Thème

Immigration / Diversité / Autochtones

Les droits des réfugiés et l’Union européenne

Généralement, l’Union euro­péenne (UE) donne l’image d’une ins­ti­tu­tion ouverte vers l’extérieur, de par ses élar­gis­se­ments pro­gres­sifs, et d’une entité aspi­rant à une cohé­sion interne tou­jours plus grande, notam­ment en termes de liberté, de sécu­rité et de jus­tice. L’espace Schengen garan­tit la libre cir­cu­la­tion des per­sonnes dans 22 États membres et trois pays asso­ciés, et les direc­tives euro­péennes et les déci­sions des cours de jus­tice euro­péennes (la Cour de jus­tice de l’UE et la Cour euro­péenne des droits de l’homme) conduisent à une cer­taine har­mo­ni­sa­tion des lois. Cependant, le trai­te­ment des deman­deurs d’asile par plu­sieurs pays euro­péens révèle que les notions de sécu­rité, de jus­tice et de liberté sont sou­vent des concepts vides de sens pour un nombre crois­sant de per­sonnes, notam­ment pour les non-citoyens deman­dant une pro­tec­tion inter­na­tio­nale. Quatre obs­tacles dans la déter­mi­na­tion du statut de réfu­gié peuvent être déga­gés et ana­ly­sés.

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Réflexions politiques sur la tragédie norvégienne

Comme d’autres habi­tants d’Oslo, j’ai déam­bulé dans les rues et les immeubles atta­qués. J’ai même visité l’île dans laquelle furent mas­sa­crés les jeunes acti­vistes poli­tiques. Je par­tage le sen­ti­ment de peur et de dou­leur qui frappe mon pays. Mais la ques­tion demeure « pour­quoi ? ». Car cette vio­lence n’était pas aveugle.

La ter­reur en Norvège n’est pas venue d’extrémistes isla­mistes. Ni de l’extrême gauche, bien que tous deux aient été accu­sés à plu­sieurs reprises de consti­tuer une menace interne pour « notre mode de vie ». Jusqu’à aujourd’hui, y com­pris avec les ter­ribles heures vécues cet après midi du 22 juillet, le peu de ter­ro­risme qu’a connu mon pays est tou­jours venu de l’extrême droite.

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La règle, c’est l’exception !
À propos de La chasse aux Musulmans (Évincer les Musulmans de l’espace politique), de Sherene H. Razack

« Le pré­sent ouvrage sou­tient une thèse selon laquelle la pensée raciale, soit le refus de recon­naître une même huma­nité aux Musulmans et aux peuples d’ascendance euro­péenne, consti­tue l’une des pre­mières carac­té­ris­tiques, et l’un des élé­ments clés, de la guerre déclen­chée contre le ter­ro­risme. »[1] [3]

Ce sont là les pre­miers mots de l’ouvrage de Sherene H. Razack, pro­fes­seure à l’université de Toronto, et il est dif­fi­cile d’imaginer entrée en matière plus claire. Et à l’heure de la recru­des­cence des légis­la­tions isla­mo­phobes par­tout en Europe, dif­fi­cile aussi d’imaginer un livre qui soit autant d’actualité. Pourtant, ça n’est pas tant de l’actualité immé­diate qu’entend trai­ter l’auteure, mais plutôt de la décen­nie qui vient de s’écouler, soit la séquence ouverte par les atten­tats du 11-Septembre et l’invasion de l’Afghanistan et qui per­dure jusqu’à aujourd’hui. Ces années, ce sont essen­tiel­le­ment celles de l’administration Bush, mar­quées par une poli­tique étran­gère amé­ri­caine ultra-agres­sive, qui ne cherche même plus à camou­fler ses mas­sacres et pillages der­rière des ori­peaux de vertu. L’on aurait pour­tant tort de croire cette séquence fermée par l’accession à la pré­si­dence de Barack Hussein Obama : l’Afghanistan et l’Irak sont tou­jours occu­pés, et Guantanamo tou­jours en ser­vice. La der­nière « sortie » de l’armée amé­ri­caine au Pakistan – un pays soi-disant sou­ve­rain – est là pour nous rap­pe­ler qu’à part le voca­bu­laire employé, rien n’a vrai­ment changé[2] [4] depuis l’arrivée au pou­voir d’un pré­sident noir, contraint – entre autres choses – de « liqui­der » Oussama pour mas­quer son Hussein et mon­trer « patte blanche ».

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Non au pillage et à la pollution
Rendez-vous jeudi 30 juin

Rassemblement devant l’assemblée des action­naires de Niocan pour dénon­cer leur projet de mine de nio­bium sur le ter­ri­toire Mohawk, qui menace la santé, l’environnement et l’agriculture de Kanehsatake et d’Oka.

  • Jeudi 30 juin
  • à partir de 9h
  • Hôtel Best Western Ville Marie
  • 3407 rue Peel
  • (coin Sherbrooke, métro Peel)
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La laïcité et les droits des femmes

(Nous publions ici, avec sa per­mis­sion, une lettre d’opinion de Micheline Dumont, his­to­rienne et spé­cia­liste de l’histoire des femmes au Québec)

Si j’en crois plu­sieurs articles du Cahier spé­cial du Devoir publié à l’occasion de la Journée inter­na­tio­nale des femmes, la « laï­cité ouverte est une menace pour les droits des femmes ». « L’évolution du droit des femmes est liée à l’évolution de la laï­cité. »

Ce sont, entre autres, les propos de la pré­si­dente du Conseil du Statut de la femme, Christiane Pelchat. Mon opi­nion est pour­tant que l’histoire nous enseigne autre chose. On peut ici en donner quelques exemples.

