Donald-cuccioletta

LA DROITE : QUELLES DROITES ?
Comprendre les droites, renforcer les gauches
Introduction au dossier
mardi 1 septembre 2020
No. 23 - Hiver 2020

Tel un irré­duc­tible mou­ve­ment de balan­cier, nous entrons à nou­veau dans un cycle marqué par le retour de la droite au pou­voir alors que des dis­cours plus radi­caux enva­hissent l’espace public. La décen­nie 2010 a débuté avec un impor­tant cycle de contes­ta­tion mené par la gauche, des sou­lè­ve­ments popu­laires en Espagne et en Grèce jusqu’au conflit étu­diant de 2012 au Québec, en pas­sant par le mou­ve­ment Occupy, le Printemps arabe et le sommet de la vague rose en Amérique latine en 2011. Nous pou­vons affir­mer que la décen­nie 2020 s’ouvre plutôt sur une divi­sion du monde entre dif­fé­rents blocs réac­tion­naires, dans un contexte de crise pro­lon­gée des partis de centre gauche et de centre droit et de dis­lo­ca­tion sociale encou­ra­gée par l’austérité bud­gé­taire et la répres­sion vio­lente des mobi­li­sa­tions popu­laires, tant dans le Nord que dans le Sud. Aux côtés des vieux partis répu­bli­cains pré­ten­du­ment prag­ma­tiques et pré­oc­cu­pés par une « saine ges­tion » éco­no­mique des affaires de l’État se pro­file, par ailleurs, le spectre de mou­ve­ments et de partis ouver­te­ment racistes, homo­phobes et rétro­grades, habiles à légi­ti­mer des actes d’intolérance.

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La santé malade du capitalisme
Christian Nadeau, Liberté, égalité, solidarité. Refonder la démocratie et la justice sociale, Montréal, Boréal, 2013
Notes de lecture
mercredi 3 juin 2020
No. 12 - Automne 2014

Christian Nadeau, pro­fes­seur de phi­lo­so­phie poli­tique à l’Université de Montréal, écrit dans la conclu­sion de son livre que « ce plai­doyer phi­lo­so­phique pour la soli­da­rité et pour la gauche au Québec a pré­senté l’esquisse d’une argu­men­ta­tion, qui deman­de­rait bien entendu à être déve­lop­pée davan­tage, sur le type de gauche qui a fait et fait tou­jours partie de notre pay­sage poli­tique, et dont nous avons ten­dance par­fois à oublier le sens et la raison d’être » (p. 257).

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Éducation supérieure - Culture, marchandise et résiatance
Henry Veltmeyer (ed.), 21st Century Socialism. Reinventing the Project, Halifax, Fernwood, 2011
Notes de lecture
lundi 16 mars 2020
No. 08 - Automne 2012

Nous vivons à une époque où la gauche pro­gres­siste et la gauche radi­cale, à la suite de la chute des uto­pies dog­ma­tiques, sont à la recherche de nou­velles bases idéo­lo­giques pour se redé­fi­nir et se recons­truire. L’avènement des nouvel- les tech­no­lo­gies en com­mu­ni­ca­tion, la révolte à tra­vers le monde, le mouve- ment Occupy Wall Street qui ques­tionne la démo­cra­tie libé­rale repré­sen­ta­tive, la recon­fi­gu­ra­tion du milieu du tra­vail en fonc­tion d’une société post­in­dus­trielle appré­hen­dée, et la montée de la lutte des classes (qui n’est plus une exclu­si­vité de la tra­di­tion­nelle classe ouvrière, mais aussi de la classe moyenne), appellent la gauche à se ques­tion­ner et, éven­tuel­le­ment, se repo­si­tion­ner devant un nou­veau socia­lisme pour le xxie siècle.

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Démocratie, entre dérives et recomposition
Introduction au dossier

Démocratie : demos et kratos

La démo­cra­tie est une vieille idée qui s’est déve­lop­pée à tra­vers les luttes et les résis­tances des peuples. L’étymologie du mot (demos : peuple et kratos : pou­voir) réfère à la cité grecque, à l’agora des citoyens (sans les femmes et sans les esclaves, qui sont la majo­rité des habi­tants), où les déci­sions sont prises sur les prio­ri­tés et l’allocation des rôles et des res­pon­sa­bi­li­tés par tout un chacun. Mais l’expérience démo­cra­tique dépasse de loin le péri­mètre athé­nien. Elle découle éga­le­ment de peuples et de com­mu­nau­tés qui s’inventent des pro­ces­sus et des struc­tures par­ti­ci­pa­tives, par­fois même sans État ni struc­ture impo­sée sur et au-dessus de la société[1].

