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Nucléaire
Le pire est en marche à Fukushima !

La gra­vité de la situa­tion empire d’heure en heure sur le site de la cen­trale nucléaire de Fukushima, au Japon. Les ges­tion­naires des ins­tal­la­tions n’ont appa­rem­ment plus de prise sur le cours des évé­ne­ments. Le risque gran­dit d’une catas­trophe aussi grave, voire plus grave que celle de Tchernobyl.

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La révolution arabe et ses tâches écosocialistes : ouvrons le débat

Il serait tota­le­ment abusif de pré­tendre que les chan­ge­ments cli­ma­tiques sont le déclen­cheur caché de la vague révo­lu­tion­naire qui secoue le monde arabe, comme cer­tains obser­va­teurs l’ont écrit [1]. En même temps, les effets du réchauf­fe­ment contri­buent indis­cu­ta­ble­ment à la crise sociale dans la région, et posent une série de pro­blèmes pour le futur, prin­ci­pa­le­ment la ges­tion des res­sources en eau et la tran­si­tion éner­gé­tique. Il s’agit pour les révo­lu­tion­naires d’intégrer cette dimen­sion dans leur ana­lyse et d’en tirer un cer­tain nombre de conclu­sions pro­gram­ma­tiques. Cet article ne consti­tue qu’une ébauche très som­maire dans ce sens, visant à ouvrir le débat.

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Cancun : les bons élèves sont au Sud !
dimanche 28 novembre 2010
Écologie
Rappel : selon le GIEC, pour ne pas trop dépas­ser 2°C de hausse de la tem­pé­ra­ture du globe d’ici 2100, les pays déve­lop­pés doivent réduire leurs émis­sions de 80 à 95% d’ici 2050 (par rap­port à 1990), tandis que les pays dits « en déve­lop­pe­ment » doivent prendre des mesures pour que leurs émis­sions dimi­nuent de 15 à 30% par rap­port aux pro­jec­tions « busi­ness as usual » (BAU). Comme ces pro­jec­tions sont basées sur des modèles cli­ma­tiques qui n’intègrent pas les phé­no­mènes non linéaires (par exemple, dés­in­té­gra­tion des calottes gla­ciaires), le prin­cipe de pré­cau­tion recom­mande de choi­sir les objec­tifs les plus drastiques.
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Le productivisme au coeur du capitalisme
Entretien avec Daniel Tanuro
mercredi 17 novembre 2010
Écologie, Socialisme / Anticapitalisme

Daniel Tanuro, auteur du livre L’impossible capi­ta­lisme vert aux édi­tions Les empê­cheurs de penser en rond, La décou­verte revient dans cet entre­tien sur l’impossibilité intrin­sèque du capi­ta­lisme à res­pec­ter les cycles éco­lo­giques et les fon­de­ments du projet éco­so­cia­liste [1].

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« Prospérité sans croissance » : un ouvrage sous tension
jeudi 4 novembre 2010
Écologie, Recension / Notes de lecture

Recension du livre de Tim Jackson, Prospérité sans crois­sance du point de vue le l’auteur de L’impossible capi­ta­lisme vert.

Si j’avais lu Prospérité sans crois­sance avant d’écrire L’impossible capi­ta­lisme vert, j’aurais repris de Jackson sa pré­sen­ta­tion du défi cli­ma­tique. En effet, l’auteur a la bonne idée d’exprimer les efforts à réa­li­ser en termes de dimi­nu­tion de l’intensité des émis­sions mon­diales de dioxyde de car­bone, rap­por­tées au PIB. Il note qu’il a fallu 25 ans pour passer d’un peu plus d’un kilo à 770 grammes de CO2 par dollar de richesse pro­duite. Or, écrit-il, « atteindre l’objectif du GIEC (…) signi­fie­rait, en 2050, que l’intensité moyenne en car­bone soit 55 fois infé­rieure à celle d’aujourd’hui, c’est-à-dire à seule­ment 14 grCO2/$ ».

Ces chiffres sont plus par­lants que les réduc­tions d’émissions en volume ; ils mettent mieux en évi­dence la for­mi­dable muta­tion à opérer.

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L’impossible capitalisme vert

Daniel Tanuro vous êtes l’auteur de L’impossible capi­ta­lisme vert, paru aux édi­tions Les empê­cheurs de penser en rond / La décou­verte. Vous êtes aussi le fon­da­teur de l’ONG « Climat et jus­tice sociale ». Qu’est-ce que le « capi­ta­lisme vert » ?

