Guy-rocher

La lutte des étudiants est juste, dit Guy Rocher
L'un des penseurs du système d'éducation québécois prône l'abolition des droits de scolarité

Le socio­logue Guy Rocher a choisi son camp : c’est dans la rue avec les étu­diants qu’il trouve sa place depuis le début du mou­ve­ment de grève. Et au-delà du gel des droits de sco­la­rité, c’est pour le prin­cipe de la gra­tuité sco­laire qu’il milite, une lutte qu’il qua­li­fie de « juste », a-t-il confié en entre­vue au Devoir. « La gra­tuité est sou­hai­table, a rap­pelé M. Rocher. En adop­tant ce prin­cipe de départ, ça nous impose de repen­ser les poli­tiques tout autre­ment. Tant qu’on est dans le débat du gel et du dégel, on reste sur une dis­cus­sion de chiffres qui tournent en rond. »

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Pour la laïcité

Pendant des mil­lé­naires, les pou­voirs poli­tiques et les pou­voirs reli­gieux ont été dans dif­fé­rentes formes de rela­tions mutuelles. Diverses formes de rela­tions : il y a eu des rela­tions de com­plé­men­ta­rité, des rela­tions d’opposition, des rela­tions de domi­na­tion de l’une sur l’autre, il y a eu ce que Goethe aurait appelé des rela­tions d’affinité élec­tive entre le pou­voir poli­tique et le pou­voir reli­gieux.

Au cours des deux ou trois der­niers siècles est appa­rue l’idée de la sépa­ra­tion entre ce qu’on a d’abord appelé l’Église et l’État, pour parler pro­gres­si­ve­ment de la sépa­ra­tion entre l’État et les reli­gions, pour parler de la neu­tra­lité de l’État en matière de reli­gion et de convic­tion reli­gieuse. Cette idée est deve­nue une révo­lu­tion, en quelque sorte. Elle a changé la men­ta­lité de l’humanité, en tout cas de l’humanité occi­den­tale. Et il y a là un véri­table chan­ge­ment, un virage consi­dé­rable, dans la manière d’appréhender l’État et d’appréhender ses rela­tions avec le sacré et avec les ins­ti­tu­tions du sacré.

C’est dans cette pers­pec­tive que s’est éla­bo­rée pro­gres­si­ve­ment la laï­cité. Le Québec évi­dem­ment n’est pas seul à réflé­chir sur cette ques­tion, nous y sommes venus même un peu tard, mais ce qui me frappe per­son­nel­le­ment et ce qui fait que j’ai adhéré à une cer­taine laï­cité, c’est qu’elle fait partie main­te­nant de l’histoire du Québec, cette notion de laï­cité. Et la preuve, nous l’avons ce soir, avec l’auditoire que vous repré­sen­tez. Elle fait partie de l’histoire du Québec et je vou­drais vous dire les cinq rai­sons pour les­quelles je suis per­son­nel­le­ment un tenant de ce que j’appelle la laï­cité sans adjec­tif, c’est-à-dire de la laï­cité, point.

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