Eric-martin

Contre la loi inhumaine de la valeur argent
Le faux débat sur les valeurs
La charte des valeurs "québécoises"

Le débat qui sévit actuellement dans l’espace public québécois autour de la « charte des valeurs québécoises oppose deux camps qui évitent d’aborder le problème fondamental qui devrait préoccuper notre société, au même titre que tous les pays du globe, à l’heure actuelle. En effet, toute l’attention est portée sur les signes religieux dits « ostentatoires », question qui vise à mots couverts les musulmans. Pendant ce temps, le Québec s’oriente vers le développement pétrolier irréfréné, donne le territoire en pâture aux minières et coupe dans l’aide sociale. C’est dire que le débat sur « les valeurs » en masque un, plus profond, qui est celui de la réelle valeur qui nous contraint tous : celle de l’économie capitaliste.

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Reprendre nos esprits
vendredi 2 août 2013
Gauche / Mouvements sociaux

Mettre le déses­poir en joue
bra­quer sur l’immonde
le ba­rillet de sa beauté
rester en elle
ne re­culer de­vant rien
tout ré­ap­prendre du ma­nie­ment des larmes

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Où vont la gauche et le mouvement étudiant québécois après le « printemps érable » ?
vendredi 18 janvier 2013
Gauche / Mouvements sociaux, Québec / Canada

Pour répondre à cette question, nos camarades français de la revue française Contretemps, se sont entretenus avec Gabriel Nadeau-Dubois, ex-porte parole de la CLASSE (principale organisation étudiante du « printemps érable »), et Eric Martin, co-auteur de Université inc. (Editions Lux, 2011), chercheur à l’IRIS et membre du CAP/NCS. L’entretien a été réalisé par Hugo Harari-Kermadec le 15 décembre 2012.

Cet entrevue est un prélude à un article à paraître dans le  prochain numéro des Nouveaux Cahiers du socialisme, où Gabriel Nadeau-Dubois y présente un retour critique sur la lutte étudiante du printemps dernier, sa dynamique originale et son rapport avec les mouvements sociaux et la politique

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Reprendre nos esprits

mettre le déses­poir en joue
bra­quer sur l’immonde
le barillet de sa beauté
rester en elle
ne recu­ler devant rien
tout réap­pren­dre du manie­ment des larmes
- Fernand Durepos

Nous assis­tons dans le Québec à ce que l’américain Christopher Lasch appe­lait « La révolte des élites » ; celles-ci ont entamé une guerre de dépos­ses­sion sans merci contre le peuple et la chose com­mune, la res publica. « Il fut un temps, disait Lasch, où ce qui était sup­posé mena­cer l’ordre social et les tra­di­tions civi­li­sa­tri­ces de la culture occi­den­tale, c’était la Révolte des masses. De nos jours, cepen­dant, il semble bien que la prin­ci­pale menace pro­vienne non des masses, mais bien de ceux qui sont au sommet de la hié­rar­chie ». Ainsi en va-t-il chez nous, où la classe domi­nante a décidé de détruire les valeurs de la Révolution tran­quille, les ser­vi­ces publics, et de passer à tabac ceux qui pré­ten­dent contes­ter, allant jusqu’à sus­pen­dre des liber­tés civi­les fon­da­men­ta­les avec la loi 78. 

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Le Québec : une société à débloquer

Pour nombre d’observateurs, les élec­tions qui s’en vien­nent à grands pas seront le point d’atterrissage du sou­lè­ve­ment étu­diant et popu­laire du prin­temps 2012. Or, un simple bras­sage des repré­sen­tants poli­ti­ques ne par­vien­dra pas à régler les contra­dic­tions pro­fon­des qui tra­ver­sent la société qué­bé­coise, et dont ce conflit s’est avéré être le révé­la­teur.

Les ins­ti­tu­tions vétus­tes en place et l’absence de débat public sur les orien­ta­tions que prend la société entrent en col­li­sion fron­tale avec les reven­di­ca­tions d’une jeu­nesse qui ravive les idéaux fon­da­men­taux de la Révolution tran­quille à partir d’une nou­velle sen­si­bi­lité alter­mon­dia­liste, éco­lo­giste et fémi­niste. L’avènement d’une démo­cra­tie plus authen­ti­que que les jeunes hommes et femmes reven­di­quent sup­pose des chan­ge­ments ins­ti­tu­tion­nels beau­coup plus mar­qués que ne le permet le jeu de l’alternance des grands partis.

