Jonathan-durand-folco

PENSER LA GRANDE TRANSITION
Le modèle DEBOUT ! – Esquisse d’une nouvelle organisation politique
Demain et aujourd’hui, la société postcapitaliste
mercredi 11 décembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Dans un contexte que carac­té­rise la recon­fi­gu­ra­tion du pay­sage poli­tique qué­bé­cois, la gauche doit entre­prendre une réflexion fon­da­men­tale, non seule­ment sur ses orien­ta­tions, son dis­cours et ses tac­tiques élec­to­rales, mais sur sa forme orga­ni­sa­tion­nelle elle-même. Le pré­sent texte ne vise pas ici à cri­ti­quer Québec soli­daire (QS), ni à pro­po­ser la créa­tion d’un nou­veau parti qui le rem­pla­ce­rait, mais à esquis­ser les contours d’une nou­velle orga­ni­sa­tion poli­tique d’un genre inédit. La gauche s’est sou­vent empê­trée dans des débats oppo­sant, d’un côté, les mou­ve­ments sociaux auto­nomes, groupes popu­laires, syn­di­cats, comi­tés citoyens, coa­li­tions de la société civile, puis, de l’autre, un parti de gauche chargé de faire conver­ger les reven­di­ca­tions sociales grâce à un projet poli­tique commun de trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions. Cette ten­sion entre parti et mou­ve­ments, pre­nant par­fois la forme d’un cli­vage rigide, par­fois celle d’une rela­tion dia­lec­tique com­plexe, contri­bue à lais­ser à la forme parti un carac­tère immuable et indé­pas­sable.

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Notes de lecture
Ludovic Lamant, Squatter le pouvoir. Les mairies rebelles d’Espagne, Montréal, Lux, 2016
jeudi 3 octobre 2019
No. 19 - Hiver 2018

À l’heure de l’essoufflement du cycle pro­gres­siste en Amérique latine et de l’échec de Syriza en Grèce, la gauche radi­cale à tra­vers le monde est à la recherche d’une source d’inspiration, d’un modèle per­met­tant d’éclairer la voie de l’action poli­tique éman­ci­pa­trice. Si des figures « socia­listes » popu­laires comme Bernie Sanders, Jeremy Corbyn et Jean-Luc Mélenchon servent par­fois d’exemples, c’est du côté des mai­ries rebelles d’Espagne que le jour­na­liste fran­çais Ludovic Lamant nous invite à regar­der pour décou­vrir l’une des expé­ri­men­ta­tions poli­tiques les plus inno­vantes du XXIe siècle. Suite au mou­ve­ment du 15-M (qui débuta le 15 mai 2011 avec l’occupation mas­sive de la Puerta del Sol à Madrid), le récit offi­ciel veut que cette grande contes­ta­tion popu­laire se soit rapi­de­ment essouf­flée pour ensuite lais­ser place à l’ascension ful­gu­rante du nou­veau parti Podemos. Or, au-delà du succès ini­tial de cette for­ma­tion poli­tique et de son leader cha­ris­ma­tique Pablo Iglesias, Lamant sou­ligne que l’héritage du 15-M repré­sente beau­coup plus qu’un trem­plin élec­to­ral pour un parti à l’échelle natio­nale.

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Les groupes populaires face à l’État
Du municipal au municipalisme
Histoire et théories
lundi 17 décembre 2018
No. 20 – Automne 2018

