Didier-epsztajn

Contre l’insécurité, la souveraineté alimentaire

6L’auteur part d’un constat, « la hausse bru­tale des prix ali­men­taires » qu’il qua­li­fie de tem­pête. Tempête, non natu­relle, mais créée par les poli­tiques de la Banque mon­diale (BM) et du Fonds moné­taire inter­na­tio­nal (FMI) : « les pro­grammes d’ajustement struc­tu­rel impo­sés par la Banque mon­diale et le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal (FMI) aux pays en déve­lop­pe­ment, qui ont gra­ve­ment réduit le sou­tien public à l’agriculture et fait bais­ser la pro­duc­tion agri­cole ; les sub­ven­tions mas­sives qui détournent des cultures ali­men­taires de vastes super­fi­cies de terres céréa­lières, en par­ti­cu­lier aux États-Unis, pour les orien­ter vers la pro­duc­tion de matières pre­mières pour les bio­car­bu­rants ; la spé­cu­la­tion des mar­chés finan­ciers sur les den­rées ; enfin, la résis­tance crois­sante des insectes aux pes­ti­cides et le refus des sols à réagir à l’intensification de l’usage des engrais ».

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Le capitalisme en 10 leçons de Michel Husson
Le progrès social s’est traduit par une déconnexion croissante entre le revenu et l’acte de travail

Contre « la pré­ten­tion de la science éco­no­mique à vou­loir réduire ce qui est un mode d’organisation sociale à un ensemble de lois aussi incon­tour­nables que celles de la phy­sique » , Michel Husson nous rap­pelle que « Le capi­tal se défi­nit comme un rap­port social fondé sur la pro­priété des moyens de pro­duc­tion »

Pour ana­ly­ser de manière cri­tique le capi­ta­lisme contem­po­rain « Il faut donc réus­sir à rendre compte à la fois des inva­riants du capi­ta­lisme et de la diver­sité de ses formes concrètes ». Il importe donc de pré­sen­ter les dif­fé­rentes périodes qui se sont suc­cé­dées, non de manière linéaires, mais en lien avec les contra­dic­tions internes du sys­tème et les luttes (de classe) qui se sont dérou­lées. « A négli­ger la diver­sité des ins­ti­tu­tions et des arran­ge­ments sociaux, on verse rapi­de­ment dans l’économicisme qui consiste à tout rame­ner à des déter­mi­na­tions éco­no­miques. Réciproquement, la foca­li­sa­tion sur les spé­ci­fi­ci­tés peut faire oublier les ten­dances com­munes et sur­es­ti­mer la mal­léa­bi­lité du capi­ta­lisme ». Ce qui permet à l’auteur de sou­li­gner que la crise actuelle « est au fond la crise des solu­tions appor­tées à la crise pré­cé­dente ».

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Le « retour » de la classe ouvrière

Stathis Kouvélakis : La France en révolte. Luttes sociales et cycles poli­tiques. Textuel, Paris 2007, 318 pages, 25 euros.


En regard de mul­ti­tudes études bien pen­santes, de réduc­tions socio­lo­giques, de la natu­ra­li­sa­tion des orga­ni­sa­tions sociales, du refou­le­ment de la vio­lence du sys­tème et des affron­te­ments, de l’éviction des mots qui fâchent « classe ouvrière », « exploi­ta­tion », « capi­ta­lisme » ou « luttes de classes », le livre de Stathis Kouvélakis parai­tra obs­cène.

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