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UNIVERSITÉ POPULAIRE D'ÉTÉ DES NCS - 2013
Construire une boussole de l’émancipation
Axe: La pensée critique aujourd'hui

Durant l’essentiel du 20e siècle, le socia­lisme a consti­tué la matrice idéo­lo­gique prin­ci­pale pour éla­bo­rer des alter­na­tives au capi­ta­lisme et impri­mer une direc­tion aux luttes anti­ca­pi­ta­listes, y com­pris quand l’émergence d’un ordre socia­liste n’était pas un objec­tif poli­tique immé­diat. Si les dis­po­si­tifs ins­ti­tu­tion­nels spé­ci­fiques his­to­ri­que­ment asso­ciés au socia­lisme sont désor­mais consi­dé­rés comme inca­pables d’accomplir leurs objec­tifs, bien des cri­tiques tra­di­tion­nel­le­ment adres­sées par les socia­listes au capi­ta­lisme semblent plus per­ti­nentes que jamais : les inéga­li­tés, la pola­ri­sa­tion éco­no­mique et l’insécurité de l’emploi s’accroissent ; de gigan­tesques entre­prises dominent les médias et la pro­duc­tion cultu­relle ; la poli­tique est de plus en plus conta­mi­née par l’argent et insen­sible à ceux et celles qui en sont privés. Le besoin d’une alter­na­tive claire au capi­ta­lisme s’affirme plus que jamais.

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Penser les alternatives
mercredi 11 janvier 2012
Philo / Socio / Politique

L’approche de Marx

Historiquement, l’approche la plus influente dans la réflexion sur les alter­na­tives au capi­ta­lisme est celle déve­lop­pée par Karl Marx. Sa solu­tion au pro­blème de l’élaboration d’une alter­na­tive cré­dible au capi­ta­lisme, si elle s’est avérée insa­tis­fai­sante au bout du compte, était intel­lec­tuel­le­ment brillante. Plutôt que de déve­lop­per un modèle théo­rique sys­té­ma­tique capable de démon­trer la pos­si­bi­lité d’une alter­na­tive éman­ci­pa­trice viable, il pro­po­sait une théo­rie de « l’impossibilité » à long terme du capi­ta­lisme. Ses argu­ments sont bien connus : à cause de sa dyna­mique et de ses contra­dic­tions internes, le capi­ta­lisme détruit ses propres condi­tions d’existence. Cette théo­rie est déter­mi­niste : à long terme le capi­ta­lisme devien­dra un ordre social impos­sible, de sorte qu’une cer­taine alter­na­tive devra néces­sai­re­ment appa­raître.

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Transformation
mardi 10 janvier 2012
Philo / Socio / Politique

La série de pro­po­si­tions à la fois réelles et uto­piques accom­pa­gnant ces cinq che­mins d’appropriation sociale ne consti­tue pas un modèle achevé pour construire une société post-capi­ta­liste. De nom­breuses autres trans­for­ma­tions seraient néces­saires à la construc­tion d’une éco­no­mie socia­liste solide, incar­nant plei­ne­ment l’idéal de la pro­priété col­lec­tive des moyens de pro­duc­tion, sans parler d’une société au sein de laquelle des idéaux de démo­cra­tie, d’égalité et d’émancipation pour­raient être mis en œuvre éga­le­ment en dehors des struc­tures éco­no­miques. Néanmoins, si l’éventail com­plet des pro­po­si­tions ins­ti­tu­tion­nelles que nous avons étu­diées était mis en appli­ca­tion de façon rigou­reuse et exhaus­tive, le capi­ta­lisme s’en trou­ve­rait pro­fon­dé­ment trans­formé. Prises une par une, cer­taines pro­po­si­tions peuvent bien être consi­dé­rées comme des avan­cées seule­ment modestes sur un chemin spé­ci­fique d’appropriation sociale.

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Les voies de l’appropriation sociale
mardi 10 janvier 2012
Philo / Socio / Politique

Pour résu­mer la pro­po­si­tion concep­tuelle défen­due ici, disons que le socia­lisme peut être dis­tin­gué du capi­ta­lisme et de l’étatisme quant à la prin­ci­pale forme de pou­voir qui struc­ture l’activité éco­no­mique, aussi bien la pro­duc­tion que la dis­tri­bu­tion de biens et ser­vices. En par­ti­cu­lier, plus est impor­tant le degré auquel les formes d’appropriation sociale influent sur l’utilisation et le contrôle des res­sources éco­no­miques, plus il est per­ti­nent de parler de socia­lisme pour décrire une telle éco­no­mie. Qu’est-ce que cela signi­fie en termes de pro­jets ins­ti­tu­tion­nels ?

