Thème

Internationale / Mondialisation / Rapports Nord-Sud

Les Paradis fiscaux : Enquête sur les ravages de la finance néolibérale
UN LIVRE DE NICHOLAS SHAXSON

Présentation

Voici un livre essen­tiel – et acces­sible à tous – pour qui­conque veut com­prendre les rai­sons cachées de la crise mon­diale. En ouvrant des pages jusqu’ici mécon­nues de la mon­dia­li­sa­tion, l’ouvrage dévoile en effet les méca­nismes, les abus et la cor­rup­tion qui se trouvent au coeur du sys­tème des para­dis fis­caux et la façon dont ceux-ci com­pro­mettent gra­ve­ment nos démo­cra­ties. Nicholas Shaxson nous invite à faire une véri­table révo­lu­tion coper­ni­cienne : Les para­dis fis­caux ne sont pas à la péri­phé­rie de l’économie mon­diale : ils en sont le centre de gra­vité. Les prin­ci­paux para­dis fis­caux ne sont pas des îles exo­tiques des Caraibes, mais la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

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Haïti – Le bilan économique de la « reconstruction »

Il est par­ti­cu­liè­re­ment dou­lou­reux de tenter de faire le bilan de ces 28 mois que nous avons vécu après la tra­gé­die du 12 jan­vier 2010. Quiconque visite le centre de Port-au-Prince et les autres régions affec­tées a l’impression que fina­le­ment peu de choses ont été réa­li­sées au cours des 2 der­nières années. La « recons­truc­tion » ne semble exis­ter que dans le dis­cours des gou­ver­nants et des experts inter­na­tio­naux. On se demande de façon angois­sée si le destin de notre capi­tale ne res­sem­blera pas à ce qui est arrivé à Kaboul et à Bagdad qui, plus de dix ans après avoir été détruits par les vio­lents bom­bar­de­ments amé­ri­cains, n’ont tou­jours pas été recons­truits. On s’est contenté de créer ici et là de rares îlots de sécu­rité pour les étran­gers et les couches domi­nantes mais la masse de la popu­la­tion conti­nue à cher­cher le cadavre de leur ville dans les amas de débris et de cra­tères. Ce qui inquiète encore davan­tage c’est quand plus de 2 ans après des indi­vi­dus conti­nuent à mourir écra­sés sous des mai­sons sans doute fis­su­rées le 12 jan­vier et qui n’ont jamais pu être répa­rées de façon conve­nable ou quand on voit les cahutes de for­tune, construites comme aupa­ra­vant, grim­per inexo­ra­ble­ment les flancs du morne de l’hôpital attei­gnant les som­mets visibles depuis la route de Bourdon ou du Canapé Vert. N’aurions-nous rien appris de l’effroyable tra­gé­die du 12 jan­vier 2010 ?

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L’héritage explosif de Franz Fanon

La dis­pa­ri­tion de David Macey dont nous appre­nons le décès ce 7 octobre 2011 par un mes­sage de la fon­da­tion Frantz Fanon m’a choqué. Pourtant, il y a peu encore, j’ignorais jusqu’à l’existence de ce conscien­cieux bio­graphe qui s’en va à soixante-deux ans, sans avoir vu la paru­tion en fran­çais de son œuvre magis­trale, « Frantz Fanon, Une vie », prévue dans quelques jours. Ce sen­ti­ment diffus de tra­gé­die mêlée d’injustice vient peut-être d’un rap­pro­che­ment plus ou moins conscient avec de fâcheux évé­ne­ments, simi­laires ou proches. À com­men­cer par la lutte opi­niâtre de Fanon lui-même pour ter­mi­ner « Les damnés de la terre », tout en se sachant irré­mé­dia­ble­ment condamné. Vient ensuite son décès, trois mois et demi avant la signa­ture des accords d’Evian met­tant fin à la sale guerre d’Algérie, en mars 1962. Sur le même registre, le trou­blant assas­si­nat d’Amilcar Cabral, six mois avant l’indépendance de la Guinée-Bissau, le combat de sa vie. Bref, autant de coïn­ci­dences géné­rant une ultime frus­tra­tion qui laisse l’homme amer, impuis­sant et soli­taire, face à la ter­rible iné­luc­ta­bi­lité de sa des­ti­née per­son­nelle.

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Paraguay : la multinationale Rio Tinto Alcán et le coup d’Etat

Dans la presse inter­na­tio­nale, un fait impor­tant semble être passé inaperçu : l’un des pre­miers pays, après le Vatican et l’Allemagne, à avoir reconnu le nou­veau gou­ver­ne­ment mis en place au Paraguay suite à un « coup » d’Etat par­le­men­taire est le Canada. Via son ambas­sade à Buenos Aires active au Paraguay, le gou­ver­ne­ment cana­dien a réa­lisé depuis 2009 un intense lob­bying en faveur de l’entreprise extrac­tive et élec­tro-inten­sive Rio Tinto Alcán qui sou­haite s’installer dans ce pays sud-amé­ri­cain |1|.

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Lutte des classes mondiale : la géographie de la contestation

Lorsque tout va bien et que l’économie-monde se déve­loppe par la pro­duc­tion d’une nou­velle plus-value, la lutte des classes est tenue en res­pect. Non qu’elle dis­pa­raisse, mais tant que le chô­mage reste à un niveau bas et que les reve­nus réels des couches infé­rieures aug­mentent, même de façon modeste, le com­pro­mis social est à l’ordre du jour.

