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Puissances du communisme

« De l’expérience fondatrice de 1848 à celle de la Commune, le « mouvement réel » tendant à abolir l’ordre établi prit forme et force (…) Autrement dit, le communisme, qui fut d’abord un état d’esprit ou « un communisme philosophique », trouvait sa forme politique. En un quart de siècle, il accomplit sa mue : de ses modes d’apparition philosophiques et utopiques, à la forme politique enfin trouvée de l’émancipation. »

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Marx, mode d’emploi

Les édi­tions Zones vous pro­po­sent de lire en ligne le livre de Daniel Bensaid et Charb, une intro­duc­tion à Marx, à consul­ter ici.

Présentation de l’éditeur :

Dans les années 80, en pleine offen­sive néo­li­bréale, le maga­zine Newsweekpou­vait titrer, triom­pha­le­ment : « Marx est mort. »

Mais les spec­tres ont la peau dure. Aujourd’hui, Marx est de retour. En ces temps de crise fra­cas­sante du capi­ta­lisme et de grande déban­dade idéo­lo­gi­que, on le redé­cou­vre. Même le très libé­ral conseiller de l’Élysée, Alain Minc, s’est récem­ment déclaré « mar­xiste » – sans rire – en matière d’analyse éco­no­mi­que.
Mais qui fut Marx ? Qu’a-t-il vrai­ment dit ? Ce petit ouvrage offre une intro­duc­tion ludi­que à sa pensée, sa vie, son œuvre. Un pano­rama clair et sou­vent drôle qui asso­cie bande des­si­née et phi­lo­so­phie, humour et esprit de syn­thèse pour pré­sen­ter dans toute son actua­lité la pensée du prin­ci­pal théo­ri­cien de l’anticapitalisme.

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Terreurs et violences

Dans ce texte écrit au sujet de l’essai de Mike Davis, Les Héros de l’Enfer, Daniel Bensaïd retrace les débats sur la vio­lence révo­lu­tion­naire et sur le « ter­ro­risme » dans l’histoire du mou­ve­ment ouvrier.

« Alchimistes de la révo­lu­tion, ils ont en par­tage avec les alchi­mis­tes d’antan la confu­sion des idées et l’esprit borné rempli d’idées fixes. Ils se pré­ci­pi­tent sur des inven­tions cen­sées accom­plir des pro­di­ges révo­lu­tion­nai­res : bombes incen­diai­res, machi­nes infer­na­les aux effets magi­ques, émeu­tes qui, espè­rent-ils, seront d’autant plus mira­cu­leu­ses et sur­pre­nan­tes qu’elles auront moins de fon­de­ments ration­nels. »
— Karl Marx, « Recension des Conspirateurs d’A. Chenu », Oeuvres poli­ti­ques, tome I, Paris, Pleiade Gallimard, p. 361.

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Puissances du « communisme »
dimanche 15 avril 2012
Université populaire 2012

Entre deux droits, celui des pro­prié­tai­res à s’approprier les biens com­muns, et celui des dépos­sé­dés à l’existence, « c’est la force qui tran­che », dit Marx. Toute l’histoire moderne de la lutte des clas­ses est l’histoire de ce conflit. Il se résout par l’émergence d’une légi­ti­mité oppo­sa­ble à la léga­lité des domi­nants. Comme « forme poli­ti­que enfin trou­vée de l’émancipation », comme « abo­li­tion » du pou­voir d’Etat, comme accom­plis­se­ment de la République sociale, la Commune illus­tre l’émergence de cette légi­ti­mité nou­velle. Son expé­rience a ins­piré les formes d’auto-organisation et d’autogestion popu­lai­res appa­rues dans les crises révo­lu­tion­nai­res : conseils ouvriers, soviets, comi­tés de mili­ces, cor­dons indus­triels, asso­cia­tions de voi­sins, com­mu­nes agrai­res, qui ten­dent à dépro­fes­sio­na­li­ser la poli­ti­que, à modi­fier la divi­sion sociale du tra­vail, à créer les condi­tions du dépé­ris­se­ment de l’Etat en tant que corps bureau­cra­ti­que séparé.

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Pierre Bourdieu, l’intellectuel et le politique

À l’occasion des dix ans de la mort de Pierre Bourdieu, nous repu­blions un texte rédigé par Daniel Bensaïd en 2002 et consa­cré aux enga­ge­ments du socio­lo­gue. Plus lar­ge­ment, ce texte pose la ques­tion du rôle poli­ti­que que peu­vent jouer les intel­lec­tuels et des condi­tions d’émergence d’une « poli­ti­que de l’opprimé ».

