Anselm-jappe

Avec Marx, contre le travail
Réflexion sur les écrits de Moishe Postone et d’Isaac I. Roubine
dimanche 26 février 2012
Philo / Socio / Politique

De Postpone à Roubine

En pre­nant pour mot d’ordre l’affranchissement du tra­vail, la sortie de l’exploitation, les mar­xistes tra­di­tion­nels ont négligé le fait que Marx mène une cri­tique non seule­ment de l’exploitation capi­ta­liste, mais du tra­vail lui-même, tel qu’il existe dans la société capi­ta­liste. Dès lors, il s’agit non pas de remettre au centre le tra­vail, mais au contraire de cri­ti­quer la place cen­trale prise par le tra­vail dans ce sys­tème, où il régit tous les rap­ports sociaux. C’est là l’objet de la relec­ture de Marx opérée dans Temps, tra­vail et domi­na­tion sociale par Moishe Postone (publié en fran­çais en 2009 par la col­lec­tion Mille et une nuits des édi­tions Fayard). Cette dis­cus­sion avait été éga­le­ment entre­prise par Isaac I. Roubine, un cher­cheur sovié­tique qui avait publié en 1924 des Essais sur la théo­rie de la valeur de Marx, que les Éditions Syllepse ont éga­le­ment réédité (2009).

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« Crédit à Mort »
vendredi 8 juillet 2011
Philo / Socio / Politique

Ci-des­sous, le texte d’Anselm Jappe paru dans le numéro de la revue fran­çaise Lignes dans son numéro 30, octobre-novembre 2009. Merci à JF pour le texte.

« Le site du Guardian poin­tait ven­dredi que l‟immeuble de Time Square, au coeur de Manhattan, affi­chant sur son fron­ton le mon­tant de la dette publique amé­ri­caine, n‟a plus assez de place pour loger la quan­tité astro­no­mique de mil­liards de dol­lars, pré­ci­sé­ment 10 299 020 383, une énor­mité due notam­ment au finan­ce­ment du plan Paulson et à la mise sous per­fu­sion des agences Freddie Mac et Fannie Mae. Il a même fallu éli­mi­ner le sym­bole „$‟, qui occu­pait la der­nière case de l‟affichage, pour que le pas­sant puisse boire ce chiffre jusqu‟à la lie 1. » Qui veut s’en sou­ve­nir main­te­nant ? La grande peur d’octobre der­nier semble déjà plus loin que la « grande peur » du début de la Révolution fran­çaise. Il y a un an pour­tant, on avait l’impression que des voies d’eau s’étaient grandes ouvertes et que le navire cou­lait à pic. On avait même l’impression que tout le monde, sans le dire, s’y atten­dait depuis long­temps. Les experts s’interrogeaient ouver­te­ment sur la sol­va­bi­lité des Etats même les plus puis­sants, et les jour­naux évo­quaient en pre­mière page la pos­si­bi­lité d’une faillite en chaîne des caisses d’épargne en France.

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Tous contre la finance ?
vendredi 1 juillet 2011
Philo / Socio / Politique

Apparemment, les choses sont simples. La crise finan­cière qui a éclaté en 2008, et qui est loin d’être ter­mi­née, a révélé le véri­table visage du capi­ta­lisme contem­po­rain : l’économie, et fina­le­ment la société tout entière, sont domi­nées par la haute finance. Les banques, les assu­rances et les fonds de pla­ce­ment n’investissent pas dans la pro­duc­tion réelle, mais jettent presque tout l’argent dis­po­nible dans la spé­cu­la­tion, laquelle n’enrichit que les spé­cu­la­teurs, tandis qu’elle détruit des emplois et crée la misère. Le capi­tal finan­cier peut dicter sa loi aux gou­ver­ne­ments, y com­pris ceux des pays les plus puis­sants, quand il ne pré­fère pas les cor­rompre. Il achète éga­le­ment les médias.

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« Décroissants encore un effort... !
Pertinence et limites des objecteurs de croissance
mardi 20 juillet 2010
Écologie

Le dis­cours de la “décrois­sance” est une des rares pro­po­si­tions théo­riques quelque peu nou­velles appa­rues dans les der­nières décen­nies. La partie du public qui est actuel­le­ment sen­sible au dis­cours de la “décrois­sance” est encore assez res­treinte. Cependant, cette partie est incon­tes­ta­ble­ment en aug­men­ta­tion. Cela tra­duit une prise de conscience effec­tive face aux déve­lop­pe­ments les plus impor­tants des der­nières décen­nies : sur­tout l’évidence que le déve­lop­pe­ment du capi­ta­lisme nous entraîne vers une catas­trophe éco­lo­gique, et que ce n’est pas quelques filtres en plus, ou des voi­tures un peu moins pol­luantes, qui résou­dront le pro­blème.

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Avec Marx, contre le travail

A propos de Moishe Postone, Temps, tra­vail et domi­na­tion sociale. Une réin­ter­pré­ta­tion de la théo­rie cri­tique de Marx, trad. O. Galtier et L. Mercier, Mille et une nuits, Paris, 2009, 591 p., 28 € ; Isaac I. Roubine, Essais sur la théo­rie de la valeur de Marx, trad. J.-J. Bonhomme, Éditions Syllepse, Paris, 2009, 335 p., 24 €.

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Crédit à mort
mercredi 14 juillet 2010
Philo / Socio / Politique

Pour-ne-pas-perir-avec-le-capitalisme.jpgCi-des­sous, le texte d’Anselm Jappe paru dans le numéro de la revue fran­çaise Lignes dans son numéro 30, octobre-novembre 2009. Merci à JF pour le texte.

« Le site du Guardian poin­tait ven­dredi que l‟immeuble de Time Square, au cœur de Manhattan, affi­chant sur son fron­ton le mon­tant de la dette publique amé­ri­caine, n‟a plus assez de place pour loger la quan­tité astro­no­mique de mil­liards de dol­lars, pré­ci­sé­ment 10 299 020 383, une énor­mité due notam­ment au finan­ce­ment du plan Paulson et à la mise sous per­fu­sion des agences Freddie Mac et Fannie Mae. Il a même fallu éli­mi­ner le sym­bole $‟, qui occu­pait la der­nière case de l‟affichage, pour que le pas­sant puisse boire ce chiffre jusqu‟à la lie. [1] » Qui veut s’en sou­ve­nir main­te­nant ?

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Où sont les freins?
Sur l’accélération de l’accélération du temps social.
Recension critique du livre de Hartmut Rosa

La » Revue inter­na­tio­nale des Livres et des idées » vient de publier sur son site inter­net, la recen­sion cri­tique d’Anselm Jappe du livre du socio­logue alle­mand Hartmut Rosa, Accélérations. Une cri­tique sociale du temps (La Découverte, 2010).

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