Christian-nadeau

État de droit ou état de droite ?

Dans une lettre publiée par le quo­ti­dien fran­çais Le Monde le 7 juin der­nier, le pre­mier ministre Jean Charest a fait la décla­ra­tion sui­vante : « Rappelons que le Québec est un État de droit et une démo­cra­tie, qui s’exprime dans l’un des plus vieux Parlements au monde. Notre société a une longue tra­di­tion de débats tenus dans le res­pect des uns et des autres. C’est le Québec que je connais et celui que vous appré­ciez ».

De quels débats par­lons-nous ? Comment peut-on écrire une chose pareille en pra­ti­quant le bâillon, ou en fai­sant voter au for­ceps une des pires lois de l’histoire du Québec ? Où donc est l’État de droit, lorsque la sortie du conflit passe par la répres­sion juri­dique et poli­cière ? Où donc est l’État de droit lorsque seule la force répond aux reven­di­ca­tions ? Où donc est l’État de droit, lorsque le simple fait de porter le carré rouge est syno­nyme de menace ? Où donc est l’État de droit lorsqu’on pro­voque, frappe, humi­lie et offense tous ceux qui ne pensent pas comme le gou­ver­ne­ment ? Où est donc l’État de droit lorsque la droite dirige l’État ?

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Un grand tonnerre
Lettre ouverte aux étudiantes et aux étudiants en grève

Chères étu­diantes, chers étu­diants,

Vous me per­met­trez tout d’abord de m’adresser à votre groupe dans son ensemble, et non à vos porte-paroles, ou à ceux que les médias nomment vos « lea­ders », une expres­sion qui reflète bien l’abrutissement ser­vile de notre époque. Voilà pour­quoi je veux parler à tous les mili­tants et mili­tantes du mou­ve­ment étu­diant.

Je vous écris cette lettre afin de vous saluer et de vous deman­der, hum­ble­ment, de nous aider à pour­suivre votre œuvre. Votre lutte est la renais­sance de la gauche au Québec, endor­mie depuis des années par les pri­vi­lèges de quelques-uns et étour­die par sa propre rhé­to­rique pré­fa­bri­quée. Vous êtes les tra­vailleurs de la liberté. Vous avez dénoncé les fastes dou­ce­reux de nos para­dis artificiels.Vous nous avez rap­pelé ce qu’est un peuple dans ce qu’il peut être de plus beau : un grand acte de confiance. Vous nous avez parlé, vous nous avez tendu la main, même lorsque nous vous lais­sions sans réponses. Mais il n’est pas trop tard. Nous serons d’abord quelques cen­taines, puis des mil­liers à œuvrer avec vous. Reste la ques­tion de la vio­lence, qui serait le mur entre nous. Mais de quelle vio­lence par­lons-nous au juste ?

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Le mouvement étudiant et la question de la justice sociale

L’idée de cet échange entre Jocelyn Maclure et moi-même résulte d’un constat. Le débat intel­lec­tuel au sujet des grands chan­tiers poli­tiques du gou­ver­ne­ment Charest et, plus pré­ci­sé­ment, au sujet de la hausse des droits, souffre d’une pola­ri­sa­tion qui a pour résul­tat de gommer les nuances du dis­cours de chaque camp. J’ai moi-même tenu des propos qui ont paru à plu­sieurs comme étant trop tran­chés pour invi­ter à l’échange. Même si ce n’est pas ce que je recherche, je ne peux pas refu­ser leur per­cep­tion des choses à cer­tains de mes inter­lo­cu­teurs.

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