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Puissances du communisme
mercredi 13 janvier 2010
Philo / Socio / Politique

Aujourd’hui, 12 décem­bre 2010, Daniel Bensaïd est décédé. La mémoire pour ne pas oublier. Un der­nier texte pour nous escor­ter. C.A. Udry

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Karl Marx & Friedrich Engels, Textes et correspondance autour de la Commune

Dès avant la guerre franco-alle­mande de 1870, Marx et Engels échan­gent toute une cor­res­pon­dance sur les évé­ne­ments d’Europe, qui se pour­suit pen­dant les com­bats, le siège de Paris et la Commune. Ce livre pré­sente ces let­tres peu connues, avec les textes célè­bres autour de la Commune, dont l’Adresse à l’Internationale du 30 mai 1871, sou­vent appe­lée La Guerre civile en France. Cet ensem­ble pour­suit le tra­vail de Marx entre­pris vingt ans plus tôt avec Le Dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte et Les Luttes de clas­ses en France. On voit s’y éla­bo­rer les thèmes de l’État moderne, des guer­res natio­na­les, du bona­par­tisme, de la répu­bli­que, de la démo­cra­tie, de la trans­fi­gu­ra­tion des clas­ses socia­les dans leur repré­sen­ta­tion poli­ti­que. L’impératif de soli­da­rité envers les insur­gés pari­siens n’interdit jamais la luci­dité et la cri­ti­que devant l’écheveau de contra­dic­tions, les hési­ta­tions ou les incon­sé­quen­ces des acteurs, la tra­gé­die du trop tôt ou trop tard. Que Marx soit autre chose qu’un théo­ri­cien de l’économie, que chez lui « l’action poli­ti­que ne se réduit jamais à la plate tra­duc­tion d’une logi­que his­to­ri­que », c’est le sujet prin­ci­pal du texte de Daniel Bensaïd, Politiques de Marx. À l’opposé d’un Marx figé dans le déter­mi­nisme, ce qui se passe dans ces textes, ce n’est « pas une méca­ni­que du pro­grès, ni l’accomplissement d’un destin, mais une his­toire où l’événement, les indi­vi­dus, les carac­tè­res ont toute leur place, où le pos­si­ble n’est pas moins réel que le réel (…) Une his­toire pro­fane, sans pré­des­ti­na­tion divine ni garan­tie scien­ti­fi­que. Une his­toire stra­té­gi­que, qui se joue dans le conflit, aux points de bifur­ca­tion ». Un pas­sion­nant dos­sier sur la Commune, qui « a anti­cipé en actes sur le pos­si­ble et l’impossible, de sorte que même ses pro­jets et déci­sions inap­pli­ca­bles gar­dent un sens pro­fond ».

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Quelle articulation entre partis, syndicats et mouvements
jeudi 29 octobre 2009
Gauche / Mouvements sociaux

Actuel Marx – Alors que la gauche euro­péenne sem­blait soli­de­ment ancrée sur une divi­sion du tra­vail entre partis et syn­di­cats, les vingt der­niè­res années ont vu se déve­lop­per des mou­ve­ments sociaux qui cher­chaient déli­bé­ré­ment à affir­mer leur auto­no­mie et leur radi­ca­lité en réponse à l’affaiblissement de la gauche tra­di­tion­nelle face à la montée du néo­li­bé­ra­lisme. Vingt ans plus tard, quel diag­nos­tic peut-on porter sur ces formes de lutte col­lec­tive ? Doivent elles être consi­dé­rées comme des fac­teurs de frag­men­ta­tion, comme des forces de pres­sion sur les parts ou les syn­di­cats, ou comme des fac­teurs de recom­po­si­tion ?

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Les sauts ! Les sauts ! Les sauts ! », Sur Lénine et la politique

Hannah Arendt s’inquiétait que la poli­ti­que puisse dis­pa­raî­tre com­plè­te­ment du monde. Les désas­tres du siècle étaient tels que la ques­tion de savoir si « la poli­ti­que a fina­le­ment encore un sens » deve­nait inévi­ta­ble. Les enjeux de ces crain­tes étaient déjà émi­nem­ment pra­ti­ques : « Le non-sens auquel la poli­ti­que tout entière est par­ve­nue est attes­tée par l’impasse dans laquelle les ques­tions poli­ti­ques par­ti­cu­liè­res se pré­ci­pi­tent[1]. »

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