Benoit-coutu

Le mouvement étudiant de 2015 : retour sur un échec
mercredi 14 février 2018
No. 18 - Automne 2017

Après l’incroyable effer­ves­cence du Printemps 2012, le gou­ver­ne­ment du Parti libé­ral du Québec (PLQ) était expulsé du pou­voir. Durant un bref inter­règne, le Parti qué­bé­cois (PQ) a réussi à dila­pi­der en grande partie le capi­tal d’appui qui l’avait mené au gou­ver­ne­ment. Lors du Sommet sur l’enseignement supé­rieur tenu dans la foulée de la grève étu­diante, la conclu­sion qui s’imposa fut d’indexer les frais de sco­la­rité. Les étu­diantes et les étu­diants furent plutôt désar­çon­nés par ce recul, d’autant plus qu’il y avait durant la même période une accen­tua­tion de la répres­sion dans les ins­ti­tu­tions post­se­con­daires. Par la suite, le PQ passa à l’offensive avec son projet de charte des valeurs, d’où décou­lèrent le cafouillage et la défaite élec­to­rale qui condui­sirent à remettre en selle le PLQ dès 2014, ce qui était d’autant plus trou­blant qu’il gagnait les élec­tions en se fai­sant l’apôtre du « chan­ge­ment » en tant que noyau uto­pique de l’idéologie du capi­ta­lisme néo­li­bé­ral. Plus tard, en 2015, le mou­ve­ment étu­diant a tenté de réani­mer la flamme du Printemps 2012, mais ce fut une défaite catas­tro­phique.

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Contre la globalisation de l’endettement, contre la globalisation de la peur :
Nous refusons de nous taire devant la barbarie marchande malgré la loi spéciale

La Presse publie des « son­dages » bidons pour dire que seule­ment 9% de la popu­la­tion consi­dère que les ensei­gnants doivent appuyer les étu­diant-e-s en grève. On nous dit que les pro­fes­seur-e-s doivent être neutres dans le conflit qui déchire notre société. Cela n’est pas sans rap­pe­ler le ban­lieu­sard aliéné de la pièce de Claude Meunier Les voi­sins qui s’exclame : « Y’a tu moyen qu’un jour, il ne se passe rien ? ». Il fau­drait oublier la grève étu­diante, « passer à autre chose », c’est-à-dire à rien. Et le gou­ver­ne­ment s’en assure avec une loi qui inter­dit de penser et de parler.

C’est pour­quoi désor­mais, au Québec, il est devenu cri­mi­nel de prendre posi­tion, d’être un intel­lec­tuel, un pro­fes­seur, qui est atta­ché à la recherche de la vérité et qui vise à com­prendre son ancrage dans le monde. Maintenant, seul pré­vau­dra le men­songe géné­ra­lisé, et il n’est plus permis d’élever sa voix pour le ques­tion­ner.

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Déclaration du 25 avril 2012
Pour la défense de la société

Le Québec vit actuel­le­ment une des crises les plus pro­fondes de son his­toire depuis la crise d’Octobre. Le gou­ver­ne­ment dit que les dés sont joués, que la fata­lité du destin aurait mené la société qué­bé­coise et ses uni­ver­si­tés à inté­grer le capi­ta­lisme glo­ba­lisé. D’autres prônent le dia­logue et le consen­sus. Mais le dia­logue est impos­sible. Le gou­ver­ne­ment auto­ri­taire n’écoute pas : il oppose les injonc­tions, les matraques et l’humiliation. Il demande aux étu­diant-e-s de s’excuser chaque fois qu’une pou­belle est ren­ver­sée. Ou qu’une banque est blo­quée durant l’heure du diner. Nous sommes dans l’impasse.

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