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Le Chef national de l'Assemblée des Premières Nations
Absence de discussions pendant le débat des chefs sur les enjeux auxquels sont confrontées les Premières Nations
Déception

OTTAWA, le 13 avril – Le Chef natio­nal de l’Assemblée des Premières Nations, Shawn A-in-chut Atleo, a fait part de sa décep­tion devant l’absence de dis­cus­sions de fond, pen­dant le débat des chefs en anglais, sur les enjeux aux­quels sont confron­tées les Premières Nations. Il a indi­qué qu’un sommet vir­tuel aura lieu demain afin que les Premières Nations engagent la dis­cus­sion sur les enjeux et les prio­ri­tés en vue des élec­tions fédé­rales de 2011.

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Élections fédérales dans Abitibi – Baie James – Nunavik – Eeyou
Montréal, le 6 avril 2011. – L’Association des employés du Nord qué­bé­cois (AENQ-CSQ) dénonce, malgré lesex­cuses, les propos du M. Yvon Lévesque, Député sor­tant du Bloc qué­bé­cois. L’AENQCSQ déplore la mal­adresse des propos tenus par M. Lévesque et tient à sou­li­gner que, peu importe ses inten­tions, M. Lévesque a semé le doute quant à sa volonté ou sa capa­cité à bien repré­sen­ter la majo­rité des élec­teurs du comté fédé­ral d’ABITIBI -BAIE JAMES – NUNAVIK – EEYOU, soit les cris et les inuit.
Le pré­sident de l’AENQ, M. Patrick D’Astous, a tenu à faire cette mise au point impor­tante : « Il serait contraire à l’intérêt de nos membres d’appuyer la can­di­da­ture de M. Lévesque dans les cir­cons­tances ».
« C’est mal­heu­reux mais les actions et les paroles de M. Lévesque dans la pré­sente cam­pagne nous ren­voient à une époque désor­mais révo­lue des rela­tions avec les peuples autoch­tones. »
Profil
L’AENQ regroupe les ensei­gnantes et ensei­gnants ainsi que le per­son­nel de sou­tien sco­laire des com­mis­sions sco­laires Crie et Kativik en plus de tra­vailleurs de cer­tains CPE d’Eeyou Istchee. Elle compte plus de 1 400 membres tra­vaillant notam­ment dans les 9 com­mu­nau­tés cries et les 14 com­mu­nau­tés inuites du Nunavik. Elle est affi­liée à la Centrale des syn­di­cats du Québec (CSQ).
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Les travailleuses domestiques, prolétariat à domicile

Parmi les tra­vailleuses et tra­vailleurs migrants, les tra­vailleuses domes­tiques sont parmi les plus exploi­tées et les plus vul­né­rables. Elles consti­tuent une force de tra­vail glo­ba­li­sée et fémi­nine qu’on peut qua­li­fier de pro­lé­ta­riat à domi­cile. Elles viennent du monde rural ou encore des pays pauvres. Elles le font pour amé­lio­rer leurs condi­tions éco­no­miques, quelques fois pour fuir la dis­cri­mi­na­tion et la vio­lence basées sur le genre.

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Le trafic des migrantEs

La pau­pé­ri­sa­tion de régions entières du globe ainsi que la crois­sance des inéga­li­tés sociales dans les pays et entre les pays ont créé les condi­tions pro­pices à toutes les formes de trafic et de traite des êtres humains. Les plus touchéEs pro­viennent prin­ci­pa­le­ment des pays du Sud et de l’Est. À l’échelle de ces régions, le bou­le­ver­se­ment des struc­tures sociales dû au triomphe de l’économie capi­ta­liste néo­li­bé­rale favo­rise l’économie infor­melle et les déstruc­tu­ra­tions sociales. De même, l’extension de l’économie de marché et la crois­sance des inéga­li­tés sociales, ren­for­cées par les plans d’ajustement struc­tu­rel, les endet­te­ments des États ainsi que la finan­cia­ri­sa­tion de l’économie sont loin d’exclure ou de mar­gi­na­li­ser ses vic­times.

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Les migrations africaines clandestines

Les chiffres montrent depuis 2000 une nette aug­men­ta­tion des arres­ta­tions de migrants sub­sa­ha­riens, sup­plan­tant en quelque sorte leurs homo­logues nord afri­cains. Ainsi, en 1996, les Africains sub­sa­ha­riens qui ont tra­versé la Méditerranée vers l’Espagne ne repré­sen­taient que 1,8 % du nombre total de migrants. Mais cette pro­por­tion a aug­menté de 2 % en 1999 à 50,6 % en 2004. Selon l’Office des Nations-Unies contre la drogue et le crime (rap­port de 2006), de 200 à 300 000 Africains entrent clan­des­ti­ne­ment en Europe chaque année. De ce nombre, 100 000 sont inter­cep­tés en ten­tant leur chance sans comp­ter ceux qui meurent en chemin. Finalement, l’invasion est elle vrai­ment un mythe ou la migra­tion irré­gu­lière afri­caine vers l’Europe a-t-elle signi­fi­ca­ti­ve­ment aug­menté ces der­nières années ? Sur la base de diverses études, entre 65 000 et 120 000 Africains sub­sa­ha­riens arrivent au Maghreb chaque année, dont envi­ron 20-40 % finissent par tra­ver­ser pour aller en Europe. Ceci va à l’encontre de l’idée répan­due selon laquelle l’Afrique du nord n’est qu’une simple zone de tran­sit mais sou­ligne éga­le­ment le côté approxi­ma­tif des infor­ma­tions dis­po­nibles. En fin de compte, les entrées irré­gu­lières se chiffrent à quelques dizaines plutôt qu’à des cen­taines de mil­liers.

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