Attac France soutient la lutte exemplaire des étudiants et des mouvements sociaux québécois

Par Mis en ligne le 23 mai 2012

Les étu­diants qué­bé­cois ont engagé, il y a trois mois, une lutte déter­mi­née contre la hausse des frais d’inscription à l’université déci­dée par le gou­ver­ne­ment Charest.

A raison de plu­sieurs marches par jour et nuit plu­sieurs fois par semaine, ils ont été jusqu’à 300000 dans les rues de Montréal et des prin­ci­pales villes de la pro­vince, et ont reçu le sou­tien de nom­breux citoyens, ensei­gnants, syn­di­cats, asso­cia­tions et mou­ve­ments sociaux au Québec.

En réponse à ces mobi­li­sa­tions, le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial n’a montré que du mépris à l’égard des demandes des trois fédé­ra­tions étu­diantes, et il a déployé une répres­sion bru­tale : des cen­taines d’étudiants et de citoyens ont été bles­sés, chaque marche voit l’arrestation de dizaines de mani­fes­tants. Vendredi der­nier le Parlement qué­bé­cois a voté une loi d’exception, dite « loi 78 », qui péna­lise l’appel public à la grève et à la mobi­li­sa­tion à proxi­mité des éta­blis­se­ments uni­ver­si­taires, ainsi que les démons­tra­tions de sou­tien au mou­ve­ment étu­diant. Cette loi donne éga­le­ment à la police des droits accrus d’intervention. Improvisée, mal conçue et liber­ti­cide, elle a été dénon­cée la jour­née même de son adop­tion, entre autres, par les cen­trales syn­di­cales, par le bar­reau du Québec et par plus de 100 000 signa­taires d’une péti­tion deman­dant son annu­la­tion.

La lutte des étu­diants qué­bé­cois porte en pleine lumière la ques­tion de la mar­chan­di­sa­tion de l’éducation et illustre pré­ci­sé­ment ce que le Processus de Bologne, qu’ont sou­tenu tous les gou­ver­ne­ments euro­péens depuis la fin des années 90, entend ériger en modèle de finan­ce­ment de l’enseignement supé­rieur : l’endettement insou­te­nable des jeunes dont les familles ne peuvent finan­cer les études uni­ver­si­taires, la mise en concur­rence des éta­blis­se­ments, la subor­di­na­tion de l’enseignement et de la recherche aux inté­rêts des mul­ti­na­tio­nales et le mou­ve­ment de sou­mis­sion crois­sante des uni­ver­si­tés au capi­ta­lisme finan­cier.
Dans la conti­nuité des révo­lu­tions arabes, des indi­gnés euro­péens, des mou­ve­ments Occupy nord-amé­ri­cains, de la résis­tance du peuple grec, leur mobi­li­sa­tion cou­ra­geuse est un exemple face au choix des gou­ver­ne­ments de faire peser, sans consi­dé­ra­tion de jus­tice, le coût de la crise éco­no­mique mon­diale aux citoyens et à la jeu­nesse, et non aux plus riches. Alors que l’austérité sert de pré­texte, par­tout dans le monde, au déman­tè­le­ment de tous les dis­po­si­tifs de redis­tri­bu­tion et de soli­da­rité entre les citoyens, les étu­diants qué­bé­cois rejoignent la vague des sou­lè­ve­ments popu­laires enta­mée depuis 2011 contre l’ordre néo-libé­ral dans son ensemble et apportent à leur tour l’espoir que d’autres poli­tiques, et un autre monde, sont pos­sibles.

Attac France, aux côtés d’Attac Québec, leur apporte tout son sou­tien, et leur exprime sa pro­fonde soli­da­rité.
L’éducation et l’enseignement supé­rieur sont des biens publics. Ils doivent être finan­cés par une fis­ca­lité juste, pro­gres­sive, et réel­le­ment redis­tri­bu­tive. Ils doivent être com­plé­tés par des sys­tèmes de bourses, de loge­ment et de sécu­rité sociale étu­diante pour per­mettre l’accès de tous à l’enseignement supé­rieur.

Attac France appelle à par­ti­ci­per à toutes les mani­fes­ta­tions orga­ni­sées en sou­tien au mou­ve­ment qué­bé­cois en France, notam­ment au ras­sem­ble­ment orga­nisé ce mardi 22 mai, Place de la Fontaine Saint Michel, à 18h à Paris.

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