Alain-saint-victor

Les fondements historiques du racisme dominicain
Les origines de l’antihaitianismo

« Si le racisme […] peut être glo­ba­le­ment com­pris comme un essen­tia­lisme, s’il témoigne par­tout d’un com­por­te­ment d’exclusion et d’objectivation d’un autrui col­lec­tif, ses mani­fes­ta­tions sont si diverses qu’elles semblent rele­ver d’un ordre par­ti­cu­lier1 (c’est nous qui sou­li­gnons). » Le racisme tel qu’il s’est déve­loppé dans la République domi­ni­caine illustre bien ces propos du socio­logue Adam Michel. Il est, en effet, pour le moins sur­pre­nant qu’une société com­po­sée majo­ri­tai­re­ment de Mulâtres et de Noirs puisse déve­lop­per au cours de son his­toire un racisme que plu­sieurs cher­cheurs ont qua­li­fié d’antihaïtianisme (anti­hai­tia­nismo), racisme qui tend à trou­ver chez l’Haïtien l’essence même de la race noire, qui per­çoit dans son atti­tude, sa manière d’être, sa culture, la « bar­ba­rie », le « pri­mi­ti­visme » et « l’archaïsme » africain.

Lire la suite...
Nelson Mandela : « La lutte est ma vie[1]»
Parcours du combattant
dimanche 15 décembre 2013
Gauche / Mouvements sociaux

Dans le texte qui suit, nous retra­çons l’histoire de Mandela en tant que com­bat­tant de l’ANC, de 1944 jusqu’à sa der­nière incar­cé­ra­tion. L’héritage fon­da­men­tal du leader de l’ANC reste avant tout le prin­cipe de la dénon­cia­tion et de la lutte contre toute forme d’injustice. Certes trans­for­mer l’État raciste de l’apartheid consis­tait à donner à la majo­rité de la popu­la­tion noire leurs droits civiques dans une société sud-afri­caine affran­chie de l’oppression raciale, mais la lutte contre l’apartheid pre­nait aussi la forme d’une lutte de dénon­cia­tion des com­pa­gnies mul­ti­na­tio­nales atti­rées par la manne de la main-d’œuvre noire à bon marché. Mandela en était conscient. Le chemin qu’il a par­couru montre clai­re­ment que la vic­toire sur le pou­voir raciste n’était pour lui que la pre­mière pierre dans la construc­tion d’une nou­velle société en Afrique du Sud, celle basée sur une meilleure dis­tri­bu­tion des richesses et sur une véri­table éga­lité entre Noirs et Blancs.

Lire la suite...
Le Canada en Haïti : qui aide qui ?

Les décla­ra­tions condes­cen­dantes du ministre cana­dien de la Coopération inter­na­tio­nale, Julian Fantino, annon­çant le gèle de l’aide cana­dienne à Haïti, ont consterné plu­sieurs orga­nismes et per­son­na­li­tés. Les dénon­cia­tions fusèrent de par­tout. Toutefois, comme le montre le texte qui suit, ces décla­ra­tions ne font qu’exprimer de manière plutôt mal­adroite la poli­tique inter­na­tio­nale cana­dienne mise en œuvre offi­ciel­le­ment depuis 2005, poli­tique dont la prio­rité est de pro­mou­voir les inté­rêts cana­diens dans le monde.

Lire la suite...
Choix politique de dépendance
Haïti-Zones franches : Extraversion économique et sous-développement
À propos du dernier livre de l’économiste Fred Doura

Des ques­tions impor­tantes, comme la signi­fi­ca­tion des zones franches, sont abor­dées dans l’ouvrage de Fred Doura inti­tulé Haïti, Histoire et ana­lyse d’une extra­ver­sion dépen­dante orga­ni­sée.

Le livre de Fred Doura nous fait décou­vrir com­ment cette domi­na­tion s’est opérée, com­ment gra­duel­le­ment, par­fois de façon tout à fait vio­lente (expul­sion des pay­sans de leur terre, etc.), le capi­ta­lisme éta­su­nien s’est imposé pour trans­for­mer l’économie locale selon ses propres objec­tifs et besoins…

Lire la suite...
Mois de l’histoire des Noirs
Signification et impact de la révolution haïtienne sur le monde atlantique

Depuis plus de vingt ans, l’historiographie éta­su­nienne (en par­ti­cu­lier) déve­loppe une nou­velle approche et une nou­velle com­pré­hen­sion de ce qu’on appelle le « monde atlantique. »

À la fin de la pre­mière guerre mon­diale et durant la période qui suivit la deuxième guerre mon­diale, des ten­ta­tives ont été faites pour défi­nir ce monde comme une nou­velle réa­lité his­to­rique qui ser­vi­rait de pont entre l’Amérique (États Unis et Canada) et l’Europe. Ces approches, qui prirent dif­fé­rentes formes (articles de jour­naux, ouvrages impor­tants [2]), revê­taient une métho­do­lo­gie impré­gnée d’eurocentrisme, ce qui fina­le­ment ser­vait d’outils idéo­lo­giques dans le contexte de la guerre froide : l’objectif était de sou­li­gner les par­ti­cu­la­ri­tés de l’Occident vis-à-vis de l’Est com­mu­niste, par­ti­cu­la­ri­tés qui seraient fon­dées sur des dif­fé­rences insur­mon­tables liées aux tra­di­tions gréco-romaines et judéo-chrétiennes.

Lire la suite...