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Contre la globalisation de l’endettement, contre la globalisation de la peur :
Nous refusons de nous taire devant la barbarie marchande malgré la loi spéciale

La Presse publie des « son­da­ges » bidons pour dire que seule­ment 9% de la popu­la­tion consi­dère que les ensei­gnants doi­vent appuyer les étu­diant-e-s en grève. On nous dit que les pro­fes­seur-e-s doi­vent être neu­tres dans le conflit qui déchire notre société. Cela n’est pas sans rap­pe­ler le ban­lieu­sard aliéné de la pièce de Claude Meunier Les voi­sins qui s’exclame : « Y’a tu moyen qu’un jour, il ne se passe rien ? ». Il fau­drait oublier la grève étu­diante, « passer à autre chose », c’est-à-dire à rien. Et le gou­ver­ne­ment s’en assure avec une loi qui inter­dit de penser et de parler.

C’est pour­quoi désor­mais, au Québec, il est devenu cri­mi­nel de pren­dre posi­tion, d’être un intel­lec­tuel, un pro­fes­seur, qui est atta­ché à la recher­che de la vérité et qui vise à com­pren­dre son ancrage dans le monde. Maintenant, seul pré­vau­dra le men­songe géné­ra­lisé, et il n’est plus permis d’élever sa voix pour le ques­tion­ner.

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L’acte fondateur de l’âge barbare

Pour une pre­mière fois, nous pre­nons la plume au Québec en crai­gnant que cela puisse entraî­ner des repré­sailles à notre endroit. Malgré cela, il existe des choses qu’il faut dire et écrire lors­que des crises signi­fi­ca­ti­ves écla­tent qui ris­quent d’ébranler les fon­de­ments mêmes de la démo­cra­tie.

Depuis le début du conflit étu­diant, le gou­ver­ne­ment pré­sente l’augmentation des droits de sco­la­rité comme une déci­sion pure­ment bud­gé­taire qui relè­ve­rait du bon sens et de la saine admi­nis­tra­tion. Or, malgré son aspect comp­ta­ble à pre­mière vue, il s’agit dans les faits d’une déci­sion pro­pre­ment poli­ti­que, laquelle par­ti­cipe d’un projet néo­li­bé­ral de trans­for­ma­tion du rap­port que la jeu­nesse entre­tient avec le savoir, les ins­ti­tu­tions et la société en géné­ral.

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Un cadeau empoisonné
La dernière « offre » du gouvernement

Comme il semble y avoir eu cer­tai­nes irré­gu­la­ri­tés dans le pro­ces­sus de négo­cia­tion, nous par­le­rons ici d’une offre gou­ver­ne­men­ta­les plutôt que d’une entente négo­ciée.

Le gou­ver­ne­ment garde le cap sur la hausse mais pro­pose d’instaurer un comité qui éva­lue­rait l’utilisation des res­sour­ces dans les uni­ver­si­tés. Les éco­no­mies réa­li­sées pour­raient réduire les frais affé­rents et com­pen­ser la hausse des frais de sco­la­rité. L’affaire peut sem­bler sym­pa­thi­que. Mais cette conces­sion appa­rente est, encore une fois, un cadeau empoi­sonné.

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Déclaration du 4 mai 2012
Appel à sortir du cirque et de l’encadrement du spectacle

Pendant que les médias qué­bé­cois débat­tent de ques­tions tri­via­les – vote secret, indexa­tion, posi­tion du PQ, « vio­lence » – ce sont étran­ge­ment les jour­na­lis­tes étran­gers qui sem­blent le mieux à même de saisir l’importance de la lutte que mènent les étu­diant-e-s du Québec.

Selon le Guardian britannique[1] : les étu­diants du Québec sont « the most power­ful chal­lenge to neo­li­be­ra­lism on the conti­nent » (le plus impor­tant défi pour le néo­li­bé­ra­lisme du conti­nent). Même Paris Match, le jour­nal people fran­çais, s’interroge : « Le pre­mier grand mou­ve­ment socio-éco­lo­gi­que est-il en train de naître dans la Belle Province ? Rarement, en tout cas, reven­di­ca­tions éco­no­mi­ques, socia­les et envi­ron­ne­men­ta­les n’ont paru aussi imbri­quées à une telle échelle et sur une telle durée. C’est sans doute l’un des aspects les plus nova­teurs de ce « prin­temps érable » ». Même si les chro­ni­queurs s’acharnent à faire passer le mou­ve­ment étu­diant pour un mou­ve­ment par­ti­cu­la­riste, on doit consta­ter que le prin­temps qué­bé­cois, au même titre que le prin­temps arabe, est en lutte contre un sys­tème global et une élite déta­chée, men­son­gère et cor­rom­pue.

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