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PENSER LA GRANDE TRANSITION, UTOPIES ET STRATÉGIES
Les États-Unis dans le monde : hégémoniques et déclinants
La crise des crises
lundi 11 novembre 2019
No. 21 - Hiver 2019

Avant, pen­dant et sur­tout après la Deuxième Guerre mon­diale, les États-Unis sont deve­nus LA grande puis­sance mon­diale, la puis­sance incon­tour­nable disait-on. Par la suite, durant la guerre froide (1950-1980), les États-Unis se pré­sen­taient comme le centre de gra­vité du monde capable d’assurer la sta­bi­lité des pays capi­ta­listes et des États qui avaient évité de tomber dans l’orbite de l’Union sovié­tique. Au tour­nant des années 1980, l’hégémonie amé­ri­caine a semblé se raf­fer­mir avec l’implosion de l’adversaire sovié­tique. De vastes opé­ra­tions mili­taires ont été enclen­chées pour sécu­ri­ser la domi­na­tion des États-Unis sur le Moyen-Orient, les Balkans, l’Asie cen­trale. On par­lait alors du nou­veau « siècle amé­ri­cain » qui se met­tait en place dans un contexte où il ne res­tait qu’une seule super­puis­sance, l’hyperpuissance, selon l’expression du ministre fran­çais des Affaires exté­rieures de l’époque, Hubert Védrine. Un poli­ti­co­logue état­su­nien réputé, Francis Fukuyama, par­lait de la fin de l’histoire, défi­ni­ti­ve­ment orga­ni­sée autour des États-Unis et de son sys­tème[1]. Mais, par la suite, le vent a tourné. Les échecs du projet de « réin­gé­nie­rie » de Washington se sont accu­mu­lés en Afghanistan, en Irak et ailleurs. La montée en puis­sance de la Chine en Asie a déplacé le centre de gra­vité. La com­pé­ti­tion entre les États-Unis et l’Union euro­péenne s’est aggra­vée. Tout cela a abouti en 2016 au triomphe d’un nou­veau projet sous l’égide de Donald Trump.

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Élections présidentielles américaines de 2016
Élections présidentielles américaines de 2016
dimanche 17 avril 2016
Conjonctures et actualités

CucciolettaDevant cette ava­lanche de droite (Hillary Clinton) et d’extrême droite (Trump, Cruz et com­pa­gnie) qui déferle sur cette cam­pagne pré­si­den­tielle, une grande ques­tion demeure : quel sort est-il réservé à la classe ouvrière et à la classe moyenne dans l’avenir rap­pro­ché des États-Unis ? Peuvent-elles croire en des jours meilleurs devant le mono­lithe de droite qui se dresse devant elles ? Un seul can­di­dat s’oppose à l’immense appa­reil conser­va­teur amé­ri­cain : Bernard Sanders, can­di­dat démo­crate qui sou­haite opérer une trans­for­ma­tion de l’État fédé­ral (État-pro­vi­dence, soins de santé gra­tuits, édu­ca­tion gra­tuite, hausse du salaire mini­mum à 15 $/​heure).

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Le 11 septembre 2001 : quelques réflexions pour une nouvelle stratégie humaine

Quand nous réflé­chis­sons aux évè­ne­ments du 11 sep­tembre 2001, nous rete­nons par­ti­cu­liè­re­ment les images des deux avions qui ont heurté les tours jumelles puis celles de l’effondrement du World Trade Center. Mais il y avait aussi des images pro­ve­nant d’un peu par­tout dans le monde mon­trant des popu­la­tions qui se réjouis­saient du fait que le cœur du « monstre » ait été atteint. Depuis la Deuxième Guerre mon­diale, les États-Unis ont dominé le monde en impo­sant par­tout leur impé­ria­lisme poli­tique, éco­no­mique, et cultu­rel, main­te­nant par ailleurs la popu­la­tion amé­ri­caine incons­ciente des consé­quences néfastes de cette hégé­mo­nie (pau­vreté, exploi­ta­tion, sou­tien aux dic­ta­tures etc.) pour de nom­breuses autres popu­la­tions.

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Les États-Unis et l’ère post Bush : Continuité ou véritable changement ?
mercredi 2 décembre 2009
États-Unis

La vic­toire élec­to­rale d’Obama, façon­née sur la base d’un enthou­siasme géné­ral pour le chan­ge­ment et qui appa­rais­sait comme une néces­sité, par­ti­cu­liè­re­ment pour les plus dému­nis de la société amé­ri­caine, nous a fait croire en un avenir qui pour­rait être radi­ca­le­ment dif­fé­rent de celui des huit années de pou­voir de George W. Bush. Ce chan­ge­ment devait se tra­duire par des mesures sociales et une nou­velle approche sur la scène inter­na­tio­nale. Mais après neuf mois au pou­voir d’Obama, nous pou­vons consta­ter que les ques­tion­ne­ments et les inter­ro­ga­tions sur son action sèment le doute et com­mencent à effri­ter l’espoir. Plusieurs cri­tiques, venant de la gauche pro­gres­siste, s’interrogent sur la volonté réelle de l’administration Obama d’instaurer une véri­table cou­pure radi­cale avec les poli­tiques internes et externes de l’administration de George W. Bush.

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