D.T. : L’expression « capi­ta­lisme vert » peut s’entendre dans deux sens dif­fé­rents. Un pro­duc­teur d’éoliennes peut se tar­guer de faire du capi­ta­lisme vert. En ce sens – au sens que cer­tains capi­taux s’investissent dans un sec­teur « propre » de l’économie – une forme de capi­ta­lisme vert est évi­dem­ment pos­sible et très ren­table. Mais la vraie ques­tion est de savoir si le capi­ta­lisme dans son ensemble peut tour­ner au vert, autre­ment dit si l’action glo­bale des capi­taux nom­breux et concur­rents qui consti­tuent le Capital peut res­pec­ter les cycles éco­lo­giques, leur rythmes, et la vitesse de recons­ti­tu­tion des res­sources natu­relles. C’est dans ce sens que mon livre pose la ques­tion et il y répond par la néga­tive. Mon argu­ment prin­ci­pal est que la concur­rence pousse chaque pro­prié­taire de capi­taux à rem­pla­cer des tra­vailleurs par des machines plus pro­duc­tives, afin de tou­cher un sur­pro­fit en plus du profit moyen. Le pro­duc­ti­visme est ainsi au cœur du capi­ta­lisme. Comme disait Schumpeter : « un capi­ta­lisme sans crois­sance est une contra­dic­tion dans les termes ». L’accumulation capi­ta­liste étant poten­tiel­le­ment illi­mi­tée, il y a un anta­go­nisme entre le capi­tal et la nature, dont les res­sources sont finies. On peut objec­ter que la course à la pro­duc­ti­vité amène le capi­tal à être de plus en plus éco­nome en res­sources, ce qui se tra­duit notam­ment par la dimi­nu­tion obser­vée de la quan­tité d’énergie néces­saire à la pro­duc­tion d’un point de PIB. Mais, d’une part, cette ten­dance à l’efficience accrue ne peut évi­dem­ment pas se pro­lon­ger indé­fi­ni­ment de façon linéaire et, d’autre part, on constate empi­ri­que­ment qu’elle est plus que com­pen­sée par la masse crois­sante de mar­chan­dises pro­duites. Le capi­ta­lisme vert est donc un oxy­more, au même titre que le capi­ta­lisme social.

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Copenhague : déroute au sommet, victoire à la base
jeudi 24 décembre 2009
Écologie, Socialisme / Anticapitalisme

On savait que le sommet des Nations Unies à Copenhague ne débou­che­rait pas sur un nou­veau traité inter­na­tio­nal mais sur une simple décla­ra­tion d’intention – une de plus. Mais le texte adopté au terme de la ren­contre est pire que tout ce qu’on pou­vait ima­gi­ner : pas d’objectifs chif­frés de réduc­tion des émis­sions, pas d’année de réfé­rence pour les mesu­rer, pas d’échéance, pas de date ! Le texte com­porte une vague pro­messe de cent mil­liards de dol­lars par an pour l’adaptation dans les pays en déve­lop­pe­ment, mais les for­mules uti­li­sées et divers com­men­taires font craindre des prêts admi­nis­trés par les grandes ins­ti­tu­tions finan­cières plutôt que de vraies répa­ra­tions payées par les res­pon­sables du gâchis.

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Droit dans le mur à Copenhague

Plus un seul res­pon­sable poli­tique impor­tant ne doute que le réchauf­fe­ment est dû prin­ci­pa­le­ment à la com­bus­tion de char­bon, de pétrole et de gaz natu­rel. Tous connaissent les dan­gers de la situation.

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De Copenhague à Mexico et au-delà : droit dans le mur, tant pis pour les pauvres, tant pis pour la planète !
vendredi 20 novembre 2009
Écologie

Alors que l’urgence est maxi­male, le sommet des Nations Unies sur le climat, à Copenhague en décembre pro­chain, ne débou­chera pas sur un traité inter­na­tio­nal contrai­gnant. Au mieux, les gou­ver­ne­ments s’accorderont sur une décla­ra­tion poli­tique. Une de plus… Les négo­cia­tions pour­raient se conclure à Mexico, fin 2010. Sur base des posi­tions en pré­sence, elles ne peuvent qu’accoucher d’un texte éco­lo­gi­que­ment insuf­fi­sant, socia­le­ment inac­cep­table et tech­no­lo­gi­que­ment dan­ge­reux. Il convient donc de sonner le tocsin. La logique pro­duc­ti­viste du capi­ta­lisme, sa course au profit pla­né­taire et sa guerre de concur­rence sont en train de nous pré­ci­pi­ter droit dans le mur. Des cen­taines de mil­lions de pauvres risquent d’en faire les frais, des richesses natu­relles irrem­pla­çables d’être détruites. Une mobi­li­sa­tion sans fron­tières, mas­sive et uni­taire, est abso­lu­ment néces­saire pour impo­ser, dans la jus­tice sociale, des objec­tifs et des mesures à la hau­teur du danger. Au sein de cette mobi­li­sa­tion, une aile gauche, anti­ca­pi­ta­liste, doit faire entendre sa voix.

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