Guillaume-tremblay-boily

Valleyfield, mémoires et résistances
Le « soviet » de Valleyfield – Succès et échecs du travail communiste en usine
Revenir en arrière pour regarder vers l’avant
samedi 4 avril 2020
No. 22 - Automne 2019

Dans les années 1970 et au début des années 1980, le mou­ve­ment mar­xiste-léni­niste regroupe des mil­liers de sym­pa­thi­sants et sym­pa­thi­santes et consti­tue un des pôles domi­nants de la gauche qué­bé­coise. La plus impor­tante orga­ni­sa­tion du mou­ve­ment, la Ligue com­mu­niste (mar­xiste-léni­niste) du Canada, devient le Parti com­mu­niste ouvrier (PCO) en 1979. Ce parti qui se conçoit dans la tra­di­tion de la Troisième Internationale prône l’implantation en usine. Il encou­rage les mili­tants à se faire embau­cher en usine pour y faire du tra­vail syn­di­cal et poli­tique. Valleyfield est alors un des endroits où cette pré­sence com­mu­niste est la plus forte. On retrouve des mili­tants dans la plu­part des grandes usines de la ville et des envi­rons. Dans cer­tains cas, les mar­xistes-léni­nistes se font élire à des postes syn­di­caux et exercent une influence déter­mi­nante sur les luttes dans les milieux de tra­vail. Un leader du parti déclare à l’époque que « dans la région, tous les élé­ments avan­cés ont été ral­liés » et cer­tains parlent du « soviet de Valleyfield » pour décrire la vigueur de l’engagement com­mu­niste. Dans ce texte, j’analyse l’implantation dans quatre usines de la région afin de faire surgir quelques-unes des rai­sons der­rière les succès et les échecs de ces expé­riences[1].

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NOTES DE LECTURE
Grève et paix. Une histoire des lois spéciales au Québec
Martin Petitclerc et Martin Robert, Montréal, Lux, 2018
dimanche 19 janvier 2020
No. 21 - Hiver 2019

Pour quelqu’un de ma géné­ra­tion, dont la poli­ti­sa­tion s’est faite au cours des années 2000, il est par­fois dif­fi­cile de conce­voir qu’à plu­sieurs reprises au cours des der­nières décen­nies, des dizaines de mil­liers de tra­vailleurs et de tra­vailleuses du sec­teur public se sont mis en grève illé­ga­le­ment pour défier une loi spé­ciale. L’ouvrage de Petitclerc et Robert nous rap­pelle plu­sieurs de ces luttes. Il nous montre aussi que des mobi­li­sa­tions syn­di­cales d’envergure deviennent de plus en plus dif­fi­ciles à mesure que se ren­force un dis­po­si­tif répres­sif dont les lois spé­ciales sont une com­po­sante essen­tielle. Malgré des efforts inven­tifs pour contour­ner les impacts de ces lois, les grandes cen­trales syn­di­cales sont pro­gres­si­ve­ment ame­nées à adop­ter une stra­té­gie de repli pour éviter d’y être confron­tées. Les lois spé­ciales contri­buent donc à la mar­gi­na­li­sa­tion poli­tique des syn­di­cats et favo­risent en même temps la mise en place d’un mode de gou­ver­ne­ment néo­li­bé­ral.

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Notes de lecture
Jean Lamarre, Le mouvement étudiant québécois des années 1960 et ses relations avec le mouvement international, Québec, Éd. du Septentrion, 2017
dimanche 13 octobre 2019
No. 20 – Automne 2018

Depuis au moins une ving­taine d’années, un cou­rant his­to­rio­gra­phique impor­tant s’intéresse aux années 1960 dans une pers­pec­tive trans­na­tio­nale. Des cher­cheur-e-s ont sou­li­gné que les mobi­li­sa­tions poli­tiques de la période ont eu des causes sem­blables et que les mili­tantes et les mili­tants ont par­tagé un réper­toire commun de pra­tiques et de réfé­rences cultu­relles. Après un tour d’horizon de cette lit­té­ra­ture, Jean Lamarre note avec jus­tesse que celle-ci reste sou­vent vague quant aux réseaux et contacts qui ont permis aux dif­fé­rents mou­ve­ments sociaux natio­naux de s’influencer mutuel­le­ment. Pour tenter de saisir de manière sys­té­ma­tique ces influences au sein du mou­ve­ment étu­diant, l’auteur se penche sur les rela­tions bila­té­rales que l’Union géné­rale des étu­diants qué­bé­cois (UGEQ) – prin­ci­pale orga­ni­sa­tion étu­diante qué­bé­coise, de sa fon­da­tion en 1963 jusqu’à sa dis­so­lu­tion en 1969 – a entre­te­nues avec d’autres orga­ni­sa­tions natio­nales, soit celles du Canada, des États-Unis et de la France.

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