Francois-chesnais

Aux racines de la crise économique mondiale

La crise finan­cière euro­péenne est la mani­fes­ta­tion dans la sphère de la finance de la situa­tion de semi-para­ly­sie dans laquelle se trouve l’économie capi­ta­liste mon­diale. Elle en est en ce moment la mani­fes­ta­tion la plus voyante, mais en aucune manière la seule. Les poli­tiques d’austérité menées simul­ta­né­ment dans la plu­part des pays de l’Union euro­péenne (UE) contri­buent à la spi­rale réces­sion­niste mon­diale. Elles n’en sont pas l’unique cause. Les têtes de cha­pitre de la note de pers­pec­tive de l’OCDE de sep­tembre 2011 étaient élo­quentes : « L’activité mon­diale est proche de la stag­na­tion» ; « Le com­merce mon­dial s’est contracté, les dés­équi­libres mon­diaux per­sistent» ; « Sur le marché du tra­vail, les amé­lio­ra­tions sont de moins en moins per­cep­tibles» ; « La confiance s’est dégra­dée », etc. A la suite des pro­jec­tions d’Eurostat à la mi-novembre d’une contrac­tion éco­no­mique de l’UE, à laquelle même l’Allemagne ne fait pas excep­tion, la toute der­nière note de l’OCDE (28 novembre 2011) fait état d’une « dété­rio­ra­tion consi­dé­rable » avec une crois­sance pour l’ensemble de l’OCDE de 1,6% et de 3,4% pour l’économie mon­diale.

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“Il faut lire Marx sur la finance”
lundi 19 décembre 2011
Philo / Socio / Politique

La lec­ture de Marx permet-elle de com­prendre la crise du capi­ta­lisme finan­cier ? Ses ana­lyses sont-elles encore per­ti­nentes ? A relire les seize cha­pitres du livre III du Capital, on découvre com­bien l’exilé de Londres, très au fait des acti­vi­tés de la City, avait pres­senti les dan­gers du « capi­tal fictif » et du « féti­chisme de l’argent ».

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Bonnes feuilles de « Les dettes illégitimes » de François Chesnais

« Tout pro­blème humain demande à être consi­déré à partir du temps. L’idéal étant que tou­jours le pré­sent serve à construire l’avenir. Et cet avenir n’est pas celui du cosmos, mais bien celui de mon siècle, de mon pays, de mon exis­tence. […] J’appartiens irré­duc­ti­ble­ment à mon époque. Et c’est pour elle que je dois vivre. L’avenir doit être une construc­tion sou­te­nue de l’homme exis­tant. »

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Les dettes illégitimes
Quand les banques font main basse sur les politiques publiques

François Chesnais, rédac­teur de la revue Carré rouge, vient de publier un livre impor­tant, inti­tulé Les dettes illé­gi­times. Quand les banques font main basse sur les poli­tiques publiques (Editions Raisons d’agir, 2o11). Un livre péda­go­gique déga­geant les méca­nismes finan­ciers et ban­caires à l’origine de la dette dite sou­ve­raine. Il indique aussi l’actualité d’une bataille euro­péenne pour l’annulation des dettes illé­gi­times.

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« Socialisme ou barbarie » : les nouvelles dimensions d’une alternative
mardi 11 août 2009
Gauche / Mouvements sociaux

Cela fait envi­ron deux mois qu’on peut lire sur le site de Contretemps un cha­pitre du der­nier livre d’Isabelle Stengers, Au temps des catas­trophes. Résister à la bar­ba­rie qui vient. Le livre a été publié en mars 2009 par les Editions Les Empêcheurs de penser en rond/​La Découverte. Le cha­pitre dis­po­nible en lec­ture libre n’a pas fait à ce jour l’objet de com­men­taires sur le site. Il a même reçu assez peu de visites (il y en a eu 323 au moment où je ter­mine ce texte, dont deux qui me sont impu­tables !). De façon plus géné­rale, le livre semble avoir sus­cité assez peu d’articles dis­cu­tant les posi­tions pré­sen­tées et au moins à ma connais­sance, aucun du côté des anti­ca­pi­ta­listes. C’est pour­tant à eux que son livre s’adresse, je dirais même en pre­miers. Le peu de réac­tions confir­me­rait alors ce qu’elle dit redou­ter. Elle anti­cipe que face à la menace cli­ma­tique « des appels à l’union sacrée soit pro­po­sés » par le capi­tal sous les figures de « l’Entrepreneur », de « l’État » et de « la Science », avec « les accu­sa­tions de tra­hi­son qui accom­pagnent auto­ma­ti­que­ment de tels appels ». Mais ce que Isabelle Stengers craint sur­tout, est « que cela n’incite ceux qui résistent, à consta­ter du bout des lèvres seule­ment que le réchauf­fe­ment est en effet un ‘pro­blème nou­veau’, ce constat étant suivi immé­dia­te­ment par la démons­tra­tion de ce que ce pro­blème, comme tous les autres, est à mettre au compte du capi­ta­lisme, puis par la conclu­sion qu’il s’agit donc de main­te­nir le cap, sans se lais­ser trou­bler par une vérité qui ne doit pas déran­ger les pers­pec­tives de la lutte » (p.69). Il serait effec­ti­ve­ment désas­treux que la signi­fi­ca­tion de la crise du chan­ge­ment cli­ma­tique et ses impli­ca­tions soient si lourdes de consé­quences que ceux qui liraient nor­ma­le­ment un essai sur un tel sujet hésitent à le faire, ou alors l’ayant lu gardent le silence. Il peut y avoir désac­cord, comme on le verra plus loin, sur cer­taines des pro­po­si­tions faites par Isabelle Stengers sur le plan de l’action poli­tique au sens large. Mais alors il faut les expri­mer, de façon à per­mettre au débat de s’ouvrir.

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