Sidi-Bouzid allait deve­nir ainsi le sym­bole de la « révo­lu­tion du jasmin » puis du prin­temps arabe. Quelques jours plus tard, armés de leur seul cou­rage des mil­liers de jeunes pre­naient la rue d’assaut à Tunis et ailleurs dési­reux de rompre un silence de plus de 50 ans.

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Rouge comme un printemps

Réflexion sur le mouvement étudiant

Ce qui n’était à l’origine qu’un conflit de faible inten­sité des­tiné à se résoudre de lui-même par l’effet com­biné de l’usure du temps et la peur de l’échec, s’est len­te­ment trans­formé en une véri­table crise dont l’ampleur pose avec une acuité nou­velle la récur­rente ques­tion du contrat social. Manifestement dépassé par les évé­ne­ments, mais conforté par les son­dages, le gou­ver­ne­ment libé­ral a sous-estimé cette frange de la jeu­nesse étu­diante dont la déter­mi­na­tion s’est déployée dans la durée, la créa­ti­vité et l’intelligence. L’esquive et le refus de dis­cu­ter d’un mora­toire (dont l’annonce aurait suffi à court-cir­cui­ter la radi­ca­li­sa­tion des étu­diants), ont fini par consti­tuer – pour l’essentiel – la stra­té­gie impro­vi­sée d’un gou­ver­ne­ment dont l’apparente fer­meté atteste, au final, de sa fai­blesse et de la déli­ques­cence de la chose publique. Bien que cette crise ne soit ni ter­mi­née, ni por­teuse d’une issue radi­cale sur le plan poli­tique, il convient de la réflé­chir à la lumière des contra­dic­tions qu’elle semble avoir exa­cer­bées. Loin de toute pré­ten­tion à l’exhaustivité, nous sou­hai­tons ici reve­nir sur quelques éléments.

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