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La critique fondamentale du capitalisme
dimanche 8 janvier 2012
Philo / Socio / Politique

Le capi­ta­lisme sera défini ici comme une forme d’organisation sociale dans laquelle deux carac­té­ris­tiques fon­da­men­tales pré­do­minent : pre­miè­re­ment, une struc­ture de classe carac­té­ri­sée par la pro­priété privée des moyens de pro­duc­tion, qui fait que la plu­part des gens gagnent leur vie en ven­dant leur force de tra­vail sur un marché du tra­vail ; et, deuxiè­me­ment, une coor­di­na­tion éco­no­mique orga­ni­sée par l’échange mar­chand décen­tra­lisé. Le capi­ta­lisme n’est pas seule­ment une « éco­no­mie de libre concur­rence » ; c’est une éco­no­mie de marché dotée d’une forme par­ti­cu­lière de rap­ports de classe. Historiquement, il s’est avéré le sys­tème éco­no­mique le plus puis­sant jamais déve­loppé pour sus­ci­ter le chan­ge­ment tech­no­lo­gique et un cer­tain type de crois­sance éco­no­mique. Néanmoins, des cri­tiques sérieuses peuvent être for­mu­lées contre le capi­ta­lisme qui, si elles sont jus­ti­fiées, consti­tuent le fon­de­ment de la recherche d’une alter­na­tive.

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Pour une science sociale émancipatrice
samedi 7 janvier 2012
Philo / Socio / Politique

Une science sociale éman­ci­pa­trice, au sens le plus géné­ral, cherche à géné­rer des connais­sances per­ti­nentes du point de vue du projet col­lec­tif de contes­ta­tion de l’oppression humaine, et à créer les condi­tions dans les­quelles les indi­vi­dus peuvent vivre des vies épa­nouies. L’appeler science sociale, plutôt que cri­tique ou phi­lo­so­phie sociale, revient à recon­naître l’importance, pour cette tâche, de la connais­sance scien­ti­fique sys­té­ma­tique du fonc­tion­ne­ment du monde. Et les appe­ler sociales implique que l’émancipation dépend de la trans­for­ma­tion du monde social dans son ensemble, et non pas seule­ment de chaque per­sonne prise indi­vi­duel­le­ment. Pour accom­plir sa mis­sion, une science sociale éman­ci­pa­trice est confron­tée à trois tâches élé­men­taires : d’abord, éla­bo­rer un état des lieux sys­té­ma­tique et une cri­tique du monde tel qu’il est ; ensuite, ima­gi­ner des alter­na­tives viables ; enfin, ana­ly­ser les obs­tacles, les pos­si­bi­li­tés et les dilemmes de la trans­for­ma­tion. Selon les époques, l’une ou l’autre de ces tâches peut être plus impé­rieuse que les autres, mais cha­cune est néces­saire pour éla­bo­rer une théo­rie éman­ci­pa­trice com­plète.

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En quête d’une boussole de l’émancipation
Vers une alternative socialiste

Durant l’essentiel du 20e siècle, le socia­lisme a consti­tué la matrice idéo­lo­gique prin­ci­pale pour éla­bo­rer des alter­na­tives au capi­ta­lisme et impri­mer une direc­tion aux luttes anti­ca­pi­ta­listes, y com­pris quand l’émergence d’un ordre socia­liste n’était pas un objec­tif poli­tique immé­diat. Si les dis­po­si­tifs ins­ti­tu­tion­nels spé­ci­fiques his­to­ri­que­ment asso­ciés au socia­lisme sont désor­mais consi­dé­rés comme inca­pables d’accomplir leurs objec­tifs, bien des cri­tiques tra­di­tion­nel­le­ment adres­sées par les socia­listes au capi­ta­lisme semblent plus per­ti­nentes que jamais : les inéga­li­tés, la pola­ri­sa­tion éco­no­mique et l’insécurité de l’emploi s’accroissent ; de gigan­tesques entre­prises dominent les médias et la pro­duc­tion cultu­relle ; la poli­tique est de plus en plus conta­mi­née par l’argent et insen­sible à ceux et celles qui en sont privés. Le besoin d’une alter­na­tive claire au capi­ta­lisme s’affirme plus que jamais.

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