Jean-marie-harribey

La croissance économique forte a une grande probabilité de ne pas revenir dans les pays développés : vraies et fausses raisons et incertitudes…
vendredi 3 octobre 2014
Gauche / Mouvements sociaux

La crois­sance éco­no­mique nour­rit tous les fan­tasmes. Les fan­tasmes de ceux qui placent en elle tous les espoirs de sortir du marasme dans lequel les a plon­gés la crise écla­tée en 2007 : aggra­va­tion du chô­mage, de la pau­vreté et des inéga­li­tés, défi­cits, endet­te­ment privé et public, à quoi il faut ajou­ter sur le long terme épui­se­ment des res­sources et chan­ge­ment du climat. Les fan­tasmes éga­le­ment de ceux qui sont partis en croi­sade contre elle au nom de la décrois­sance pour mettre fin au pro­duc­ti­visme. Il se pour­rait bien que les espoirs ou vel­léi­tés des uns et des autres soient dou­chés par l’évolution du capi­ta­lisme contem­po­rain. En effet, il est pro­bable que la crois­sance éco­no­mique forte ne revien­dra pas dans les pays capi­ta­listes déve­lop­pés. Le pro­blème est d’identifier pour­quoi, de façon à agir dans la bonne direc­tion pour conti­nuer tout de même sur la voie du pro­grès humain. Or, les études qui nous sont pro­po­sées oscil­lent entre vraies et fausses rai­sons. Il en résulte une marge d’incertitude non négli­geable.

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Notes de lecture
La valeur, ni en surplomb, ni hors-sol
André Orléan, L’empire de la valeur, Refonder l’économie, Paris, Seuil, 2011.

Séminaire d’économie poli­tique de l’AFEP, Paris, 24 octobre 2011

1Il n’est pas sou­vent donné à lire un livre pas­sion­nant de bout en bout, un livre impor­tant pour éclai­rer la ques­tion la plus fon­da­men­tale de la théo­rie éco­no­mique, depuis la vielle éco­no­mie poli­tique jusqu’à ladite « science éco­no­mique » contem­po­raine : qu’est-ce que la valeur ? Question qui ren­voie à une autre : qu’est-ce qui fonde l’ordre mar­chand ?

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La nature sujet de droit : une fiction, un mythe fondateur pour changer la réalité ?

Jean-Marie Harribey réagit ici à l’article sui­vant :
E. Gudynas, « Développement, droits de la nature et bien-vivre : l’expérience équa­to­rienne », Mouvements, 2011/4 n° 68, p. 15-37,
éga­le­ment acces­sible sur notre site : http://​www​.mou​ve​ments​.info/​D​e​v​elopp…

Le texte d’Eduardo Gudynas « Développement, droits de la nature et bien-vivre : l’expérience équa­to­rienne », publié par Mouvements est très inté­res­sant en ceci qu’il exprime clai­re­ment une pro­blé­ma­tique désor­mais en dis­cus­sion dans les mou­ve­ments sociaux de par le monde et en ceci aussi qu’il contient nombre d’éléments qui sont sujets de contro­verses.

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La démondialisation en question(s)

Au vu de l’ampleur de la crise qu’il a engen­drée, le capi­ta­lisme mon­dia­lisé est sans doute à un tour­nant. Et l’altermondialisme, qui avait annoncé la catas­trophe et ins­piré un autre cours des choses, aussi. Depuis l’été 2007, la mon­dia­li­sa­tion de l’économie res­semble davan­tage à un châ­teau de cartes qu’à un édi­fice dont la construc­tion était donnée pour inébran­lable et défi­ni­tive : la « fin de l’histoire éco­no­mique » se nom­mait « mon­dia­li­sa­tion », et, par nature, elle ne pou­vait qu’être « heu­reuse ». Certes, elle le fut et elle l’est encore pour les classes domi­nantes dont les reve­nus, le patri­moine et le pou­voir ont pris des hau­teurs stra­to­sphé­riques, tandis que l’immense majo­rité des tra­vailleurs de tous les pays voient leurs condi­tions de vie se dégra­der rela­ti­ve­ment, et même abso­lu­ment dans beau­coup de cas. Mais l’affaiblissement des socié­tés sous les coups de bou­toir de la finance a atteint un point limite : les struc­tures de l’économie tremblent et le voile idéo­lo­gique qui brouillait ses repré­sen­ta­tions s’est déchiré. La finance est nue et elle ne peut se recon­fec­tion­ner un habit sans repro­duire encore les causes de son désastre et de celui dans lequel elle a plongé les socié­tés.

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