Mais lorsque l’économie-monde entre en stag­na­tion et que le taux de chô­mage réel aug­mente consi­dé­ra­ble­ment, la taille du gâteau à par­ta­ger se réduit. La ques­tion devient alors de savoir qui va en sup­por­ter les consé­quences, à l’intérieur et entre chaque pays. Dans ces condi­tions, la lutte des classes s’intensifie et engendre, tôt ou tard, des conflits ouverts dans la rue. C’est ce qui s’est pro­duit dans le sys­tème-monde depuis les années 1970 et, de façon encore plus spec­ta­cu­laire, depuis 2007. Jusqu’à pré­sent, le haut du pavé de la classe supé­rieure (les 1%) s’est accro­ché à sa part du gâteau et, en réa­lité, l’a même aug­menté. Ceci a méca­ni­que­ment eu pour consé­quence le fait que la part des autres 99% est en dimi­nu­tion.

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Contexte mondial de mobilisation étudiante

Topo tourné le 13 juin lors d’une plé­nière orga­ni­sée par le syn­di­cat des chargé(E)s de cours de l’université de Montréal-SCCCUM. Les Alter Citoyens ont échangé avec Jean-Marc Pilotte, Alain Deneault, Marcos Ancelovici et Christian Nadeau sur la crise qui secoue le Québec. Voici le 1er topo tiré de cette plé­nière, avec Marcos Ancelovici, spé­cia­liste des mou­ve­ments sociaux qui situe la lutte qué­bé­coise dans le contexte mon­dial de mobi­li­sa­tion.

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Le « printemps arabe » : un premier bilan

Révoltes ou révo­lu­tions, les sou­lè­ve­ments popu­laires appa­rus dans le monde arabe en 2011 ont ren­versé ou défient tou­jours les régimes auto­ri­taires et leurs auto­crates délé­gi­ti­més. Mouvements d’affirmation sociale, poli­tique et iden­ti­taire, portés par des exi­gences de liberté et d’égalité, de recon­nais­sance et de redis­tri­bu­tion, ils ont balayé la fic­tion de « l’exception arabe » et rou­vert le champ des pos­sibles au Maghreb et au Moyen-Orient. Pour quelles tran­si­tions, vers quels hori­zons ?

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Vers une déclaration universelle du bien commun de l’humanité

Le projet de décla­ra­tion qui suit, encore pro­vi­soire, est le fruit d’un tra­vail d’élaboration inter­na­tio­nale de juristes et de diri­geants sociaux. Il est pré­senté par le Forum mon­dial des alter­na­tives (FMA) aux mou­ve­ments sociaux et aux orga­ni­sa­tions pré­sentes au Sommet des peuples de Rio de Janeiro de juin 2012.
Leurs obser­va­tions et pro­po­si­tions sont atten­dues avant sa pré­sen­ta­tion for­melle lors du Forum social mon­dial (FSM) prévu en 2013 en Tunisie.

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communiqué de presse - pour diffusion immédiate
Délégation québécoise au sommet des peuples de RIO+20

Rio de Janeiro, Brésil, 25 juin 2012 – De larges pans de la société civile mon­diale réunis en marge de la Conférence des Nations Unies sur le déve­lop­pe­ment durable (Rio+20) ont fait valoir des alter­na­tives popu­laires et des solu­tions ori­gi­nales face à la crise sociale et envi­ron­ne­men­tale qui affecte l’humanité. Le Sommet des peuples pour la jus­tice sociale et envi­ron­ne­men­tale, contre la mar­chan­di­sa­tion de la vie et pour la défense des biens com­muns, un pro­ces­sus ouvert et par­ti­ci­pa­tif qui s’est tenu du 15 au 22 juin, a permis à des dizaines de mil­liers de per­sonnes d’exprimer leurs convic­tions et leur solu­tions dans des termes qui sortent du cadre res­treint des négo­cia­tions inter­gou­ver­ne­men­tales de l’ONU.

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Les élections au Mexique : ruptures et continuités

Le 1er juillet pro­chain, 50% des 112 mil­lions de Mexicains et de Mexicaines doivent élire leur pré­sident, sans comp­ter 128 séna­teurs, 500 dépu­tés, les gou­ver­neurs (et les dépu­tés) de 31 états et sans oublier les maires. Cette méga élec­tion sur­vient dans le contexte d’un effon­dre­ment poli­tique du Parti d’action natio­nale (PAN) au pou­voir depuis 12 ans. Entre-temps, les dino­saures du Parti révo­lu­tion­naire ins­ti­tu­tion­nel (PRI) qui ont dominé le Mexique depuis 100 ans, sont censés reve­nir au pou­voir. Les élites mexi­caines, qui avaient délaissé le PRI pour le PAN « moder­niste » se rangent der­rière ce parti bien connu pour ses pra­tiques de pré­da­tion et de cor­rup­tion, essen­tiel­le­ment pour empê­cher la coa­li­tion de centre-gauche animée par le Parti de la révo­lu­tion démo­cra­tique (PRD) d’emporter l’élection. Pour mémoire, le PRD avait gagné en 1989, mais une fraude gigan­tesque endos­sée par les gou­ver­ne­ments des États-Unis et du Canada lui avait bloqué le chemin. Lors des der­nières élec­tions en 2006, le scé­na­rio s’était plus ou moins répété. Il y a peut-être une petite chance que le PRD se fau­file cette fois-ci, mais cela serait une (bonne) sur­prise.

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