Les luttes régio­nales au Québec se déroulent prin­ci­pa­le­ment sur deux fronts. Le front éco­lo­gique vise à contrer les pro­jets d’exploration, d’exploitation et de trans­port des hydro­car­bures qui menacent les milieux de vie, tandis que le front éco­no­mique lutte contre le déman­tè­le­ment des outils de déve­lop­pe­ment local et régio­nal qui fra­gi­lise les com­mu­nau­tés face à l’État et aux grandes indus­tries. Loin d’être sépa­rées, ces mobi­li­sa­tions citoyennes se rejoignent dans un besoin commun de défendre les condi­tions d’existence des com­mu­nau­tés ter­ri­to­riales, et elles prennent une signi­fi­ca­tion par­ti­cu­lière à l’échelle muni­ci­pale. En effet, les villes et les vil­lages consti­tuent un ter­rain d’action pri­vi­lé­gié de ces mou­ve­ments sociaux, les­quels auraient avan­tage à déve­lop­per une stra­té­gie poli­tique visant la réap­pro­pria­tion démo­cra­tique des ins­ti­tu­tions locales.

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Assemblée constituante
Une troisième voie
Pour une entente entre Québec solidaire et Option nationale
vendredi 1 septembre 2017
Conjonctures et actualités

Pour dépas­ser le blo­cage poli­tique du Québec, plu­sieurs met­taient de l’avant, il y a quelques mois, l’idée d’une conver­gence entre le Parti qué­bé­cois et Québec soli­daire, projet que ce der­nier a rejeté en congrès. Malgré l’échec appa­rent d’une alliance des forces pro­gres­sistes et indé­pen­dan­tistes, Québec soli­daire (QS) a entamé des dis­cus­sions avec un autre parti indé­pen­dan­tiste, Option natio­nale (ON), en vue d’une fusion. On devrait connaître les résul­tats de ces pour­par­lers dans quelques semaines. La pierre d’achoppement de ces négo­cia­tions se situe d’ores et déjà sur les moda­li­tés de l’Assemblée consti­tuante (AC) qui est deve­nue la stra­té­gie d’accession à l’indépendance com­mune à l’ensemble du mou­ve­ment sou­ve­rai­niste.

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Au-delà du Printemps 2015
Critique de la mythologie lupine
mercredi 29 avril 2015
Conjonctures et actualités

Visiblement, le Printemps 2015 aura été une grève menée sous l’égide de la mytho­lo­gie du Loup. Ce sym­bole, qui n’a rien d’anodin, repré­sente à la fois le modèle orga­ni­sa­tion­nel et l’idéologie sous-jacente du mou­ve­ment. Dans la culture euro­péenne, la figure du loup est liée à la fois à la fécon­dité, à la pro­tec­tion, à la des­truc­tion, à la puni­tion, au soleil et aux divi­ni­tés héroïques ; dans l’imaginaire autoch­tone, cet animal-totem sym­bo­lise la loyauté et la fidé­lité à la meute, qui repré­sente ici l’unité de base de mobi­li­sa­tion en groupes affi­ni­taires. La pro­tec­tion des inté­rêts de la bande s’accompagne d’affects comme la féro­cité, la fougue et l’impétuosité qui se mani­festent dans le voca­bu­laire et des images qui appellent la défiance, la contes­ta­tion, voire l’insurrection ou l’é-meute : « mon­trer les crocs », « hur­lons contre l’austérité », « l’austérité ne cou­pera pas notre révolte », « osons le prin­temps 2015 ».

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Quelques leçons de la gauche radicale méditerranéenne
vendredi 6 mars 2015
Gauche / Mouvements sociaux

La vic­toire de Syriza aux élec­tions légis­la­tives grecques du 25 jan­vier 2015 ouvre une brèche dans l’ordre établi de l’oligarchie finan­cière. Cette « coa­li­tion de la gauche radi­cale », formée en 2004 par l’articulation de nom­breuses for­ma­tions socia­listes, euro­com­mu­nistes, éco­lo­gistes, euros­cep­tiques et anti­ca­pi­ta­listes, jouit d’une pro­gres­sion ful­gu­rante au Parlement grec, pas­sant de 4,6 % des voix en octobre 2009 à 26,9 % en juin 2012, pour enfin gagner 149 sièges sur 300 avec 36,3 % en jan­vier 2015.

