Jonathan-durand-folco

Quelques leçons de la gauche radicale méditerranéenne
vendredi 6 mars 2015
Gauche / Mouvements sociaux

La vic­toire de Syriza aux élec­tions légis­la­tives grecques du 25 jan­vier 2015 ouvre une brèche dans l’ordre établi de l’oligarchie finan­cière. Cette « coa­li­tion de la gauche radi­cale », formée en 2004 par l’articulation de nom­breuses for­ma­tions socia­listes, euro­com­mu­nistes, éco­lo­gistes, euros­cep­tiques et anti­ca­pi­ta­listes, jouit d’une pro­gres­sion ful­gu­rante au Parlement grec, pas­sant de 4,6 % des voix en octobre 2009 à 26,9 % en juin 2012, pour enfin gagner 149 sièges sur 300 avec 36,3 % en jan­vier 2015.

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SOS PKP !
mercredi 18 février 2015
Gauche / Mouvements sociaux

« Là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve », disait le poète alle­mand Hölderlin. Il en va ainsi du mou­ve­ment sou­ve­rai­niste, qui atten­dait un sau­veur pour relan­cer le Parti qué­bé­cois après l’une des pires défaites de son his­toire. Comme le sou­ligne Gramsci, « le césa­risme exprime tou­jours la solu­tion par “arbi­trage”, confié à une grande per­son­na­lité, d’une situa­tion his­to­rico-poli­tique carac­té­ri­sée par un équi­libre des forces annon­cia­teur de catas­trophe ». On aurait donc tort de décla­rer la fin de vie utile d’un véhi­cule poli­tique à cause d’un diag­nos­tic pré­ma­turé sur l’issue d’une crise, car celle-ci peut être le signe du cré­pus­cule d’une cer­taine idée de la sou­ve­rai­neté et l’aube d’un nou­veau projet. Contre ceux qui croient naï­ve­ment que Pierre Karl Péladeau est une coquille vide qui n’a pas de stra­té­gie, ils oublient la pre­mière leçon fon­da­men­tale de l’action poli­tique : nos adver­saires ont tou­jours un plan der­rière la tête.

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Vers une alliance PQ-CAQ ?
mercredi 7 janvier 2015
Gauche / Mouvements sociaux

Dans un texte d’avril 2013 qui pro­po­sait une ana­lyse gram­scienne du rôle des intel­lec­tuels et la recon­fi­gu­ra­tion idéo­lo­gique des partis, j’évoquais l’hypothèse d’une éven­tuelle conver­gence du Parti qué­bé­cois et de la Coalition Avenir Québec. Loin de repré­sen­ter une spé­cu­la­tion excen­trique, de nou­veaux signes sur la scène poli­tique qué­bé­coise com­mencent à cor­ro­bo­rer ce pro­nos­tic. Ce qui à l’époque demeu­rait un monde pos­sible loin­tain s’avère un scé­na­rio de plus en plus pro­bable qui pour­rait se concré­ti­ser dans un avenir rap­pro­ché. Cet article vise à faire la démons­tra­tion qu’une alliance entre le PQ et la CAQ est non seule­ment pos­sible, mais réa­li­sable, dans la conjonc­ture actuelle, notam­ment à cause du rôle clé de Pierre Karl Péladeau dans la créa­tion d’un nou­veau bloc his­to­rique. Comme le rap­pelle Simon-Pierre Savard-Tremblay (SPST), l’analyse des struc­tures socioé­co­no­miques ne doit éva­cuer la fonc­tion déter­mi­nante des acteurs dans les contextes de crise et de désar­roi idéo­lo­gique.

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Un pas de géant pour une bureaucratisation améliorée
mercredi 12 novembre 2014
Gauche / Mouvements sociaux

barrette

Le der­nier texte d’Yvan Allaire, publié le 1er octobre dans Le Devoir[1], fait l’apologie de la réforme Barrette de la gou­ver­nance du sys­tème de santé qué­bé­cois. Ce fai­sant, il dévoile les pré­misses idéo­lo­giques du projet de loi 10. Le concept de « gou­ver­nance stra­té­gique », sous-jacent à l’abolition des 18 Agences de santé et de ser­vices sociaux et la créa­tion de 20 Centres inté­grés de santé et ser­vices sociaux (CISSS), vise à résoudre le pro­blème de cafouillage admi­nis­tra­tif du réseau de santé en rem­pla­çant la bureau­cra­tie du sec­teur public par un modèle « bien rodé dans le sec­teur privé ». Cette stra­té­gie pré­voit de réduire par dix le nombre de conseils d’administration (pas­sant de 200 à seule­ment une ving­taine), ceux-ci étant formés majo­ri­tai­re­ment de membres « indé­pen­dants », c’est-à-dire d’une classe de mana­gers pro­fes­sion­nels issus d’organisations pri­vées, publiques et para­pu­bliques.