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SOS PKP !
mercredi 18 février 2015
Gauche / Mouvements sociaux

« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve », disait le poète alle­mand Hölderlin. Il en va ainsi du mou­ve­ment sou­ve­rai­niste, qui atten­dait un sau­veur pour relan­cer le Parti qué­bé­cois après l’une des pires défaites de son his­toire. Comme le sou­ligne Gramsci, « le césa­risme exprime tou­jours la solu­tion par “arbi­trage”, confié à une grande per­son­na­lité, d’une situa­tion his­to­rico-poli­tique carac­té­ri­sée par un équi­libre des forces annon­cia­teur de catas­trophe ». On aurait donc tort de décla­rer la fin de vie utile d’un véhi­cule poli­tique à cause d’un diag­nos­tic pré­ma­turé sur l’issue d’une crise, car celle-ci peut être le signe du cré­pus­cule d’une cer­taine idée de la sou­ve­rai­neté et l’aube d’un nou­veau projet. Contre ceux qui croient naï­ve­ment que Pierre Karl Péladeau est une coquille vide qui n’a pas de stra­té­gie, ils oublient la pre­mière leçon fon­da­men­tale de l’action poli­tique : nos adver­saires ont tou­jours un plan der­rière la tête.

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Vers une alliance PQ-CAQ ?
mercredi 7 janvier 2015
Gauche / Mouvements sociaux

Dans un texte d’avril 2013 qui pro­po­sait une ana­lyse gram­scienne du rôle des intel­lec­tuels et la recon­fi­gu­ra­tion idéo­lo­gique des partis, j’évoquais l’hypothèse d’une éven­tuelle conver­gence du Parti qué­bé­cois et de la Coalition Avenir Québec. Loin de repré­sen­ter une spé­cu­la­tion excen­trique, de nou­veaux signes sur la scène poli­tique qué­bé­coise com­mencent à cor­ro­bo­rer ce pro­nos­tic. Ce qui à l’époque demeu­rait un monde pos­sible loin­tain s’avère un scé­na­rio de plus en plus pro­bable qui pour­rait se concré­ti­ser dans un avenir rap­pro­ché. Cet article vise à faire la démons­tra­tion qu’une alliance entre le PQ et la CAQ est non seule­ment pos­sible, mais réa­li­sable, dans la conjonc­ture actuelle, notam­ment à cause du rôle clé de Pierre Karl Péladeau dans la créa­tion d’un nou­veau bloc his­to­rique. Comme le rap­pelle Simon-Pierre Savard-Tremblay (SPST), l’analyse des struc­tures socioé­co­no­miques ne doit éva­cuer la fonc­tion déter­mi­nante des acteurs dans les contextes de crise et de désar­roi idéo­lo­gique.

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Un pas de géant pour une bureaucratisation améliorée
mercredi 12 novembre 2014
Gauche / Mouvements sociaux

barrette

Le der­nier texte d’Yvan Allaire, publié le 1er octobre dans Le Devoir[1], fait l’apologie de la réforme Barrette de la gou­ver­nance du sys­tème de santé qué­bé­cois. Ce fai­sant, il dévoile les pré­misses idéo­lo­giques du projet de loi 10. Le concept de « gou­ver­nance stra­té­gique », sous-jacent à l’abolition des 18 Agences de santé et de ser­vices sociaux et la créa­tion de 20 Centres inté­grés de santé et ser­vices sociaux (CISSS), vise à résoudre le pro­blème de cafouillage admi­nis­tra­tif du réseau de santé en rem­pla­çant la bureau­cra­tie du sec­teur public par un modèle « bien rodé dans le sec­teur privé ». Cette stra­té­gie pré­voit de réduire par dix le nombre de conseils d’administration (pas­sant de 200 à seule­ment une ving­taine), ceux-ci étant formés majo­ri­tai­re­ment de membres « indé­pen­dants », c’est-à-dire d’une classe de mana­gers pro­fes­sion­nels issus d’organisations pri­vées, publiques et para­pu­bliques.

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