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Précis républicain à l’usage de la gauche québécoise
mercredi 29 octobre 2014
Gauche / Mouvements sociaux

« La notion de peuple est d’abord une notion poli­tique. Elle a donc néces­sai­re­ment une dimen­sion stra­té­gique. Le pou­voir est tou­jours à conqué­rir ou à conser­ver contre un ennemi ou un concur­rent, réel ou sup­posé, du peuple. » – Sadri Khiari

Thèses sur le peuple qui vient

  • 1 Le tiers man­quant entre la ques­tion sociale et la ques­tion natio­nale consti­tue le sujet poli­tique qui per­met­tra de sur­mon­ter la contra­dic­tion his­to­rique du Québec. La pre­mière, qui ques­tionne l’exploitation éco­no­mique et les classes sociales qui en découlent, s’oppose dans l’entendement à la seconde, qui cherche à libé­rer la nation qué­bé­coise de sa subor­di­na­tion poli­tique vis-à-vis l’État cana­dien. Qu’y a-t-il de commun entre une majo­rité sociale et une nation, qui pour­rait reca­drer le débat en arti­cu­lant la lutte pour la trans­for­ma­tion sociale au projet d’émancipation natio­nale ? Le peuple.
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L’écosocialisme comme projet politique
lundi 6 octobre 2014
Gauche / Mouvements sociaux

Le projet éco­so­cia­liste part de l’idée que la pré­sente crise éco­lo­gique, sans pré­cé­dent dans l’histoire de l’humanité, ne pourra être résor­bée sans la remise en ques­tion du sys­tème éco­no­mique, poli­tique et social qui lui a donné nais­sance et qui nous y ren­ferme tou­jours davan­tage : le capi­ta­lisme. Le mot d’ordre « system change, not cli­mate change » résume dans sa plus simple expres­sion l’impératif de notre temps, soit le dépas­se­ment du mode de pro­duc­tion qui conduit à l’épuisement des « deux sources d’où jaillit toute richesse : la terre et le tra­vailleur »1.

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Des interstices à la rupture
Esquisse d’une stratégie écosocialiste
dimanche 24 août 2014
Gauche / Mouvements sociaux

Introduction

Apparu en force au début des années 2000, l’écosocialisme est un nou­veau cou­rant poli­tique opé­rant la syn­thèse entre un projet socia­liste débar­rassé de la logique pro­duc­ti­viste et une éco­lo­gie fon­ciè­re­ment anti­ca­pi­ta­liste. Alors que ses pre­miers théo­ri­ciens (James O’Connor, John Bellamy Foster, Joel Kovel, André Gorz, Michaël Löwy) s’attelèrent à pro­po­ser une relec­ture cri­tique et éco­lo­giste de Marx contre les dérives auto­ri­taires et pro­duc­ti­vistes des « mar­xistes tra­di­tion­nels » et du « socia­lisme réel­le­ment exis­tant », une foule d’organisations radi­cales « rouges-vertes » euro­péennes (Parti de Gauche), scan­di­naves (Alliance de la Gauche verte nor­dique), latino-amé­ri­caines (Parti socia­lisme et liberté) et même qué­bé­coises (Réseau éco­so­cia­liste) tentent main­te­nant d’incarner ces idées à l’intérieur d’un vaste et com­plexe mou­ve­ment poli­tique.

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Comment le Big Shift permet de repenser la question canadienne
Une mystérieuse mutation
lundi 18 août 2014
Gauche / Mouvements sociaux

Les pro­gres­sistes, qu’ils soient fédé­ra­listes ou sou­ve­rai­nistes, constatent à leur grand regret le virage conser­va­teur du Canada depuis l’arrivée au pou­voir de Stephen Harper en 2006. Huit ans plus tard, ce chan­ge­ment de cap nous laisse encore pan­tois ; tout se passe comme si nous ne pou­vions pas renon­cer à l’idéal cana­dien, au mythe d’un grand pays bilingue, paci­fique, ouvert à la diver­sité, sou­cieux de l’environnement, mariant habi­le­ment équité et effi­ca­cité. Ce grand récit, impré­gné pro­fon­dé­ment dans notre ima­gi­naire col­lec­tif, évoque en nous un sen­ti­ment confus de nos­tal­gie, d’incompréhension et d’indignation face au ren­ver­se­ment des valeurs qui avaient jadis fondé notre repré­sen­ta­tion de l’identité cana­dienne.

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Pour une révolution fiscale québécoise
Le spectre de l’austérité
vendredi 9 mai 2014
Gauche / Mouvements sociaux

La conjonc­ture socio­po­li­tique des pro­chaines années sera mar­quée par l’approfondissement d’un pro­blème struc­tu­rel qui frappe de plein de fouet plu­sieurs socié­tés sur la scène inter­na­tio­nale : la crise fis­cale de l’État. Si l’augmentation de la dette publique et le ralen­tis­se­ment de la crois­sance éco­no­mique ne datent pas d’hier, la crise finan­cière mon­diale débu­tant en 2007 ouvre une ère où les défi­cits bud­gé­taires devien­dront le prin­ci­pal pré­texte pour ache­ver le déman­tè­le­ment de l’État-providence.

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